Nef des fous

La Nef des Fous, le carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

La nef des fous ... Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres et voyagez au long cours en position assise … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage...

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Nef des fous

La Nef des Fous, le carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

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La nef des fous
Carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

Nature humaine


L’amour abstrait de l’humanité
est presque toujours de l’égoïsme.

Attribué à Fiodor Dostoïevski – 1821-1881

 

SÀRL – L’AVENIR RADIEUX, le défilé – (une des cinq variantes du traitement de ce sujet)
Technique mixte – JPH – 2010-1976

 

SÀRL

En 1976, mai soixante-huitait encore allègrement et les gardiens de la révolution, gentils organisateurs (GO) du Grand Soir (GS), vous offraient des vacances gratuites à la plage. Plage que, huit ans plus tôt, ils avaient trouvée sous les pavés qu’ils balançaient dans la figure des policiers. Ils étaient des centaines, ils étaient des milliers à tout oser. Michel Audiard avait raison : c’est à ça qu’on les reconnaît…  et qu’on les reconnaîtra toujours.

Dans cette atmosphère post-révolutionnaire, sous influence, j’avais dessiné une suite de vingt-et-une lithographies que j’avais intitulée SÀRL. À peine terminées, à peine imprimées, à mon goût, maladroites, malagauches, mal dessinées et mal tirées, les épreuves de mes sombres représentations des rouages de nos sociétés furent détruites. L’affaire m’avait quand même occupé pendant huit mois. Comme d’habitude, un discret souffle d’espoir m’avait incité à conserver un exemplaire de chaque sujet. Ces épreuves ont aussitôt été peintes et réinterprétées. Elles furent exposées à deux reprises dans cet état provisoire.

Aujourd’hui, les maux dont souffre l’humanité sont les mêmes. Ils se sont simplement nettement aggravés avec l’âge. C’est normal !  Fort de ce constat, en 2010, j’ai ressorti du placard ce qui restait de ces œuvres et j’ai appliqué une dernière couche de couleur sur mes visions du passé, du présent et du futur. Il ne me restait donc plus qu’à protéger cette dernière version avec mon fameux vernis conservateur et à attendre le rejet final et l’épreuve du feu. Finalement, une fois de plus, en fumée tout devrait un jour disparaître…

Ce sont les évènements aussi spectaculaires qu’incroyables que nous vivons depuis deux ans qui m’ont reconduit quarante-quatre ans en arrière. Histoire de vérifier si, en caricaturant les évènements de mille neuf cent soixante-huit dans ma suite de lithographies SÀRL, je n’avais pas eu une intuition prospective. À mon avis, l’incontournable et lancinante crise dite sanitaire que nous vivons depuis deux mille vingt me donne raison. Une affaire qui a été rondement et mondialement menée par l’OMS et son actionnaire majoritaire Super Bill. Comme il se doit, les pays dit avancés ont fait la démonstration d’une détermination et d’une inefficacité redoutable. J’invite les personnes frappées par la pandémie du déni de réalité à déposer au vestiaire les ornières qui les empêchent d’interpréter les statistiques officielles. Histoire de rire jaune, j’attends impatiemment que de talentueux écrivains rédigent les romans qui leurs seront dictés par la montagne des décisions absurdes, mensongères et nuisibles qui nous sont imposées à grandes louches d’intimidations et de chantages.

En Suisse, c’est le débat larvé induit par la votation du 28 novembre 2021 sur l’adoption d’un pass sanitaire destiné notamment à ouvrir les portes des bistrots, des musées, des églises, des salles de spectacles, etc. aux seuls généreux citoyens raisinés, qui m’a incité à déterrer et à publier ici L’AVENIR RADIEUX, le défilé, une des œuvres de ma suite SÀRL qui donne à penser que, de manière récurrente, le passé est toujours présent. Donc, le sésame que le Conseil Fédéral et tous les parlementaires du conseil des États souhaitent nous vendre se présente sous forme d’un abonnement probablement semestriel à des piquouses. Pour ma part, vous l’aviez deviné, j’espère que  mes concitoyens voteront non. Quoi qu’il arrive, nous serons certainement nombreux à le faire. Je suis quand même abasourdi qu’il n’y ait pas eu un seul conseiller aux États à avoir fait le choix du non. Imaginez, c’est facile, les commentaires que nos journalistes, éducateurs subventionnés du pauvre peuple, auraient rabâchés à longueur de colonnes si cela s’était produit en Chine, en Russie, etc… bref dans les pays mal notés par la nomenclature mondialiste.

Que le oui ou que le non l’emporte, cela ne changera pas grand-chose à la politique volontariste à l’œuvre. Ceux qui, comme moi, ne plieront pas, seront simplement interdits de vie publique. C’est avec attendrissement que j’observerai les bienheureux altruistes détenteurs du code-barre lorsqu’ils l’utiliseront pour se faire servir un café au bistrot. L’idée de cet émouvant cérémonial de la liberté retrouvée m’amuse tristement. Au risque de fâcher les croyants des religions de la science et du progrès triomphants, je crois pouvoir affirmer,sans grand risque de me tromper, que nos autorités colonisées exploiteront encore longtemps le regain d’autorité acquis au prix des déshonorantes contorsions qu’elles se sont autorisées avec, malheureusement, un succès déprimant pour les esprits lucides et indépendants. À l’avenir, les défenses immunitaires mentales des opposants à cette politique devraient littéralement exploser. Que du bonheur en perspective… Bon, un peu de sérieux, même si cela ne changera pas radicalement le cours nos destins d’helvètes en errance, je vous propose de VOTER NON au pass covid.

À tous, merci…

 


C’est ainsi que monsieur Zbigniew Brzezinski rêvait à voix haute en 1970. Un doux songe pour lui, un cauchemar pour l’humanité.

 

 

1 – Ci-dessous, un choix d’images puisées dans la jungle des dessins, photographies, citations en lien avec le chaos organisé que nous vivons. Mis en ligne sur les différents supports de l’internet, j’espère que les documents que j’ai sélectionnés ne vous laisseront pas indifférents, et ce quoique vous pensiez de l’affaire en cours.

2 – Le bulletin d’information réduit à un jeu par les Inconnus au sommet de leur art.

 

 

Et la lumière sera distribuée parcimonieusement aux raisinés…
Je ne connais pas le nom de l’auteur de cette géniale image trouvée sur internet.

 

La recette est simple: Innover sans relâche, en répétant inlassablement les mêmes sornettes.

 

Bien résumé…

 

   

Mettre le feu à la ville et rater de peu le dernier train…

Cette affiche avec son texte pitoyable n’est qu’une parmi les nombreuses entreprises de « séduction coercitive » promues par nos autorités dont l’activisme, tour à tour méprisable, stupide, burlesque et absurde révèle sans pudeur l’indécent dédain dont elles font preuve à l’égard de la population. Leur dernière initiative a choqué par sa bêtise crasse. Les conseils et la vaccination sont promus au bout d’une carotte appelée en français Back on Tour, le nom donné à la tournée de concerts gratuits financée par la confédération, avec des artistes suisses : Dabu, Danitsa, KUNZ, Stefanie Heinzmann et Stress, ainsi que les invités spéciaux Anna Rossinelli, Baschi, Mimiks, Seven et Sophie Hunger. Une plaisanterie qui a, semble-t-il, coûté vingt sept millions de francs, si je me fie à ce que j’ai lu. Selon les évaluations optimistes, l’opération aurait incité mille personnes à se faire piquer, soit vingt sept mille francs par vacciné et, sur la calculette des pessimistes, il n’y aurait eu que cent nouveaux titulaires au pass-partout sanitaire, soit deux cent septante mille francs la raisiné. Dans tous les cas (c’est le terme à la mode chez les experts)…  un placement de rêve! Si, par hasard l’investissement était quatre fois plus modeste, ça fait encore très cher la seringuée.

