Nef des fous

La Nef des Fous, le carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

La nef des fous ... Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres et voyagez au long cours en position assise … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage...

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Nef des fous

La Nef des Fous, le carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

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La nef des fous
Carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

Nature humaine

LE TRIOMPHE DU CONFORMISME – Peinture acrylique – JPH – Détail de la version de 1981

 

Penser contre son temps, c’est de l’héroïsme.
Mais le dire, c’est de la folie.
Tueur sans gages – Gallimard – Eugène Ionesco – 1912-1994

 

LE TRIOMPHE DU CONFORMISME… feuilleton-saison-2


ÉPISODE 1/5

L’aventure a commencé en 1981. Pour fêter les 10 ans d’existence des Laboratoires Golliez à Courgevaux, la direction de l’établissement m’a sollicité pour créer un nouveau logo et tous les produits publicitaires qui vont avec. Mais ce n’est pas tout… À l’initiative de mes amis Michel Dousse et Jean-Marie Jenny, organisateurs du jubilé de l’entreprise et membres de sa direction, j’ai aussi été mandaté pour réaliser une peinture murale dans l’entrée de l’usine. Mauvais plaisant patenté, j’ai abusé de la liberté totale qui m’était accordée, pour concocter une image ambiguë, affublée de ce titre équivoque: Le triomphe du conformisme. L’histoire s’est terminée en beauté par une grande fête composée de distingués discours officiels, suivis d’un festin comme dans les albums d’Astérix.

ÉPISODE 2/5

Quelques mois plus tard, je suis allé photographier ma peinture. Avec le recul, j’ai trouvé qu’elle avait beaucoup de défauts, et j’ai longtemps songé à me rendre sur place pour y remédier. J’ai ruminé cette idée pendant encore six ans. Finalement, j’y suis retourné pour prendre les mesures de la paroi. Plutôt que de rafistoler ma peinture, j’ai choisi de la refaire. Une fois terminée, je projetais de coller la nouvelle version par-dessus la première. J’ai fabriqué un grand châssis, 351×258 cm sur lequel j’ai tendu ma toile. C’était parti, pendant quatre mois, je m’attaquais une fois de plus au conformisme… Pour la gloire ? Pour l’argent ? Non… Simplement pour essayer de mieux faire… Être en paix…

 

LE TRIOMPHE DU CONFORMISME – 1988 – Peinture acrylique de…


ÉPISODE 3/5

Le nouveau tableau était pratiquement terminé, quand le fameux boucher artiste-peintre Corpatoo est passé à mon atelier en quête de renseignements. D’emblée, il me dit : C’est magnifique ce que vous faites là ! – Merci du compliment. – Est-ce une commande ? – Non – Alors, il faut le vendre – Euh, je veux bien, mais à qui ? – Moi je connais quelqu’un, je vais lui en parler.

Le lendemain, Monsieur Corpatoo me rend visite à l’atelier, accompagné du gérant du restaurant de l’institution qui s’appelait encore l’École Normale. Enthousiasmé, ce dernier en parle au directeur de l’établissement, qui, à son tour, vient voir l’objet de mon travail. Il réagit très positivement. Quelqu’un de plus prétentieux que moi dirait qu’il était emballé. Décidément, cela s’annonce bien. Il passe commande. Reste à choisir l’emplacement qui recevra mon œuvre. Ce sera au fond du spacieux couloir qui longe la mensa, sur une paroi qui, au centimètre près, a le même format que ma peinture. Un coup de maître du hasard ! Et votre décision de remplacer l’œuvre sise à Courgevaux, me direz-vous? Bon, vous connaissez le livre de Jacques Monod, Le hasard et la nécessité. Oui, c’est injuste, la nécessité abuse souvent du hasard pour justifier ses actes. J’ai renoncé à ce geste chevaleresque et désintéressé. Quelques semaines plus tard, avec mes amis relieurs de la Bibliothèque Cantonale, nous avons collé mon œuvre contre le mur qui semblait l’attendre depuis toujours.

 

LE TRIOMPHE DU CONFORMISME – Peinture acrylique – JPH – 1987-88


ÉPISODE 4/5

C’était en 2018, au hasard d’une promenade, je passais devant l’École Normale qui a gradé et s’appelle aujourd’hui Haute École Pédagogique. J’ai pensé à mon tableau qui était installé depuis 30 ans dans l’enceinte de cette vénérable institution. Je me suis dit que ce jubilé valait bien une visite. Mon œuvre n’avait pas bougé. Dans la pénombre, à l’extrémité de son confortable couloir, protégée des regards et des agressions de la lumière par une rassurante et reposante pénombre, elle avait été en quelque sorte augmentée par l’apport d’une cinquantaine de chaises soigneusement empilées devant elle. Avec cette touche contemporaine, mon portrait amusé de nos sociétés progressistes et mon goût de la perfection étaient enfin comblés. Amis agents de la fonction publique, je vous remercie chaleureusement  pour votre intervention zéro point zéro, authentique point d’orgue à ma vision du conformisme et du conformiste…

 

LE TRIOMPHE DU CONFORMISME – Version augmentée – Photographie de JPH – 2018


ÉPISODE 5/5 – Épilogue

Les feuilletons les mieux tournés ont une fin. Heureuse et moralisatrice chez les vendeurs d’illusions du conformisme, incertaine et inquiétante pour les autres. Dans ma nouvelle série Réchauffement esthétique aux rebondissements mal pensants (mal pensés?), par le feu, par l’eau, le vent, la chimie, etc., j’ai entrepris et mis en scène la destruction prématurée de certaines de mes réalisations. Le triomphe définitif du conformisme (ci-dessous reproduit) est la première image de cette entreprise ainsi que l’épilogue de mes réalisations consacrées au conformisme qui, à mes yeux et contrairement à ce qu’affirme le dictionnaire, n’a que peu à voir avec le traditionalisme. Je le comprends plutôt comme une expression de la soumission à la doxa du moment.