 

Le rôle de la presse consisterait-il à terroriser ses lecteurs ?

 

Déconseillé… Interdit… Efficace…

 

 

La société des loisirs vue par les Inconnus – 5 minutes 43

 


Auteur inconnu


Jamais l’esclavage n’est aussi bien réussi
que quand l’esclave est persuadé que c’est pour son bien

Attribué à Aristote

 

Sacré Aristote… alors que l’électricité et l’internet n’existaient même pas, plus de 300 ans avant Jésus Christ, il avait tout prévu … le triomphe sans frontières du coronafoirus, le succès de la loi Covid qui, pour nous faire chanter en cœur, a passé la baguette de chef d’orchestre à quelques bracaillons de la politique. Implicitement, il nous annonçait même le phénomène à la mode des années 2020-2021-22-23 – et plus si entente -, à savoir, l’irrésistible santé d’une maladie mortelle pour la liberté qui déferle au pas de l’oie, par vagues virales plus planantes et plus dangereuses les unes que les autres.

Quelle clairvoyance ! Il fallait le faire… ou cela signifie-t-il simplement que l’espèce humaine n’a pas fondamentalement changé. Il y a là du matériel qui a déjà beaucoup servi aux philosophes amateurs et professionnels. Malheureusement, pour ce qui est de la philosophie, j’ai adopté la définition qu’en donne Ambrose Bierce : Route comportant de nombreuses voies et qui s’étend de nulle part à rien.

Sacré Ambrose Bierce… son passage sur terre est plus récent, 1842-1914. Dans son plus célèbre ouvrage le Dictionnaire du diable, il nous sert des définitions parfaitement en symbiose avec les évènements délirants que nous vivons depuis plus d’une année et demie. Parmi les nouvelles règles imposées avec une désarmante facilité aux citoyens des pays occidentaux, celle, ridicule, et paradoxalement intitulée Distanciation Sociale m’a rappelé la définition donnée au mot distance par ce cher Ambrose : La seule chose que les riches soient prêts à accorder aux pauvres en souhaitant qu’ils la gardent. Il suffisait de demander, depuis 2020, en brandissant les menaces associées de la peur, de la maladie et du respect d’un civisme d’opérette, les autorités ont réussi assez facilement à museler les populations, tant au sens propre que figuré.

Si vous pensez que la révolution sanitaire imposée depuis deux ans est légale et parfaitement justifiée, réjouissez-vous, car la soumission de la population encore terrorisée est infatigablement entretenue par quelques personnes qualifiées des titres désormais discrédités d’experts et d’intellectuels. Parmi ces activistes on trouve des représentants de la culture, des juristes de toutes natures, une partie du corps médical, psys inclus, la plupart des politiques, bref, tous ceux (en français, cela inclut les femmes) qui ont, sauf l’honneur, quelque chose à perdre. Ce camp a ses champions. Comme à l’école enfantine, je décerne la gommette d’or à la presse de grand chemin et ses journalistes méritants.

Donc, comme disent mes compatriotes fribourgeois, en Absurdistan, tout va bien. Après avoir décortiqué l’avalanche de statistiques diffusées à tous vents, il ressort sans ambiguïté que le taux de mortalité est sensiblement le même que les autres années, et que ce sont presque toujours des vieux comme moi qui disparaissent en premier (eh! oui). Nous nous y faisons difficilement, mais ce n’est pas vraiment nouveau. Cela ne freine cependant pas les ambitieux promoteurs de la vie éternelle sur la terre. Selon ces personnes dopées à la religion du progrès, ce n’est pas juste. Il semble que pour eux, l’éternité sur terre est à l’évidence un droit de l’homme inaliénable. Bref, c’est le moment de finir les réserves de schnaps. Avec un peu de chance, à la limite du coma éthylique, hébétés, après la dernière golée, régurgiterons-nous la forme liquide des contes à mourir en bonne santé qui nous sont servis. Et n’oubliez pas que lorsque, comme c’est l’empathique expression à la mode, on vous invite chaleureusement à prendre soin de vous… c’est que clairement, il ne faudra pas compter sur le soutien de votre interlocuteur.

Assoupis par le mouvement perpétuel des attaques virales, crédules, vous rêvez du pass covid qui vous rendra la liberté … réveillez-vous chers amis … ne vous laissez pas leurrer par les misérables qui n’ont que la contrainte pour argument,  REFUSEZ LE PASS COVID !


Ça peut encore changer … Auteur inconnu

 

Tragique et drôle – À regarder jusqu’au bout !
Les Simpson – 2010 – Durée 2 minutes 18 

À lire – Journal en ligne
Ariane Bilheran – Interviewée par l’impertinent

 

 

PENDANT CE TEMPS,
DANS MON ATELIER
ET À LA GALERIE CONTRASTE


ASCENSEUR POUR LE PARADIS – Technique mixte – JPH – 2019-2016

 


CA VA BIENTÔT CHANGER – Photo – JPH – 2019


INVITATION
 

Depuis deux ans, environ tous les trois mois,
pour des fantômes en liberté,
je modifie le contenu de l’exposition permanente de la galerie.
J’ai le plaisir de vous inviter à découvrir la dernière mouture
de mes mises en scène en constante mutation.

TENTATIVE D’ÉVASION ….
Jean-Pierre Humbert
Dessins, Peintures, Estampes

La galerie et mon atelier sont ouverts
Dès le vendredi 26 novembre jusqu’au 11 décembre 2021
Du jeudi au samedi de 14 à 18 heures
Aussi sur rendez-vous
Autre temps, autres mœurs… vernissage permanent…

 

CONTRASTE GALERIE / Atelier JPH

Ruelle des Cordeliers 6 – CH 1700 Fribourg
info@jphumbert.ch – www.jphumbert.ch – 078 875 96 66

 

 

La perspective de pouvoir me désolidariser encore de quelques-unes des valeurs qui prétendent unir tant bien que mal cette humanité en déroute est l’un des plaisirs qui me tiennent en vie. Quand les professeurs de vertu rétrospective et anhistorique racolent dans les médias; quand n’existe plus d’ardeur que pour ce qui relève de la noyade dans l’indifférencié; quand le chaos festif et touristique devient la trame de nos vies concrètes dans un monde qui se réaménage à toute allure en ‘espace de loisirs’; quand la religion culturelle ne connaît plus les arts que pour les forcer à incarner le collectif euphorique, alors il est nécessaire de reprendre à zéro la critique d’une époque si pénible.