Pareillement, les entreprises les plus prospères ont une fin. En novembre 2001, la raison sociale Laboratoires Golliez SA est radiée, c’est la faillite. L’usine sert maintenant d’entrepôt pour des produits de luxe. J’y suis allé en 2018. Ambiance crépusculaire… Une secrétaire et un manutentionnaire gèrent le départ des occupants. Ma peinture est encore là… Et moi de même…

 

LE TRIOMPHE DÉFINITIF DU CONFORMISME – Technique mixte – JPH – 2019-1987-88 


J -JPH – 2001

 

LE SEXE DES MOTS

Jean-François Revel (1924-2006)
commente la féminisation des mots :
Byzance tomba aux mains des Turcs tout en discutant du sexe des anges.
Le français achèvera de se décomposer dans l’illettrisme pendant que nous discuterons du sexe des mots.
La querelle actuelle découle de ce fait très simple qu’il n’existe pas en français de genre neutre comme en possèdent le grec, le latin et l’allemand. D’où ce résultat que, chez nous, quantité de noms, de fonctions, métiers et titres, sémantiquement neutres, sont grammaticalement féminins ou masculins. Leur genre n’a rien à voir avec le sexe de la personne qu’ils concernent, laquelle peut être un homme.
Homme, d’ailleurs, s’emploie tantôt en valeur neutre, quand il signifie l’espèce humaine, tantôt en valeur masculine quand il désigne le mâle. Confondre les deux relève d’une incompétence qui condamne à l’embrouillamini sur la féminisation du vocabulaire. Un humain de sexe masculin peut fort bien être une recrue, une vedette, une canaille, une fripouille ou une andouille.
De sexe féminin, il lui arrive d’être un mannequin, un tyran ou un génie. Le respect de la personne humaine est-il réservé aux femmes, et celui des droits de l’homme aux hommes ?
Absurde!
Ces féminins et masculins sont purement grammaticaux, nullement sexuels.
Certains mots sont précédés d’articles féminins ou masculins sans que ces genres impliquent que les qualités, charges ou talents correspondants appartiennent à un sexe plutôt qu’à l’autre. On dit: «Madame de Sévigné est un grand écrivain» et «Rémy de Goumont est une plume brillante». On dit le garde des Sceaux, même quand c’est une femme, et la sentinelle, qui est presque toujours un homme.
Tous ces termes sont, je le répète, sémantiquement neutres. Accoler à un substantif un article d’un genre opposé au sien ne le fait pas changer de sexe. Ce n’est qu’une banale faute d’accord.
Certains substantifs se féminisent tout naturellement: une pianiste, avocate, chanteuse, directrice, actrice, papesse, doctoresse. Mais une dame ministresse, proviseuse, médecine, gardienne des Sceaux, officière ou commandeuse de la Légion d’Honneur contrevient soit à la clarté, soit à l’esthétique, sans que remarquer cet inconvénient puisse être imputé à l’antiféminisme. Un ambassadeur est un ambassadeur, même quand c’est une femme. Il est aussi une excellence, même quand c’est un homme. L’usage est le maître suprême.
Une langue bouge de par le mariage de la logique et du tâtonnement, qu’accompagne en sourdine une mélodie originale. Le tout est fruit de la lenteur des siècles, non de l’opportunisme des politiques. L’Etat n’a aucune légitimité pour décider du vocabulaire et de la grammaire. Il tombe en outre dans l’abus de pouvoir quand il utilise l’école publique pour imposer ses oukases langagiers à toute une jeunesse.
J’ai entendu objecter: «Vaugelas, au XVIIe siècle, n’a-t-il pas édicté des normes dans ses remarques sur la langue française ?». Certes. Mais Vaugelas n’était pas ministre. Ce n’était qu’un auteur, dont chacun était libre de suivre ou non les avis. Il n’avait pas les moyens d’imposer ses lubies aux enfants. Il n’était pas Richelieu, lequel n’a jamais tranché personnellement de questions de langues.
Si notre gouvernement veut servir le français, il ferait mieux de veiller d’abord à ce qu’on l’enseigne en classe, ensuite à ce que l’audiovisuel public, placé sous sa coupe, n’accumule pas à longueur de soirées les faux sens, solécismes, impropriétés, barbarismes et cuirs qui, pénétrant dans le crâne des gosses, achèvent de rendre impossible la tâche des enseignants. La société française a progressé vers l’égalité des sexes dans tous les métiers, sauf le métier politique. Les coupables de cette honte croient s’amnistier (ils en ont l’habitude) en torturant la grammaire.
Ils ont trouvé le sésame démagogique de cette opération magique : faire avancer le féminin faute d’avoir fait avancer les femmes.

 

G – JPH – 2001
ABÉCÉDAIRE – La couverture du coffret – Tout doit être interprété à la lettre, l’imaginaire, le rêve et ses corollaires.

 

ETC…

LE CHOC DES CULTURES –  Technique mixte – JPH – 2006-1982


Bel exemple de clonage thérapeutique :
Avec le noyau d’une cellule de ma peinture intitulée
Phantasme, j’ai éliminé tout ce que cette œuvre incluait de dégénérescence morale et picturale. L’image ainsi régénérée s’est d’abord prénommée Le choc des civilisations. Mais, y a-t-il encore civilisation lorsqu’il y a choc? Finalement, j’ai opté pour Le choc des cultures. Tous les historiens vous le diront, la culture vaut bien un petit choc. Mais qu’importent ces tergiversations langagières quand tous les moyens et tous les prétextes sont bons pour guerroyer sans retenue.