Philippe Muray, Désaccord parfait (2000)

 


Lorsque tout va bien, les fous sont dans les asiles,
en temps de crise ils nous gouvernent.
Attribué à Carl Gustav Jung


LA NEF DES FOUS – Préparation pour la gravure reproduite à la fin de cet article – JPH – 1999

 

Cahin-caha, les êtres humains n’ont jamais cessé d’affronter les eaux tourmentées des siècles, embarqués sur de fragiles esquifs, en lutte permanente pour survivre et prolonger le plus possible leur voyage intertemporel. Aujourd’hui, comme dans la fable La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf de Jean de La Fontaine, nos nefs ont gonflé, gonflé, gonflé… jusqu’à devenir de gigantesques paquebots en croissance perpétuelle qui sillonnent quotidiennement les océans de notre planète. Prises dans le tourbillon de leurs réussites technologiques, les têtes en folie des savants et des dirigeants d’inspiration transhumaniste ont elles aussi enflé au point qu’aujourd’hui bon nombre de terriens imaginent que nous sommes devenus les Maîtres de l’Univers…

Et vogue la galère!

Quelle que soit l’époque dont nous scrutons mœurs et coutumes, défauts et qualités, les hommes ne changent pas fondamentalement. C’est pratique, on sait à qui l’on a affaire. Les livres d’histoire nous racontent la nature humaine, ses heureux et ses fâcheux effets sur nos comportements, ainsi que ses constants ressacs. Ces derniers temps, avec la dictature sanitaire qui nous est imposée, nous avons pu observer une fois de plus que ce que l’on appelle le progrès peut avoir de désagréables conséquences sur les cerveaux des maîtres à la manœuvre de notre embarcation. À tel point que, depuis l’année 2020, la population de notre planète a sombré dans une triste folie, terrorisée par des médias aux ordres de la clique dirigeante. Dociles passagers, nous nous sommes retrouvés enfermés dans l’une des innombrables cabines de notre nef, qui arbore désormais fièrement le pavillon Terre d’asile psychiatrique...

Quand en 2016, j’avais emprunté l’appellation La nef des fous à Sébastien Brant pour donner un titre générique à mon carnet de bord, je n’avais pas imaginé une seconde que troubles mentaux et égarement de l’esprit allaient exploser pour modifier radicalement nos vies en seulement quelques mois, et de l’absurdité faire la loi incontestable, pour le plus grand bonheur de quelques amateurs de délire grand-guignolesque! Donc, tout va bien, puisque plus on est de fous, plus on rit… trop heureux que nous sommes d’avoir perdu la raison qui, comme le disait Léon Bloy, fait tant souffrir.


Mis en scène par un auteur qui m’est inconnu:
au premier plan, le Titanic, derrière lui, une nef d’aujourd’hui

 

UN PEU D’HISTOIRE…

Sébastien Brant (Strasbourg, 1458-) est un humaniste et poète satirique allemand, auteur notamment de La Nef des fous (Das Narrenschiff), illustrée par Albrecht Dürer et qui fut, avant les Souffrances du jeune Werther de Goethe, l’ouvrage populaire le plus souvent imprimé. Publié par Johann Bergmann d’Olpe, pendant le carnaval à Bâle, ce récit versifié recense divers types de folie, brossant le tableau de la condition humaine, sur un ton satirique et moralisateur. Il mélange l’ironie et le sermon, le rigorisme et l’humour et est à la fois inspiré par l’esprit de la Réforme et par la littérature populaire, de colportage, avec ses proverbes dialectaux.

 


Gravure d’Albrecht Dürer – Voir plus de reproductions

 

Portrait d’Erasme – Peinture de Hans Holbein le Jeune – 1523

 

Éloge de la folie

Également La Louange de la sottise ou encore La Louange de la folie, dont le titre grec est Μωρίας ἐγκώμιον (Môrías3 engkômion) et le titre latin Stultitiæ laus, est une déclamation écrite en latin en 1509 par Érasme de Rotterdam et imprimée pour la première fois en 1511 à Paris chez Jehan Petit et Gilles de Gourmont, puis réimprimé ne varietur en à Strasbourg chez Mathias Schurer.

Genre des récits

Il s’agit d’une thèse humoristique, rédigée en latin de manière volontairement savante, truffée à dessein de locutions grecques, découpée en 68 articles. Érasme y fait parler la déesse de la Folie et lui prête une critique acerbe des diverses professions et catégories sociales, notamment les théologiens, les maîtres, les moines et le haut clergé mais aussi les courtisans dont nous avons une satire mordante. Il existe une référence directe au genre au chapitre LX1.

1 Mais il n’est pas dans mon sujet d’examiner la vie des papes et des prêtres, j’aurais l’air de composer une satire au lieu de mon propre éloge, et l’on pourrait croire qu’en louant les mauvais princes j’ai l’intention de censurer les bons.

Cette citation illustre bien le ton de l’œuvre, où la Folie fait son propre éloge, mais un éloge transformé par Érasme en une véritable satire. Cette technique permet de surprendre le lecteur, d’affiner la dénonciation des travers de ses contemporains, et de rendre son propos plus efficace. Cet auteur a excellé dans le genre satirique. Ainsi, il est l’auteur des Colloques : une satire piquante des mœurs de son époque qui souligne son esprit indépendant. Mais dans L’Éloge de la Folie, la satire s’élargit et dépasse l’époque de son auteur pour atteindre la société humaine en général.

Informations et liens empruntés à Wikipédia

 

La Nef des fous – Peinture de Jérôme Bosch réalisée vers1500 (date conjecturale)

 

LA NEF DES FOUS – Verni-mou, aquatinte, pointe-sèche – JPH – 1999

 


LA NEF DES FOUS
Texte de Bogdan Krsic24 mai 1932 – † 21 octobre 2009


Jean-Pierre fait partie du cercle des artistes sensibles au message engagé et toujours d’actualité de cette grande œuvre de la Renaissance qu’est « La nef des fous » de Sébastian Brant, version populaire du savant traité « Eloge de la folie » d’Erasme de Rotterdam. De Hieronymus Bosch, Pieter Brueghel, Albrecht Dürer et Hans Holbein aux artistes contemporains ainsi qu’aux graveurs du fantastique, comme le grand artiste slovaque Albin Brunovski, ce thème reste toujours aussi attractif car la folie humaine ne change pas, quelles que soient l’époque, l’ambiance et les apparences.

Cependant, Jean-Pierre a gravé une vision différente de « La nef des fous ». Il n’en offre pas une représentation d’exégète. Il ne nous fait pas la revue des folies individuelles et des vices humains décrits dans les 96 poèmes de Brant qu’Albrecht Dürer fut le premier à illustrer avec 96 gravures sur bois. Jean-Pierre nous montre l’image de la folie de l’ensemble des humains. Sa gravure figure un océan agité au milieu duquel la nef fait plus penser à une île qu’à un bateau. Une île à deux troncs dont la couronne porte une toile de corps humains aux poses grotesques et entrelacés de la manière caractéristique dont il dessine une grande partie de ses sujets. Il semble nous dire que ce qui importe ce n’est pas tant que les gens soient corrompus, exaltés, passionnés et fous, mais bien que le monde est fou et qu’il est gouverné par cette épidémie.

Cette gravure de grand format est, comme toujours chez Jean-Pierre, magistralement réalisée, avec un métier sans faille, artistiquement persuasive et riche en nuances.

 

 


Clefs de sol en pagaille, dessinées pour le festival MUSIQUE VIVANTE organisé par Jean-Daniel Lugrin en 1980

 

En souvenir des pluies diluviennes du début de l’été helvétique 2021, pour une reprise en douceur des publications de mon carnet La nef des fous, pour vous consoler des méfaits occasionnés à notre terre par l’immuable et traditionnel beau temps du mois de septembre, j’ai ressorti de mes cartables l’abri et le déluge, deux clefs de sol météo-compatibles. Avec ces reproductions, je vous propose de cliquer sur les liens ci-dessous et d’écouter des artistes, poètes et musiciens (Georges Brassens,  Antonio Vivaldi, Ludwig van Beethoven, Wayne Shorter, et le groupe Déluge) qui ne se sont pas dégonflés lorsque je leur ai demandé d’exprimer leurs états d’âme météorologiques.