Voir plus s’il y a mésentente !

 

PHANTASME –  Peinture – JPH – 1982


NE RATEZ PAS LA PRÉSENTATION DE NENAD ANDRIC !


Dans le cadre de l’exposition
HILANDAR le LAMENTO

Peintures et gravures de BRANISLAV MAKES

Monsieur Nenad Andric vous dévoilera
quelques secrets du monastère serbe Hilandar au Mont Athos
Dimanche 27 septembre 2020 dès 15 heures,
pendant une vingtaine de minutes

Ouvert du vendredi 11 septembre au dimanche 11 octobre 2020
vendredi et samedi de 14 à 18 heures,
et dimanche de 14 à 17 heures

Plus d’informations:
https://jphumbert.ch/hilandar-le-lamento/3577/

CONTRASTE GALERIE / Atelier JPH
Ruelle des Cordeliers 6 – CH-1700 Fribourg
078 875 96 66 – www.jphumbert.ch

SOCIÉTÉ ANONYME – Lithographie – JPH – 1999


Ci-dessous, le texte que ma lithographie SOCIÉTÉ ANONYME avait inspiré à Irenka Krone. C’est un des 47 écrits publiés dans mon livre
[Par défaut…] Jean-Pierre Humbert édité en 2007 par ESTAMPE.ORG. Pour plus d’informations ou pour commander le livre, cliquez sur ce lien

Infatigable promotrice du “Jobsharing”, Irenka est aussi l’auteure d’un roman intitulé SANS RACINE. Ma lithographie SOCIÉTÉ ANONYME avait fait la couverture de ce livre.

 

SOCIÉTÉ ANONYME
Texte de Irenka Krone
Paru dans le livre [Par défaut…] Jean-Pierre Humbert

Amalgame de pensées parmi cette masse de corps entassés.
Qui dirige ces êtres qui se croisent, ces pieds qui se heurtent et ces regards figés ?
Villes, métropoles ou hangars bondés.
Soupirs, stupeurs, rires et pleurs.
Entends-tu le silence des parois d’où la foule cherche à s’évader ?
Le souffle de celui qui n’arrive plus à respirer ?

Néant. Noir, vert et blanc. Vide dans un monde aseptisé où toute forme est homogène. Sans différenciation où la ressemblance fait place à l’ignorance.
Discipline, ordre et volonté.
Où vas-tu individu prisonnier d’un esprit tourmenté ?
Avenues, espaces et ruelles combles.
Pourquoi ne quittes-tu pas ce lieu stérile et organisé ?
Obsession, dictature et pensée unique dans un monde où rien ne permet de s’en libérer.
Entends-tu les pas de celui qui marche à côté de toi ?
Sens-tu la présence de celui qui se trouve derrière toi ?
Mensonge, dérision et jeux politiques.
Pouvoir, abus et réflexions cyniques.
La foule te domine sans que tu le remarques. Anodine, sourde, sophistiquée.

Nier. Ignorer ou oublier. La pression augmente dès que tu la frôles.
Dépendance, compassion et envie.
La foule t’étouffe sans que tu puisses l’arrêter.
Elle t’écrase comme tu blesses la fourmi sous tes pieds.
Ils, elle, lui, toi et moi. Qui sommes-nous ?
Qu’as-tu fait pour t’en protéger ? Où étais-tu lorsqu’elle te dictait sa pensée ?

Yeux fermés sur une masse humaine.
Brouhaha sans fin où la voix se perd dans une vague de sons.
Chambres et mansardes pleines.
Corps emmitouflés et membres frêles.
La foule avance d’un pas régulier, nonchalant ou pressé.
Arrives-tu à freiner son rythme ? À résister à cette force qui te semble inébranlable ?

Maintenant ou jamais. Si tu veux y échapper, arrête-toi quelques instants.
Reprends ton souffle ! Observe cet être là au milieu de la foule.
Ses traits fins, son corps fragile et son vêtement pendu à son épaule.
Pureté, liberté, intégrité.
Insouciance et légèreté.
Son corps est là, présent et distant comme si sa pensée s’en était détachée.

Espoir, force, indépendance.
Ses yeux observent et son sourire se dévoile.
Existe-t-il vraiment ou n’est-il qu’un désir inaccessible ?
Sa silhouette se démarque des autres, son corps est vêtu de blanc.
Distance, résistance et délivrance.
Est-ce toi cet être libéré ?

 

CONTRASTE GALERIE / Atelier JPH – Ruelle des Cordeliers 6 – CH-1700 Fribourg

INVITATION AU VERNISSAGE

HILANDAR le LAMENTOEXPOSITION BRANISLAV MAKES – Peintures et gravures
Vous êtes cordialement invités à participer au vernissage de l’exposition
le vendredi 11 septembre 2020 à partir de 17h00
Pour les personnes qui souhaitent éviter l’heure de pointe du vernissage
La galerie sera ouverte dès 14 heures

ЛАМЕНТ НАД ХИЛАНДАРОМизложба Бранислава Макеша – слике и графике
Позивамо Вас на свечано отварање изложбе
у петак 11 Септембра 2020 од 17 и 30 часова

Ouvert du vendredi 11 septembre au dimanche 11 octobre 2020
vendredi et samedi de 14 à 18 heures, dimanche de 14 à 17 heures
Plus d’informations: https://jphumbert.ch/hilandar-le-lamento/3577/


LA TRACE – Lithographie – JPH – 2000


Jusqu’au 23 août 2020, je publierai tous les dimanches l’un des textes de mon livre
[Par défaut…] Jean-Pierre Humbert édité en 2007 par ESTAMPE.ORG
Cet ouvrage contient les reproductions de 47 de mes estampes, accompagnées chacune par un écrit d’un auteur à chaque fois différent.
Ci-dessous, le texte de Mirko Humbert qui illustre ma lithographie LA TRACE.

Mirko Humbert est graphiste et créateur de sites internet indépendant (le contacter). Il anime aussi plusieurs blogs en anglais ou en français. Les plus populaires sont Designer Daily et Typography Daily  ainsi que le site Estampes Japonaises. Il écrit également sur différents sujets pour d’autres sites, principalement sur des thématiques liées aux nouvelles technologies (son dernier article sur Domaine Public).

 

LA TRACE

Par Mirko Humbert
Paru dans le livre [Par défaut…] Jean-Pierre Humbert

Le son précède souvent la trace, il nous prépare à son arrivée. Dans bien des cas, un «bam», un «ploc» ou un «prout» est suffisant et permet parfois même d’identifier la nature de l’empreinte.

Dans cette estampe, on attend désespérément ce bruit annonciateur de trace, ce “scritch scratch» qui écorchera notre regard. Rien à faire, l’œuvre reste muette. La foule emprisonnée retient ses cris. Les silhouettes sont aveugles, sourdes, muettes, dénuées de sens. Le doute s’installe, entendra-t-on jamais ce grondement salvateur ?

Désorienté, on continue de tendre l’oreille au lieu de simplement observer ce personnage qui se dirige vers la sortie. Sans se soucier des autres, il évolue à son rythme et se laisse emporter par la brume ambiante. Disparu dans la marge, il n’est plus qu’un souvenir, une ride qui cadence la lithographie. Par son passage, il a créé une œuvre, cette œuvre qui l’a créé.

 

LA COLÈRE – Technique mixte – JPH – 2006-1990


Jusqu’au 23 août 2020, je publierai tous les dimanches l’un des textes de mon livre
[Par défaut…] Jean-Pierre Humbert édité en 2007 par ESTAMPE.ORG
Cet ouvrage contient les reproductions de 47 de mes estampes, accompagnées chacune par l’écrit d’un auteur à chaque fois différent.

Ci-dessous, le poème d’ Étienne Chatton qui illustre ma représentation de LA COLÈRE, l’un des Sept Péchés Capitaux.

Fondateur, notamment, du Centre International de l’Art Fantastique du Château de Gruyères, Étienne Chatton nous a quitté le 31 décembre 2007. Voir le film que lui a consacré l’Association Plans Fixes

 

LA COLÈRE

Par Étienne Chatton
Paru dans le livre [Par défaut…] Jean-Pierre Humbert

Ton sur ton de grisaille, manies d’enfant sénile
Qui conserve le temps dans ses boites à sardines
Quel architecte fou sur l’infini d’ennui
A planté ses mâchoires aux molaires de buildings ?

Le Ciel de traîne usé des printemps en souffrance
Bat l’écrasant rappel de la vie qui s’achève
Aux fenêtres aveugles, collées de purulences.
Une histoire sans mémoire de mort-nés écrasés
Levures et balayures d’époux irréprochables,

Ô Jupiter, lance Tes ponts, unis les sphères du dais astral
Fulmine dans l’azur Tes féroces fougères aux venins de crotales.
Hors du visqueux magma fais exploser nos rages abyssales.
Aux filles filiformes, cuissardes de cigognes, fulgure un jet de foutre.
Que Tes gongs d’hélium en musique jubilent des alphabets de feu
Au poitrail de pierre des montagnes, accroche Tes médailles.

Quand Tes furieux désastres emporteront nos alluvions
Tristes variations des morts en sursis, dont on enduit
La crevasse des rues et leurs sens interdits,
Aux cascades vêtues de blanches robes de moniales,
Rastas, loubards, rockers, servants de messes putassières,
Poignards de chair, gainés d’envie et de COLÈRE,
Reviendront assoiffer la part perdue des dieux.


Pour plus d’informations ou pour commander le livre

[Par défaut…] Jean-Pierre Humbert, cliquez sur ce lien

 

COURRIER DES LECTEURS

poème que j’apprécie , théâtral et classique. on voit le  poète sur le devant de la scène- est-il en toge tiens pourquoi pas..? à clamer 😉

dans un pays qui jardine ses paysages, pratique le consensus, brasse les couleurs jusqu’au marron,  il est difficile d’être  le seul artiste dissident politique et philosophique clairement affiché dans chaque œuvre.  en général, au bistrot  ils sont contre mais dans leur art, ils parlent d’autres choses.  (et moi-même, qui ne suis pas des artistes, je me garde de m’exposer)   on te dit “surréaliste. ou fantastique” , pour moi, c’est moins sur…

bon dimanche
colette maillard

Nuit sans lune – Technique mixte – JPH – 2005-1985

 

Jusqu’au 23 août 2020, je publierai tous les dimanches l’un des textes de mon livre [Par défaut…] Jean-Pierre Humbert édité en 2007 par ESTAMPE.ORG
Cet ouvrage contient notamment les reproductions de 47 de mes estampes, accompagnées chacune par un texte d’un auteur à chaque fois différent.
Ci-dessous, ma lithographie NUIT SANS LUNE interprétée par Patrick Rudaz.

Après avoir été conservateur du Musée de Charmey pendant 25 ans, Patrick Rudaz a quitté ses fonctions en mars 2018. Depuis, il se consacre exclusivement à son travail de coordinateur du Parc naturel régional Gruyère-Pays-d’Enhaut.