 

L’orage…

L’ABRI – Technique mixte – JPH – 1980

 

L’ORAGE – Georges Brassens – 1960 – Durée: 3 minutes 22

 

L’ORAGE – Antonio Vivaldi – Durée: 2 minutes 54

 

L’ORAGE – Ludwig van Beethoven – Durée: 3 minutes 52

 

… puis le déluge

LE DÉLUGE – Technique mixte – JPH – 1980

 

DÉLUGE – Wayne Shorter – Durée: 6 minutes 53

 

DIGUE – Déluge – Durée: 6 minutes

 

Ci-dessus, l’affiche d’un des concerts de la tournée MUSIQUE VIVANTE, celui donné à Tavel (Tafers) en 1981

 

 

 

Après tirage, la plupart des plaques de cuivre et de zinc que j’ai gravées ont terminé leur carrière à la poubelle après avoir été soigneusement débitées en tranches régulières (j’aime que l’ordre règne dans les poubelles).

En 2010, changement radical de politique. Motivé par ma toute nouvelle marotte conservatrice, j’ai opté pour une tentative de valorisation des plaques gravées qui avaient échappé à ma furie destructrice. Pendant l’été 2010, encouragé par Milka, j’ai procédé à leur mise en scène.

Chaque plaque, percée d’un petit trou en bas à gauche ou à droite, est encrée et imprimée une dernière fois. Cette épreuve est ensuite collée sur un support rigide au format de l’image. Après avoir été ré-encrée, la plaque enduite d’un vernis pour la peinture à l’huile est fixée sur un deuxième support. Plaque et épreuve sont ensuite montées côte à côte à l’intérieur d’un cadre en bois. Une deuxième variante voit la plaque encadrée d’un châssis de cinq à sept cm de largeur, artistiquement ornementé de textes et d’extraits de presse, collés et peints.

 

LES AMANTS – La plaque percée avec l’épreuve correspondante – JPH – 1997

 

ECHOSYSTÈME – La plaque percée avec l’épreuve correspondante – JPH – 1996

 

COMPTE À REBOURS – La plaque mise en scène – JPH – 1991-2010

 

MIRAGE – La plaque mise en scène – JPH – 1987-2010


 


Aujourd’hui, je vous invite à lire le récit imaginé par Pierre Savary pour illustrer ma gravure
LES 3 ARBRES. Texte et dessin parus dans le livre [Par défaut…] Jean-Pierre Humbert édité en 2007 par ESTAMPE.ORG.

En toute fin de cette publication de ma Nef des Fous, vous trouverez une reproduction du chaleureux article de Pierre Savary, destiné à présenter l’exposition que le Musée Gruérien avait consacrée à mes œuvres en 1983.

 

Pierre Savary

Né en 1956 à Sâles, Pierre Savary est depuis 1978 attaché au journal La Gruyère. Il y a travaillé comme rédacteur-journaliste et chroniqueur polyvalent avant de prendre en charge le secrétariat technique. Dans les colonnes du tri-hebdomadaire, il s’est exprimé dans des rubriques bariolées (Fanfreluches, Les gens de Margebert, Le saviez-vous), puis est tombé tête la première dans les astuces de langage pour les Mots fléchés de Pierrot.

Parallèlement, il a collaboré à une quinzaine d’aventures scéniques et éditoriales. Il a mêlé sa plume aux portées de plusieurs compositeurs : Francis Volery (Banaudon, 1988), Oscar Moret et Jean-Claude Kolly (L’oura di chenayè, 1989), Jean-François Bovard (L’enfant qui n’avait pas de nom, 2003), André Ducret, Yves Piller, Gérald Kaeser. Aux Editions La Sarine, il a signé ou cosigné Les chemins qui montent, Les chemins qui descendent, Teddy Aeby, La Trace avec Jacques Cesa ou encore Simon Glasson, un atelier de photographie en Gruyère. Pour les Éditions gruériennes, en 1999, il a fait revivre les odeurs de foins coupés dans Fraise des bois, avec des illustrations de Gisèle Rime.

Présentation empruntée au site internet Babelio

 

 

LES 3 ARBRES – Gravure – JPH – 1995

 

LES 3 ARBRES
Par Pierre Savary

Les jeunes quartiers sont incroyables. Ils travaillent jusqu’à point d’heure et sont bien capables, après ça, de boire du gin fizz toute la nuit. Ils ont des boîtes pour. Des boîtes à travailler, des boîtes à s’amuser. Les unes à côté des autres. Quand une boîte à travailler doit fermer pour cause de diablerie économique, elle est transformée en boîte à s’amuser. Et les ouvriers d’avant grattent leurs poches pour les verres d’après, qui pétillent sans conviction sur l’établi repeint en gothic metal. Le didjé anthracite fait le clown, il s’est mis un nez vert.

Les jeunes quartiers sont impitoyables. Ils jouent des coudes, ils s’administrent l’espace. Ils avancent à grands coups de pelle, le menton en avant, nuque d’acier et hanches de béton. Devant l’offensive, les aînés, les vieux quartiers, cotonnent de tous leurs membres. Ils se tiennent par la manche, ils retirent leurs pattes et rentrent leurs antennes. Ils se resserrent, se contractent, se recroquevillent. Ils respirent à petite haleine le peu d’air que leur laissent les narines conquérantes. Ils se voient repoussés là où les bâtisseurs perdent leurs idées, sur les talus à moutons et les anciens ruclons.

Et la vague enfle encore, et les plus vieux des vieux quartiers se retrouvent à fleur de vide, âpre cortège médiéval où les maisons font la queue devant le gouffre, devant l’oubli.

Une crevasse apparaît sur la falaise. Le pan de mémoire craque comme un glacier au dégel.

A un jet de bouteille à encre, là où les racines du monde plongent dans la terre souple et profonde, trois chênes maigres se fabriquent leur propre destin. Les deux premiers, comme les filaments d’une ampoule, posent un point d’interrogation : suffit-il de lever les bras pour décrocher la lune ? Le troisième fait le clown, il s’est mis des feuilles.

 


Un des croquis qui ont jalonné le processus de création de la gravure Les 3 arbres

 


Une autre des nombreuses étapes du sentier de la création de la gravure Les 3 arbres

 


Encore un autre état 

 


La plaque et la dernière épreuve de la reprise en 1996 d’un détail de la gravure Les 3 arbres

 

Article de Pierre Savary – 1983

 

Le DON QUICHOTTE qu’évoque Pierre Savary,
dans l’article ci-dessus reproduit – Technique mixte – JPH – 1983


LE TOURBILLON – Gravure – JPH – 1996


Sept cent millions de chinois, et moi, et moi, et moi… (Jacques Dutronc 1966)

Malgré la politique rigoureuse de l’enfant unique, les chinois sont aujourd’hui un milliard quatre cent millions, ce qui fait de la Chine l’État le plus peuplé de la planète. Quant à la population mondiale, elle dépasse actuellement les huit milliards d’âmes et d’estomacs. Huit milliards de pékins, et moi, et moi, et moi…

En 2016, les statisticiens estimaient que la colonie humaine augmentait de 246’000 personnes par jour, soit la différence entre les 403’000 naissances et les 157’000 décès quotidiens, ce qui représente une hausse de 90 millions de terriens par an. En 2014, environ 54% de la population mondiale vivait en milieu urbain.