 

NUIT SANS LUNE

Texte de Patrick Rudaz
P
aru dans le livre [Par défaut…] Jean-Pierre Humbert

C’était une nuit noire
Une nuit inquiétante où rien ne surgit d’une brume inexistante
Une nuit apaisante où les ombres absentes ne dessinent aucun monstre
Une nuit fraîche quand les esprits fouettent les sens.

Je suis descendu dans la rue, j’ai pris le chemin dans une pétillante pénombre. Un candélabre. Des phares automobiles. J’ai marché longuement à la recherche d’un peu de vie, d’une place, d’un parc, d’une promenade, d’une rue animée. Je n’ai rencontré personne. Rien vu ou presque.

C’était une nuit éteinte
Une nuit excitante où les corps s’enlacent et se lassent
Une nuit en toute quiétude où la peur s’efface dans les contrastes oubliés
Une nuit moite quand l’âme affleure les corps.

J’ai déambulé dans les rues basses, puis dans les rues hautes. Pas une robe, pas un escarpin, pas la moindre putain. J’ai vu des pierres et des fontaines, des cathédrales et des cafés. Et je n’ai parlé à personne. Rien dit, rien échangé ou presque.

C’était une nuit sombre
Une nuit affolante où le vent brûle la peau
Une nuit douce où la caresse soulage les peines
Une nuit chaude quand le sang afflue aux extrémités.

Dans l’œil de la rue, j’ai aperçu une femme, belle, qui dans le reflet d’un astre défaillant s’enfuyait. Rien à voir, rien à dire. Je l’ai appelée, elle ne m’a pas répondu. Alors je suis rentré, seul. Et chez moi, couché sur un canapé noir, ma main… ou presque.

C’était une nuit sans lune.


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INTRODUCTION EN SI – Technique mixte – JPH – 2005-1985


En septembre 2007 les éditions
ESTAMPE.ORG ont publié un livre intitulé
[Par défaut…] Jean-Pierre Humbert
Il contient notamment les reproductions de 47 de mes estampes,
accompagnées chacune par un texte d’un auteur à chaque fois différent.
Ci-dessous, découvrez mon INTRODUCTION EN SI interprétée par Colette Gaillard

 

INTRODUCTION EN SI

Texte de Colette Gaillard
Paru dans le livre [Par défaut…] Jean-Pierre Humbert


Intimité.

Mot de fouille
Mot de fosse.
Ossements de chaleur enfermant le ciel comme une chape d’église.

Je cherche mon temple, une bâtisse à la mesure de ma foi…
La demeure d’un esprit, d’un souffle sec mettant le feu à l’oreille et à l’âme, une étendue de steppe.

Et je ne sais précisément si le vent vient de l’œil ou de la langue,
des mots glissés ou de la caresse de lumière d’un khôl noir fusant mon corps ouvert.

Intimité.
Altération d’offrande
Altération d’un pauvre chant
La partition est laissée aux soins du courant.
Dans le silence infini, dans un océan d’algues vrillées, la vie glisse toute seule.

Spasmes qui s’entourloupent entre ma glotte et mon âme.
Vocables ininterrompus du jus des déchirures.
Je presse mon cœur citron et l’amère transpiration des amours fermentées.
Il coule et trempe.

Je cherche mon temple, une bâtisse à la mesure de ma foi…
Mais se tenir droit, encombré, les bras tendus pour que la nuit y pende sa lessive, ses poussières, ses nippes anciennes et collantes encore de ses vieilles douleurs. Se tenir ainsi, se croyant utile, se croyant aimer.

…oui, à la mesure de ma foi.

 

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VIE PRIVÉE – Gravure – JPH – 1983

Encore un effort…

Ça y est! Tombent les masques, vous en saurez plus ce soir. À la sauterie du coronavirus, le ralenti savamment maîtrisé de la fin du jeu a démarré. Sur l’air de Ce n’est qu’un au revoir, l’orchestre nous invite a retirer prudemment nos déguisements. L’heure de vérité a sonné ! Nous allons enfin découvrir le visage de l’envoûtant et entraînant danseur qui nous a guidé pendant ces excitants mois de folie. Surprise, surprise… Privés de l’effet ipsilatéral, votre cavalier, et vous, dévoilez une tête ovale, parfaitement lisse, sans nez, sans bouche, sans oreilles, sans yeux; bref une tête d’œuf dépourvue des habituels capteurs humains, si précieux pour réfléchir et agir. Cet étrange phénomène a frappé simultanément tous les participants de cette interminable fête. Probablement des dégâts collatéraux induits par la terreur et la culpabilisation inlassablement instillés par les promoteurs et organisateurs de la tango-pandémie. Simple spéculation!

Par bonheur, le spectacle de cette mutation n’a duré qu’un centième de seconde et il est passé inaperçu. Victimes inconscientes du mensonge, nous avons vite retrouvé le rassurant faciès auquel nous nous identifions habituellement, ainsi que la confiance aveugle en ce que la plupart des gens appellent nos valeurs. Artifices à géométrie variable, ces valeurs offrent de palpables avantages, elles développent la souplesse de la colonne vertébrale et favorisent la pratique indolore du changement de masque. Une compétence indispensable pour survivre dans un monde qui change sans fin de visage pour échapper à la vérité.

Le bal masqué serait-il l’expression humaine du mouvement perpétuel, le balancier déréglé de la bêtise?

J’en ai peur…

 

CACHE-CACHE – Technique mixte – JPH – 2016-1996

 

Post-scriptum : Reproduits en exergue de ma monographie Anachroniques, vous trouverez mon œuvre CACHE-CACHE ainsi que cette citation de Saint Augustin (354-430) – Algérie:

À force de tout voir on finit par tout supporter…
À force de tout supporter on finit par tout tolérer…
À force de tout tolérer on finit par tout accepter…
À force de tout accepter on finit par tout approuver

Pour commander le livre : https://jphumbert.ch/publications/livres/anachroniques/

Les asiles d’aliénés comportent dans leur personnel des internes et des internés. Entre ceux-ci et ceux-là, ne se dresse que l’épaisseur d’un accent aigu.

Alphonse Allais – 1854-1905

 

 

DÉSESPÉRÉ 
Technique mixte – 2006-1973 – Image et texte JPH

Portrait synthétique et empathique de la foule désemparée des dépressifs, bipolaires, anxieux, paniqués, asociaux, stressés post-traumatique, psychotiques, schizophrènes, boulimiques, anorexiques, paranoïaques, narcissiques, évitants, dépendants, obsessionnels-compulsifs, cette œuvre est composée de quatre dessins réalisés en 1973, retravaillés et assemblés en 2006.

Dans le quotidien La Liberté du 16 juin 2010, une étude présentée par un chercheur financé par le « Brain Mind Institute » de l’EPFL, nous apprend que les grands artistes, quand ils ne sont pas franchement fous, sont pour le moins malades psychiquement. Un constat qui vaudrait aussi, dans une moindre mesure, pour les nabots de la création. Dostoïevski, Kafka, Nietzsche, Proust, Chostakovitch, Van Gogh et les autres (les femmes sont semble-t-il épargnées par le phénomène car ce scientifique n’en cite aucune) : à l’asile, pardon, au Centre de Soins Hospitaliers, s’il vous plaît ! Administrons-leur les médicaments d’usage et quelques séances avec le psychiatre. Le restant du temps, des activités de groupe telles qu’art-thérapie, gymnastique, télévision,etc., devraient les occuper positivement et surtout les guérir. Après quelques semaines de ce traitement, ces individus pourront enfin envisager une activité utile. Avec un peu, avec beaucoup de chance, ils trouveront un emploi dans une banque, une compagnie d’assurance, une usine, une administration, voire dans une université ou, nec plus ultra, à l’EPFL. Enfin libérés de leurs tourments, ils pourront participer efficacement à l’irrésistible œuvre de robotisation entreprise par le monde libre. À l’heure de la retraite, imprégnés du sentiment du devoir accompli, ils verront les portes d’une saine créativité s’ouvrir à eux. Pour occuper le temps qu’il leur restera à vivre, ils pourront se consacrer, qui à la peinture, qui à la littérature, à la sculpture, à la musique …

Une grossière caricature ? Je veux bien. Je suis plutôt enclin à penser que ce ne sont pas les petits et les grands artistes qui sont malades, mais bien nos orgueilleuses sociétés occidentales avec, notamment, leur fâcheuse tendance à utiliser les progrès de la technique et de l’automation pour calibrer les êtres un peu comme les fruits destinés à l’étal des supermarchés. L’humain au service de la technique, telle est la donne. De ce fait, l’avenir du personnel des divers Centres de Soins Hospitaliers s’annonce radieux.

Tous les patients de ces institutions auront-ils le talent de Dostoïevski, Kafka, Nietzsche, Proust, Chostakovitch, Van Gogh et les autres ?

C’est sûr, le paradis terrestre c’est pour demain.

 

Au jour le jour, les siècles passent tranquillement. Les révolutions se succèdent. Le monarque autocrate est remplacé par le tyran socialo-communiste, lui-même relayé par le totalitarisme démocratique, destitué à son tour par un despote probablement éclairé. Le monde bouge, les mœurs changent, seule subsiste la religion du Veau d’Or. Tant qu’il y aura des hommes, le culte de l’argent règnera. Au fil du temps, les formes et les manifestations de l’attrait pour ce pouvoir ont changé. Les nouveaux moyens techniques offrent des opportunités infinies pour l’exercice d’asservissement qui nous est habillement imposé. L’avenir s’annonce donc radieux pour les maîtres de ce jeu de dupes. Pour leur seul bénéfice, assistés par l’informatique et par l’automatisation, les manipulateurs qui conduisent le troupeau sauront pérenniser sans concession leur stupide et mortifère idolâtrie.

Et nous, objets presque inertes, impuissants, englués dans la mélasse publicitaire, étouffés sous des avalanches de paperasse, nous nous surprenons à espérer la venue d’un sauveur. Fruit du découragement, ce désir a suscité de nombreuses vocations parmi les escrocs de tous poils prêts à plumer leurs concitoyens découragés et déprimés. Les candidats crédibles à ce poste sont eux rarissimes. Si les plus chanceux ont droit aux honneurs et à la reconnaissance des personnes qu’ils ont soutenues, le métier est risqué et dans la plupart des cas, dangereux et décevant. Pour peu que le sauveur ait contribué à dévoiler les mensonges des puissants, il s’expose à la haine, aux quolibets, aux insultes et à la souffrance. Les exemples récents ne manquent pas. Celui qui dit la vérité doit être anéanti, c’est la règle.

En cette année 2020, l’évènement le plus important des Églises catholiques et orthodoxes, la Semaine Sainte, est agendée du 5 au 13 avril. Dans une Europe guidée par des Lumières, les peuples en pleine déliquescence intellectuelle et morale l’ont promue au rang de fête du lapin en chocolat et de l’œuf cuit dur peint. Pour mémoire, avant le triomphe du Progrès, pendant plus de deux millénaires, les chrétiens commémoraient la Passion de Jésus Christ de sa mort à sa résurrection. Appelé Le Sauveur, Jésus de Nazareth est le Fils de Dieu envoyé sur Terre pour sauver les hommes de leurs péchés, aussi connu sous le nom de Messie.