Quant à vous, amis et amies abonnés à ma lettre La nef des fous, vous représentez environ le 0,0000000… % de la population mondiale… émoi, émoi, émoi…

AUTOPORTRAIT – Technique mixte – JPH – 2006-1996

 

AUTOPORTRAIT

Partout…
Autour de moi… En moi,
Silencieux comme le néant,
Le lent magma de la foule humaine
Défile sans fin… Inlassablement.

Tous ensemble… Tous seuls…
Où allons-nous ?
Ailleurs… Loin… Très loin…
Perdus dans l’infini présent,
En quête de la maîtrise du temps.

Du temps retrouvé,
Du temps que nous étions vivants,
Du temps que j’étais Jean-Pierre Humbert.
Seul au milieu de rien…
Seul parmi vous…

 

2018 – Test d’admission à l’Académie des Arts en Chine

Décidément, la compétition sera chaude et les places au firmament artistique seront chères, sans compter que la plupart des artistes qui font carrière ne passent pas par les écoles. Reste à définir la notion de firmament artistique…


L’EXÉCUTION
– Huile sur toile de Yue Minjun – 1995

En 2007, la toile EXÉCUTION devient l’œuvre la plus chère de l’histoire de l’art contemporain chinois, elle a été vendue pour près de six millions de dollars. Cela confirme le fait que la valeur d’une œuvre est essentiellement déterminée par le poids financier de l’acheteur et que le firmament artistique se situe dans la salle des coffres.

Yue Minjun (岳敏君 en chinois) est né en 1962 dans la province de Heilongjiang en Chine. Peintre et sculpteur, il est un des artistes chinois contemporains dont les œuvres ont conquis la nomenklatura occidentale, ses milliardaires, ses journalistes, et ses commissaires politiques. Pour une fois, je comprends ce succès. Son savoir-faire de peintre et la tragique systématique de son ironie me fascinent, mais le nihilisme unilatéral et radical de ses peintures me dérange. Cet homme ne regarde et ne transcrit que ce que ses omnipotentes ornières mentales lui permettent de voir. Prenez la peine de cliquer sur mon lien images, vous verrez défiler des personnages à la peau peinte en rose qui tous se fendent la gueule sans retenue. Cette foule hilare est composée d’autoportraits de l’artiste, et de paraphrases parodiques des œuvres phares de la peinture européenne. Souvent en slip, tout ce beau monde se tord de rire, pouffe sans raison, se bidonne en plein drame, se poile en solitaire ou en groupe, s’esclaffe sans fin, se marre obsessionnellement, se gondole à mourir… un étalage systématique de mépris qui constitue un portrait hyperréaliste de la société globale aux manettes. Les plus optimistes y voient une vision critique du mondes dans lequel nous vivons.

« Mais qu’y a-t-il de si drôle » vous demandez-vous ? Rien, bien sûr. Le rire de Yue Minjun et de ses personnages ne vient pas ponctuer la chute d’une plaisanterie amusante. Il n’est que le cri méthodique et désespéré d’un type qui hurle à vos yeux… mais regardez-moi cette existence et ce monde de merde! Selon le « théoricien » Li Xianting, les peintures de Yue Minjun seraient une réaction auto-ironique au vide spirituel et à la folie de la Chine moderne. Un vide et une folie qui ne sont pas un privilège chinois, très loin s’en faut. De ce point de vue, les œuvres de Yue Minjun sont géniales, mais que voulez-vous, je n’arrive pas à me résoudre à accepter leur désespérant constat… j’espère… ne serait-ce que pour le panache.

Fait à l’aide d’informations pêchées sur l’internet sur lequel je vous invite à naviguer si vous souhaitez en savoir plus sur cet artiste d’exception – JPH

Même pays, autre ambiance…
Pour conclure cette brève incursion dans le paysage artistique chinois, je vous offre une reproduction d’une peinture de Hao Chun.

 

LES CHEMINS DE L’UTOPIE – Gravure – JPH – 1991
 
En 1991, pour célébrer son 700e anniversaire (1291-1991), la fête nationale suisse a débuté le 10 janvier à Bellinzone et s’est terminée en novembre à Bâle. Dans cet intervalle, quantités de manifestations et d’attractions ont été organisées aux niveaux communal, cantonal et fédéral. Le comité d’organisation de la manifestation dans le canton de Fribourg m’avait commandé une gravure dont le tirage avait été offert aux personnes, salariées et bénévoles, qui avaient contribué à la bonne marche de la fête dans notre région. Il s’agit de l’œuvre reproduite ci-dessus que j’avais intitulée LES CHEMINS DE L’UTOPIE.

À noter qu’une année plus tard, en 1992, les mêmes autorités qui avaient chanté sur tous les tons la grandeur et la beauté du pays pendant 365 jours, entonnaient, à l’Exposition universelle de Séville, le rap des colonisés, sur l’air de La Suisse n’existe pas.


La Suisse n’existe pas

Telle était la devise que l’artiste Ben avait concocté pour présenter le pavillon suisse lors de l’Exposition universelle de Séville en 1992. Ces expositions servent, parait-il, à asseoir les identités nationales. De ce point de vue, l’affirmation se voulait provocatrice… ça faisait réfléchir nos experts en culture qui tenaient là un sujet de bavardage stipendié à la mesure de leur génie.

En 1992, le slogan de big Ben avait résonné désagréablement à mes oreilles délicates de citoyen solidaire de ses compatriotes. Comme un grand benêt pas encore traité à l’anti-mythes, je croyais encore que la valeureuse Helvétie était un pays souverain, indépendant, qui savait défendre les droits politiques de ses ressortissants. Depuis, 29 années sont passées et l’affirmation tonitruante de l’artiste de service a été méthodiquement instrumentalisée par nos autorités fidèlement (servilement?) relayées par des médias entretenus et acquis à la mondialisation, versus globalisation voulue par la plupart des représentants du peuple. J’ai donc fini par prendre conscience de ce qui se passait réellement dans mon (encore) beau pays. Par l’intermédiaire de ce bon Ben et de son logo de derrière les fagots pourris, nos autorités annonçaient officiellement la couleur: La Suisse n’existe pas, ce qui implique clairement que les suisses n’existent pas. Ça n’avait pas beaucoup plu à bon nombres de patriotes pratiquants, mais, trois décennies plus tard, ceux qui sont encore là, somnolent, la peau du ventre bien tendue. Ils ont plutôt bien digéré la colonisation de l’Helvétistan. Par qui me direz-vous peut-être ? Ce ne sont pas les réponses qui manquent. Étranger sur sa terre d’origine, esprit encore à peu près libre, je garde les miennes pour moi. Je constate à regret que la propagande, le déni profond de réalité et les aberrations bien-pensantes diffusés quotidiennement depuis le pacte de Ben en 1992 ont facilement modelé une population qui avait confiance (moi itou) en ses autorités. Pourvu que cela ne dure pas…

SWISS CORPORATE IDENTITY – Technique mixte – JPH – 1976 – SARL

Fréquenter les chemins de l’utopie, consiste à parcourir des itinéraires au charme bucolique qui conduisent sans faute à l’une ou l’autre forme de dystopie… aujourd’hui, en 2021, le processus de transformation est bien engagé…

TROU DE MÉMOIRE – 2000-1975 – Technique mixte

 

L’homme n’a point de port,
Le temps n’a point de rives ;
Il coule et nous passons !

Méditations poétiques – Alphonse de Lamartine – 1820

 

DESTINÉES – Technique mixte – 2009 – 1975 – JPH

 

DESTINÉES

Visages figés par ma plume,
Imprimés en sérigraphie sur plusieurs verres,
Assemblés par couches… exposés,
Puis jetés à la décharge,

Découverts par hasard
Et récupérés par mon ami Marco,

Numérisés… Pour vivre avec leur temps.

 

LE DESTIN – Gravure (verni-mou, pointe-sèche, aquatinte) – JPH – 1996

 


Tous les hommes sont menteurs, inconsistants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches,
méprisables et sensuels;
toutes les femmes sont perfides artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées;
le monde est un égout sans fond où les phoques les plus infâmes rampent et se tordent sur des montagnes de fange …

Alfred de Musset – On ne badine pas avec l’amour – 1834
Rédigé, sans doute, après une visite au Palais de Tokyo – Centre d’art contemporain à Paris


LA DÉBANDADE… Technique mixte – JPH – 2016-2004

 

LA DÉBANDADE
Texte de JPH – Paru dans le livre ANACHRONIQUES Jean-Pierre Humbert – Contraste Éditeur

Dans le miroir pictural de notre temps,
Omniprésente, désabusée, arrogante et moralisatrice,
La disgracieuse face botoxée de l’homme augmenté,
La gueule gonflée à l’hélium de l’artiste contemporain.

Dans le musée impérial du matérialisme mondialisé,
Quelques cuvettes de chiottes recyclées,
Des reliquats de la dernière bamboula
D’une association culturelle subventionnée.

Dans la grande salle d’exposition,
Corrompus par un «commissaire» d’un genre indéterminé,
Deux joyeux ramasseurs d’ordures ménagères
Ont déversé les fruits pourris de leur tournée matinale.

Dans les pages des journaux à prétentions intellectuelles et culturelles,
Un savant reportage relate tous ces pénibles faits divers.
Par la grâce de ce délicieux baratin ludique et didactique,
Vous apprendrez à vous ouvrir à la bêtise.


CONTRASTE GALERIE / Atelier JPH
Ruelle des Cordeliers 6 – CH-1700 Fribourg
www.jphumbert.ch

 

Onzième incursion dans le livre [Par défaut…] Jean-Pierre Humbert édité en 2007 par ESTAMPE.ORG. Aujourd’hui, je publie le texte que mon estampe CHERCHEZ LA FEMME a inspiré à mon ami Dominique Rey, professeur de philosophie et d’histoire de l’art. Il travaille sur des questions d’éthique et d’esthétique. Il est aussi artiste peintre.

https://www.facebook.com/people/Dominique-Rey/100010522651413

 


CHERCHEZ LA FEMME – Technique mixte -JPH – 2006-1978

 

CHERCHEZ LA FEMME
Texte de Dominique Rey

Le titre d’une œuvre est sensé donner au spectateur « une suggestion poétique à mi-chemin entre ce qui risquerait d’épaissir ou d’éclaircir le mystère des formes ». Cette proposition du peintre philosophe Atlan pourrait bien s’appliquer à l’œuvre de Jean-Pierre Humbert. L’artiste se joue des contradictions. Philosophe, il serait dialecticien. Rhéteur, il privilégierait l’oxymore. Par tempérament, il a choisi la gravure qui permet au mieux de marier la lumière et l’ombre. Il a créé un univers où la vie fait éclater la pierre, à moins que le vivant lui-même ne soit confronté au risque de la pétrification. C’est ainsi qu’il revisite nos mythes grecs et chrétiens, fait allusion à des œuvres phares de l’histoire de l’art, voire se pastiche lui-même.

Pour créer cette estampe, il a usé de l’intelligence artificielle en remettant en scène ce que la main virtuose du graveur avait créé. Il nous invite à rechercher la femme, séductrice, Vénus-stalactite et figure d’une justice aux yeux bandés. C’est à travers la célèbre allégorie de la caverne que Platon nous interrogeait sur la condition humaine sous le rapport de la culture et de l’inculture. Pour contempler l’Idée de Justice, l’homme prisonnier échappait aux chaînes de l’ignorance en une dialectique ascendante. Or, c’est le contraire qui apparaît d’abord ici : une vie menacée de pétrification. Mais l’eau, qui coule goutte à goutte, produit une double concrétion de formes, descendantes et ascendantes. L’image, condamnée par Platon, devient alors icône. Substituant à l’aquatinte et à la manière noire un traitement numérique de l’image, Jean-Pierre Humbert paraphrase en quelque sorte une transfiguration du réel apparue dans la Résurrection du Christ du Greco. L’homme à la renverse qui projetait le Sauveur de l’humanité hors des pesanteurs terrestres est remplacé par un puits opaque d’où semble s’échapper une moderne Vénus de Lespugue. Ascension ou sublimation ?

 

CHERCHEZ LA FEMME – Technique mixte -JPH – 1978

LES AILES INCANDESCENTES DU DÉSIR – Technique mixte -JPH – 1983

 

 


 ACCEPTER DE VIVRE EN ENFER ? – Technique mixte – JPH – 2020-1975

 

Quand j’entends dire d’un médecin ou de quiconque qu’il est très « social » – ma chère – je pense : Dieu sait de quelle noix creuse il s’agit, traversée par les courants d’air d’une théorie.

Georges Haldas – PARADIS PERDU – L’ÉTAT DE POÉSIE – Carnets 1988

 

TOUT ACCEPTER ET LA FERMER
Par JPH


Mon ordinateur était mort. Je me préparais à l’enterrer sans regrets et sans cérémonies, à la mode de chez nous… à la décharge. Avant de passer à l’action, j’ai demandé conseil à l’ami Carlos, un as de la programmation et de la technique, qui a pris l’affaire en main et s’est aussitôt mis à farfouiller les entrailles de mon défunt robot jusqu’en ses recoins les plus intimes. Ça a été long, mais il a fait des miracles. Il n’a pas négligé un seul des composants de la machine. Je crois même qu’il est allé jusqu’à interroger son esprit. Bizarre… bizarre! Bref, il a conservé la vieille carcasse et tous les éléments encore sains, puis il a remplacé bon nombre de pièces vitales, et finalement, il a arrosée le tout avec quelques louches de mémoire. Parfait! Il ne restait qu’à réinstaller mes programmes favoris, ce qui a été fait, après avoir mis sur orbite la dernière version de windows. Depuis, plus le moindre accroc, tout fonctionne parfaitement. Et pourtant, je ne suis pas content…

Carlos n’y est pour rien. Depuis que je bénéficie des dernières modifications du système d’exploitation, à chaque clic sur internet, et il en faut beaucoup pour naviguer sur les réseaux, pour mon bien, une fenêtre s’ouvre qui me demande d’accepter les conditions d’utilisation et d’accès aux programmes ou aux sites que je souhaite visiter. Il paraît qu’il est possible d’activer une application qui confirme automatiquement notre accord, sans avoir à subir le harcèlement continuel de ces avertissements. Plus besoin de distraitement accepter et  fermer les mises en garde, ouf!… la porte s’ouvre instantanément sur les documents que je souhaite consulter. Pour avoir la paix, chaque jour un peu plus, nous confions aveuglément les décisions que nous avons à prendre à des machines. Ainsi nous vivons comme si ce chantage permanent n’existait pas, comme si c’était une sorte de vaccin contre les contrariétés de la vie moderne. Donc, pas de problème: Tout va très bien madame la marquise, cependant, il faut que je vous dise que je déplore un tout petit rien, un incident, une bêtise… pour utiliser mon ordinateur: J’ACCEPTE TOUT, ET JE LA FERME!