Ceux qui attendent un Sauveur n’ont plus à patienter, il est là !  Son enseignement transcrit dans le Nouveau Testament a accompagné les vies d’une majorités d’européens et de nombreux peuples pendant plusieurs siècles, et il a inspiré des œuvres sublimes à des peintres, des sculpteurs, des architectes, des écrivains, des musiciens et des savants restés souvent anonymes. Qu’ils aient la foi ou non, les écœurés du tout-à-l’argent malhonnête entendront là une mélodie réconfortante, à mille lieues du tintamarre vulgaire produit par les chantres de la sempiternelle doctrine matérialiste de la croissance.

De quoi émerger un peu… beaucoup… du sac d’embrouilles dont nous sommes captifs… et enfin réintégrer la création et ses beautés. Allez, Joyeuses Pâques !

 

LE SAUVEUR – Technique mixte – 2009-2003 – Texte et dessin JPH

CARIE… CATURE – Gravure (détail) – JPH – 1989


Quand tombent les dents lactéales (dents de lait), alors poussent les dents permanentes qui finissent aussi, l’âge aidant, par tomber. Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’informer les membres de la société suisse des médecins-dentistes que je suis le bénéficiaire d’un processus physiologique révolutionnaire. À plus de 70 ans, après que mes dents permanentes m’ont lâché, de nouvelles dents sont apparues dans ma mâchoire usée. Pour la première fois, des dents de vieillesse ont poussé sur un être humain. Je suis content et fier d’inaugurer ainsi une nouvelle ère prometteuse pour les vieux. Je suis disposé à ouvrir grand ma bouche, afin que les scientifiques les plus expérimentés analysent ce phénomène inédit. Une bonne nouvelle pour les retraités… Un coup dur pour les arracheurs de dents.

 

Les amis du musée – Technique mixte – JPH – 2010-1988 – Parmi les œuvres exposées dans ce musée de rêve, sur la cimaise de gauche vous trouvez une représentation de mon crane, et sur la paroi du fond à droite, ma denture avant la percée de mes dents de vieillesse. 

 

Mise en scène: les amis du musée – Technique mixte – JPH – 2010-1988


Dans ma bouche: ma dentition, cathédrale gothique en ruine, abandonnée aux soins d’une femme qui se dit hygiéniste.
Reliques historiques, mes chagnottes sont livrées sans garantie de succès à cette restauratrice en maladies archéologiques.

Que de risques pris avec ma sublime denture qui, demain, sera classée au patrimoine naturel mondial de l’UNESCO.

 LA MÈRE – JPH – 2008-1987 – Technique mixte

 

Chers amis abonnés à La Nef des Fous

Pour vous souhaiter une très belle Fête de Noël, je vous offre cinq représentations de la nativité. Vous connaissez probablement déjà certaines de ces œuvres. À part la belle peinture Le nouveau-né de Georges de la Tour et La crèche napolitaine de Notre Dame à Fribourg, les images reproduites ont été réalisées par des artistes fribourgeois. Que la sérénité soit avec les passagers de notre nef. Amitiés et Joyeux Noël, JPH

 

LE NOUVEAU-NÉ – Peinture de Georges de la Tour (1593–1652)
Lien sur l’article de wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_de_La_Tour

 

NATIVITÉ – Armand Niquille (1912-1996) – Huile et tempéra sur panneau – Le site : https://www.armand-niquille.ch/

 

La crèche napolitaine de Notre Dame à Fribourg – Photo de Luca Barbieri pour le blog du Bourg – Intéressant : RTS émission du 04 décembre 2003 (27 secondes)

«Cette crèche est arrivée ici grâce à un concours de circonstances favorables», explique Ivan Andrey, responsable cantonal des biens culturels meubles. Son acquisition est due à Mgr John Rast (1895-1981), recteur de Notre-Dame dès 1929. Et secrétaire particulier de Mgr Filippo Bernardini, nonce apostolique à Berne, qui a trouvé cette crèche napolitaine en 1940, chez un antiquaire de Rome. «C’est exceptionnel qu’une église comme Notre-Dame achète une telle crèche, affirme Ivan Andrey. Surprenante à Fribourg, elle tranche avec la tradition sulpicienne.» Son hypothèse: l’achat peut s’expliquer par le fait que «Notre-Dame était basilique depuis 1932. Son modèle était Santa Maria Maggiore, à Rome, où se trouve une relique de la Crèche.»

Un premier décor a été mis en place pour Noël 1941. Le vol de plusieurs animaux, l’année suivante, contraint à la protéger par une vitre. Mais la crèche était toujours montée et démontée chaque année. En 1965, elle est installée de manière permanente, dans une vitrine, et complétée d’un ciel et d’un sol. Aujourd’hui, les nouveaux panneaux de bois de l’arrière de la vitrine sont placés à 5 cm des murs, désormais isolés. Un circuit de fils de cuivre tempère cet espace. La température intérieure est stabilisée entre 16 et 17 degrés, avec 50% d’humidité. Sur la droite, une deuxième ouverture permet un autre point de vue sur l’entrée du village. L’ensemble de la restauration a coûté 240000 francs. Elle a aussi permis de dater les figurines, réalisées aux XVIIIe et XIXe siècles. La ruine romaine, seul élément conservé de l’ancien décor, date de 1935. Unique en Suisse («Il existe des modules, mais pas de crèches entières», précise le restaurateur Christophe Zindel), cette œuvre est protégée par un store, qui s’ouvre contre une pièce de monnaie. Extrait de l’article d’Eric Bulliard pour le journal La Gruyères – 23 décembre 2003

 

LES ROIS MAGES – Pointe-sèche de Teddy Aeby (1928-1992)
Voir sur mon blog, l’article que j’ai consacré à Teddy Aeby

 

VALEUR AJOUTÉE – JPH – 1996 – Technique mixte

Les publications à compte d’auteur ont mauvaise presse. L’écrivain, poète, peintre, photographe, philosophe, paie la publication de son projet de ses propres deniers. Les plus prudents confient, à leurs frais, leur œuvre à un éditeur pratiquant le compte d’auteur. Les inconscients, eux, s’occupent de tout: création, impression, diffusion, et si leur ouvrage ne se vend pas, bien sûr ils casquent. Hommes ou femmes, les auteurs qui ont recours à ce modèle d’édition sont généralement regardés avec condescendance.

Qu’en est-il des publications assumées par des éditeurs réputés, des éditeurs sérieux, des éditeurs qui choisissent leurs auteurs ? Qu’ils soient médiocres ou géniaux, ces derniers changent de statut. Généralement, ils abandonnent leur costume de clown pour revêtir une tenue digne d’eux-mêmes, le prestige de leur condition est tel qu’ils pourraient avantageusement se permettre de s’exhiber à poil.

Comment fonctionnement les maisons d’édition officielles ? En Suisse, dans ce milieu, nous avons affaire à des personnes circonspectes, précautionneuses. Des entrepreneurs respectables et responsables qui comptent parfois avec l’apport financier qu’amène le lectorat, quand l’auteur en a un, et régulièrement avec l’apport de subsides étatiques ou privés. Ces subsides financent occasionnellement le travail de l’auteur, souvent celui de l’éditeur, et quelques fois, les deux. Si vous lisez l’impressum des livres publiés, vous constaterez avec plaisir que, lorsqu’ils ont massivement bénéficié des mannes publiques et privées, ils sont fréquemment imprimés à l’étranger. Dans un tel système, on pourrait se demander pourquoi les imprimeurs et les relieurs devraient affronter la concurrence sans aucune aide ?

Revenons en au sujet. En résumé, l’édition à compte d’auteur implique un engagement financier total de l’auteur, alors que, pour maintenir la voilure et le rythme, l’édition officielle s’appuie largement sur un financement institutionnel en grande partie constitué par l’impôt. Bien sûr, le succès d’un ouvrage édité à compte d’auteur est plus lucratif. Mais il survient aussi rarement qu’aux publications stipendiées.

Si vous êtes abonnés à mon blog, et si vous recevez mes messages par la poste ou par courrier électronique, vous savez qu’en 2018, les éditions Contraste ont publié une monographie intitulée ANACHRONIQUES Jean-Pierre HUMBERT  Dessins, peintures, gravures, lithographies, sérigraphies, vitraux, mosaïques, objets, écriture. Il y a même de bonnes chances que vous ayez commandé l’une ou l’autre version de cet ouvrage et je vous en remercie. Lorsque j’ai décidé de le publier, j’ai proposé mon projet à des éditeurs institutionnels de notre pays. Intéressés par cette aventure qui promettait une belle course d’obstacles financiers, ils voulaient bien se lancer à condition que nous entamions, chacun de son côté, la frénétique danse rituelle du requérant en arts en tous genres. Dans ces conditions, j’ai renoncé à collaborer avec ces éditeurs bien qu’ils soient très compétents et très sympathiques et que la diffusion du livre aurait certainement été meilleure qu’elle ne l’est. Évidemment, ils ne sont pas responsables du fait que je ne supporte plus le bal ridicule de la mendicité imposée par des fonctionnaires, principaux bénéficiaires du financement de la “culture”. Mon évocation de ce monde et de ce système s’arrête là. N’empêche, il y aurait matière à entreprendre une enquête méthodique…

Pour produire mon livre, j’ai finalement choisi les Éditions Contraste, dont je suis le principal animateur. Il s’agit en conséquence d’une affaire à compte d’auteur et à compte d’éditeur, puisque je n’ai sollicité aucun subside et que, comble d’arrogance, j’ai fait imprimer le livre à l’imprimerie St-Paul à Fribourg en Suisse.

Le temps des cadeaux revient en force. Pris dans le courant, je vous informe qu’il reste encore quelques exemplaires de mes ANACHRONIQUES à vendre. Pour commander : en ligne – https://jphumbert.ch/publications/livres/anachroniques ou par e-mail info@jphumbert.ch et à emporter à la Galerie Contraste à la ruelle des Cordeliers 6 à Fribourg (Pour être sûr de m’y trouver, appelez le 078 875 96 66 avant de venir).

 

V – JPH – 1998 – Technique mixte

Au jour le jour – J-P Humbert 1993 – lithographie


L’infini c’est maintenant

Texte d’Ivan Sigg

Il n’y a plus un chat-pensée
Dans ma cité-tête
J’ai ouvert les fenêtres
De mes sens
Aux quatre vents

Mes yeux sont frais du jour
Le trafic des mots
Des jugements et des idées
N’embouteille plus les rues
De mon cerveau-ville

Le silence est doux et puissant
Fait de chants d’arbres et d’oiseaux
Et le champ des possibles
Se redéploie
À l’infini

Toutes mes mémoires se sont tues
Les psychologiques végètent
Dans des malles de grenier
Les techniques dans des classeurs
Qui ne s’ouvrent qu’à bon escient

Sous mes pieds
Le passé s’étiole
L’attention circulaire au monde
rompt toutes mes attaches
Il n’y a plus que le présent

Je n’attends plus la mort
Car je meurs à moi-même
à chaque instant
L’éternité c’est maintenant
Je suis prêt à te rencontrer


Textes pour le concours littéraire organisé à l’occasion de
l’exposition de Jean-Pierre Humbert à la Médiathèque de Rueil-Malmaison:

2012-textes-concours-rueil

Le premier prix du concours a été attribué à Ivan Sigg,
par un jury composé de 3 personnes