La notion de progrès est toute entière contenue dans les découvertes scientifiques, et la rationalisation forcenée de nos activités, avec l’optimisation radicale du rendement financier en point de mire. Le remplacement de l’homme par les robots et les machines semble être l’un des inéluctables objectifs de ce processus déjà très avancé. Nous le savons presque tous et pourtant nous n’y croyons pas  vraiment! C’est tout naturel. À chaque changement qui nous fait perdre un peu de notre souveraineté (je sais, aujourd’hui ça ne veut plus rien dire), de notre liberté (idem), nos dirigeants et leurs « communicants » nous expliquent de manière péremptoire qu’on ne peut pas faire autrement… ah bon ! Il n’y aurait donc qu’une seule réponse à nos si diverses questions et aspirations ?

Ces vingt dernières années, pour imposer son projet de « meilleur des mondes », la junte de l’hyper-société mondialisatrice qui nous conduit en enfer a mis le turbo. Depuis 2020, elle a même franchi le mur du son. J’ai personnellement croisé quelques membres particulièrement dynamiques de ces destructeurs assermentés de l' »ancien monde ». Gonflés à bloc, ils se déplaçaient à la vitesse de la lumière. C’est dire si les visionnaires sont confiants. Et pour cause, leur dernière mise en scène, le coup de poker coronarien, a parfaitement réussi. Les populations des pays industrialisés, parfaitement encadrées et formatées, découvrent et subissent les effets de la recette d’un produit innovant : la pandémie perpétuelle. Une maladie dont les citoyens européens ont pu apprécier les différents épisodes au fil de rebondissements spectaculaires. Il faut dire que la tâche des marionnettistes contemporains a été facilitée, notamment grâce à Edward Louis Bernays et son livre Propaganda. Théoricien et praticien à succès de la propagande politique et d’entreprise, il y décortique les secrets de l’art de manipuler l’opinion en démocratie, ainsi que ceux de la production du consentement. Ce mode d’emploi pour les gentils bergers du troupeau humain a fait fureur (vous voyez ce que je veux dire), et a grandement contribué a développer la veulerie humaine. Depuis ce modèle a remplacé tous les autres, et il régit nos vies de civilisés éclairés chaque jours un peu plus. Depuis que nous sommes sous l’emprise de l’informatique pour une part sans cesse croissante de nos activités, sous hypnose, la foule sentimentale de la chanson de Souchon marmonne machinalement : oui, j’accepte tout… oui, j’accepte une fois pour toutes. La pandémie perpétuelle, dont nous venons de savourer les prémices, serait-elle le carton d’invitation à vivre dans un zoo sécurisé, tout beau, tout neuf, que des Diafoirus en goguette, associés à des psychopates hallucinés (à vous d’inscrire les noms de vos préférés) nous adressent ? En tous cas, l’affaire est rondement menée. Tu verras ma chère Alice… tu verras mon cher Jean-Pierre, avec ton passeport sanitaire, tu seras logé dans une belle cage, à l’abri des prédateurs, nourri, blanchi, ta santé sera sous contrôle permanent, enfin en sécurité. Quand les conditions statistiques seront favorables, tu pourras même sortir un moment. Ta vie sans mauvaises surprises sera plus longue, beaucoup plus longue, interminablement longue… sur notre terre d’asile psychiatrique.

Assez dormi mes amis1, il est temps de nous révolter contre la perverse dictature qui cherche à s’imposer. Réveillons-nous avant que la réalité ne dépasse la caricature pour longtemps encore, et que le rire ne soit plus qu’une pathétique grimace destinée à se consoler.

Accepter, pourquoi pas ?… mais il faudra apporter des changements au contrat… j’ai bien peur que l’accouchement soit douloureux, et que le troupeau soit encore plus difficile à convaincre que ses maîtres !

En attendant, plus efficace que jamais, mon ordinateur continue à insidieusement m’imposer sa loi. Faudra-t-il que nous divorcions ?

1 Ça ne plaira pas à tous, mais, féministe pratiquant, j’ai renoncé à l’écriture inclusive dans toutes ses ridicules variantes.

 


Aux lecteurs en quête d’humour, je propose quatre minutes et dix-huit secondes en compagnie l’excellent Nathanaël Rochat


Tout va très bien madame la marquise de Ray Ventura

 

LA LIB RECRUTE. PARTAGEZ !

Quand, avec la conviction de l’illuminé foudroyé par la foi, un d’jeun’s comme le rédacteur en chef de La Liberté vous enjoint de partager ses messages, solidaire, vous foncez sans réfléchir : VOUS PARTAGEZ ! J’ai écrit vous, car, depuis que, sur toutes sortes de supports publicitaires, les gentils animateurs de ce quotidien m’ont familièrement demandé: T’as lu la Lib, je ne partage plus la propagande poussive qu’ils distillent. Il m’est déjà arrivé que quelqu’un me demande si j’avais lu La Liberté du jour, mais personne ne m’a jamais interpellé avec un joyeux: T’as lu la Lib.

Cette pitoyable parodie d’un mode d’expression jeune complètement fantasmé doit être efficace car, avec le soutien de la Banque Cantonale de Fribourg, sur le même ton, La Liberté continue à draguer les cerveaux mous avec, affiché au format mondial, le slogan: Fini l’information poubelle sans valeur NUTRITIVE / Mets gratuitement dans ta poche de l’info de qualité jusqu’à la fin de tes études. Cela m’intrigue ! Cette forme parfaite de médiocrité racoleuse séduit-elle vraiment ? Si oui, la Force Opérationnelle (pour les colonisés, la Task Force) du groupe St-Paul qui chapeaute le journal le claironnera: Patience !

Depuis bientôt une année que la dictature sanitaire est au pouvoir, nous avons pu mesurer la valeur nutritive du journal préféré de nos concitoyens. À l’unisson avec les autres médias subventionnés du pays, il nous a inlassablement servi le même menu, fait de peur et de culpabilité sur fond de gluante gentillesse bien-pensante. J’en demande pardon à ceux qui ont aimé les plats qui nous ont été concoctés… je n’ai pas avalé grand-chose, et malheureusement, j’ai tout régurgité. Désolé ! Alors, l’information poubelle, c’est qui, c’est quoi ? En tous cas, de qualité ou pas, je la conserverais ailleurs que dans ma poche.

LA LIBERTÉ… une poubelle près de chez vous. PARTAGEZ !


LA LIBERTÉ PRÈS DE CHEZ VOUS – Technique mixte – JPH – 1976-2008

NÉPOTIQUE BUREAU – Lithographie – JPH – 1976


NÉPOTIQUE BUREAU
Texte de Jean-Christophe Emmenegger

Entre la réalité et la fiction, l’image donne encore quelques informations. Pas de l’imagination sans contrôle ou sans objet, ni l’expression de la nécessité d’exister – car l’idéal apparaîtrait derechef sur un plateau comme la tête de Jean Baptiste. Mais l’image essentielle, artistique, – pour l’appeler encore ainsi, – malgré des tentatives de destruction bien actuelles…

Pour détruire la possibilité de l’image, il n’y a pas d’autre choix que s’attaquer à la surface, miser sur l’épuisement par la répétition, se laisser aller à l’hébétude par l’exacerbation des contraires ou introduire le paradoxe en faveur de la vie qu’est le cri d’agonie.

Mais l’image reste autant possible que ce fond noir comme l’univers sans regard, un fond d’erreur ou de possibilité sans limites. Une tête au carré sécrète, exorbite de façon symbolique deux têtes mieux humanisées et ainsi de suite jusqu’au premier plan dénonçant l’illusion : ces quatre personnages sans beaucoup d’identité propre, rappellent autant les camps de concentration que les clones plus récents. Ils nous regardent et disent «c’est ainsi que nous sommes» à moins qu’ils ne posent la question «est-ce ainsi que vous êtes?»

Malgré cette multiplication classique du népotisme à partir du grand patron carré, symbolique, il reste un espoir avec les nuances d’humanité perceptibles dans les visages au premier plan : ce sont eux qui regardent et qui sont regardés, eux qui ont le plus de présence.

Paru dans le livre [Par défaut…], Jean-Pierre Humbert


J -JPH – 2001

 

LE SEXE DES MOTS

Jean-François Revel (1924-2006)
commente la féminisation des mots :
Byzance tomba aux mains des Turcs tout en discutant du sexe des anges.
Le français achèvera de se décomposer dans l’illettrisme pendant que nous discuterons du sexe des mots.
La querelle actuelle découle de ce fait très simple qu’il n’existe pas en français de genre neutre comme en possèdent le grec, le latin et l’allemand. D’où ce résultat que, chez nous, quantité de noms, de fonctions, métiers et titres, sémantiquement neutres, sont grammaticalement féminins ou masculins. Leur genre n’a rien à voir avec le sexe de la personne qu’ils concernent, laquelle peut être un homme.
Homme, d’ailleurs, s’emploie tantôt en valeur neutre, quand il signifie l’espèce humaine, tantôt en valeur masculine quand il désigne le mâle. Confondre les deux relève d’une incompétence qui condamne à l’embrouillamini sur la féminisation du vocabulaire. Un humain de sexe masculin peut fort bien être une recrue, une vedette, une canaille, une fripouille ou une andouille.
De sexe féminin, il lui arrive d’être un mannequin, un tyran ou un génie. Le respect de la personne humaine est-il réservé aux femmes, et celui des droits de l’homme aux hommes ?
Absurde!
Ces féminins et masculins sont purement grammaticaux, nullement sexuels.
Certains mots sont précédés d’articles féminins ou masculins sans que ces genres impliquent que les qualités, charges ou talents correspondants appartiennent à un sexe plutôt qu’à l’autre. On dit: «Madame de Sévigné est un grand écrivain» et «Rémy de Goumont est une plume brillante». On dit le garde des Sceaux, même quand c’est une femme, et la sentinelle, qui est presque toujours un homme.
Tous ces termes sont, je le répète, sémantiquement neutres. Accoler à un substantif un article d’un genre opposé au sien ne le fait pas changer de sexe. Ce n’est qu’une banale faute d’accord.
Certains substantifs se féminisent tout naturellement: une pianiste, avocate, chanteuse, directrice, actrice, papesse, doctoresse. Mais une dame ministresse, proviseuse, médecine, gardienne des Sceaux, officière ou commandeuse de la Légion d’Honneur contrevient soit à la clarté, soit à l’esthétique, sans que remarquer cet inconvénient puisse être imputé à l’antiféminisme. Un ambassadeur est un ambassadeur, même quand c’est une femme. Il est aussi une excellence, même quand c’est un homme. L’usage est le maître suprême.
Une langue bouge de par le mariage de la logique et du tâtonnement, qu’accompagne en sourdine une mélodie originale. Le tout est fruit de la lenteur des siècles, non de l’opportunisme des politiques. L’Etat n’a aucune légitimité pour décider du vocabulaire et de la grammaire. Il tombe en outre dans l’abus de pouvoir quand il utilise l’école publique pour imposer ses oukases langagiers à toute une jeunesse.
J’ai entendu objecter: «Vaugelas, au XVIIe siècle, n’a-t-il pas édicté des normes dans ses remarques sur la langue française ?». Certes. Mais Vaugelas n’était pas ministre. Ce n’était qu’un auteur, dont chacun était libre de suivre ou non les avis. Il n’avait pas les moyens d’imposer ses lubies aux enfants. Il n’était pas Richelieu, lequel n’a jamais tranché personnellement de questions de langues.
Si notre gouvernement veut servir le français, il ferait mieux de veiller d’abord à ce qu’on l’enseigne en classe, ensuite à ce que l’audiovisuel public, placé sous sa coupe, n’accumule pas à longueur de soirées les faux sens, solécismes, impropriétés, barbarismes et cuirs qui, pénétrant dans le crâne des gosses, achèvent de rendre impossible la tâche des enseignants. La société française a progressé vers l’égalité des sexes dans tous les métiers, sauf le métier politique. Les coupables de cette honte croient s’amnistier (ils en ont l’habitude) en torturant la grammaire.
Ils ont trouvé le sésame démagogique de cette opération magique : faire avancer le féminin faute d’avoir fait avancer les femmes.

 

G – JPH – 2001
ABÉCÉDAIRE – La couverture du coffret – Tout doit être interprété à la lettre, l’imaginaire, le rêve et ses corollaires.

 

ETC…

LE CHOC DES CULTURES –  Technique mixte – JPH – 2006-1982


Bel exemple de clonage thérapeutique :
Avec le noyau d’une cellule de ma peinture intitulée
Phantasme, j’ai éliminé tout ce que cette œuvre incluait de dégénérescence morale et picturale. L’image ainsi régénérée s’est d’abord prénommée Le choc des civilisations. Mais, y a-t-il encore civilisation lorsqu’il y a choc? Finalement, j’ai opté pour Le choc des cultures. Tous les historiens vous le diront, la culture vaut bien un petit choc. Mais qu’importent ces tergiversations langagières quand tous les moyens et tous les prétextes sont bons pour guerroyer sans retenue.

Voir plus s’il y a mésentente !

 

PHANTASME –  Peinture – JPH – 1982


NE RATEZ PAS LA PRÉSENTATION DE NENAD ANDRIC !


Dans le cadre de l’exposition
HILANDAR le LAMENTO

Peintures et gravures de BRANISLAV MAKES

Monsieur Nenad Andric vous dévoilera
quelques secrets du monastère serbe Hilandar au Mont Athos
Dimanche 27 septembre 2020 dès 15 heures,
pendant une vingtaine de minutes

Ouvert du vendredi 11 septembre au dimanche 11 octobre 2020
vendredi et samedi de 14 à 18 heures,
et dimanche de 14 à 17 heures

Plus d’informations:
https://jphumbert.ch/hilandar-le-lamento/3577/

CONTRASTE GALERIE / Atelier JPH
Ruelle des Cordeliers 6 – CH-1700 Fribourg
078 875 96 66 – www.jphumbert.ch