Nef des fous

La Nef des Fous, le carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

La nef des fous ... Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres et voyagez au long cours en position assise … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage...

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Nef des fous

La Nef des Fous, le carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

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La nef des fous
Carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

Nouvelles

Avec les stands des artisans, des animations, des concerts et dès 17 heures, le traditionnel cortège; les festivités de la St-Nicolas de Fribourg, organisées par les élèves du Collège St-Michel, auront lieu le samedi 7 décembre 2019. Vous trouverez le programme officiel en cliquant sur ce lien :  https://www.st-nicolas.ch/fr.

Depuis 20 ans, la Galerie Contraste participe à la fête. Elle sera ouverte le 7 décembre de 11 à 18 heures.

Quand, dans la cohue, vous aurez fait dix fois le tour du marché de la Saint-Nicolas, nous vous suggérons de vous encorder et de grimper en face du Musée Tinguely, jusqu’au numéro 6 de la ruelle des Cordeliers.

EXPOSITION – Jean-Pierre HUMBERT – Réchauffement esthétique… suite


SAINT-NICOLAS, le retour – Peinture – JPH – 2013

 

UN PEU D’HISTOIRE…

Chaque année, le Collège St-Michel met en vente sa carte de la St-Nicolas. Les bénéfices de cette entreprise contribuent au financement de la fête. La carte est  l’œuvre de l’élève vainqueur du concours de dessin organisé par l’institution. Feu Louis Dietrich, qui fut professeur et proviseur au Collège St-Michel, avait collectionné et documenté toutes les cartes éditées depuis la première parue en 1906. Ses enfants et petits-enfants on pris le relais. En 2013, pour le lancement du site internet https://www.cartes-saint-nicolas.ch/, avec leur soutien, la Galerie Contraste avait organisé une belle exposition d’une partie de ces cartes. Depuis, chaque année dans un endroit différent, la famille Dietrich organise, avec talent et succès, une exposition originale de la collection. À voir du 14 novembre 2019 au 4 janvier 2020 à la Bibliothèque de la Ville de Fribourg – Renseignements :  https://www.ville-fribourg.ch/bibliothequeVisite commentée par Jacques Dietrich le 4 décembre 2019 à 12:30.

Copié sur le site de la collection Dietrich, j’ai reproduit, ci-dessous, le texte de présentation historique de la fête et de la publication des cartes de la St-Nicolas.

Galerie Contraste – décembre 2013 – Exposition de la collection Dietrich de cartes de la St-Nicolas

 

DU GRAND SAINT NICOLAS, CÉLÉBRONS LA MÉMOIRE …

… Sur l’éclat de sa vie ayons toujours les yeux
Par plus d’une victoire, vivant dans ces bas-lieux
Il mérita la gloire
Des Cieux !
C’est ainsi que commence la  traditionnelle Complainte qui rythme depuis toujours la solennelle démarche du cortège de la Saint-Nicolas à Fribourg. D’ailleurs, dans l’approche grise de ce premier samedi de décembre, les écoles ont déjà résonné aux accents de la vigoureuse chanson de l’Abbé Joseph Bovet (1879-1951):
C’est l’hiver tout est glacé
Novembre est bientôt passé
Entonnons un tra-le-ra-la-la,
Elle arrive  la Saint-Nicolas !
Simultanément apparaissent dans les rues, ou sur notre palier, de jeunes collégiens qui nous proposent d’acheter la carte de la Saint-Nicolas. C’est à cet humble témoignage artistique qu’est consacrée cette collection. Mais commençons d’abord par un bref

RAPPEL HISTORIQUE

La célébration particulière et publique de la Saint-Nicolas s’explique naturellement par le fait que le thaumaturge évêque de Myre, qui assista au Concile de Nicée en 325, fut le patron de la Ville de Fribourg dès sa fondation par le Duc Berthold IV de Zaehringen, en 1157. Il existait déjà sur cet emplacement une bourgade et une chapelle dédiée à Notre-Dame. Plus proche du château que construisait le Duc, est attestée une église dédiée à Saint Nicolas dont quelques bribes des fondations retrouvées remontent à 1178. La ville se développa rapidement, Berthold IV ayant accordé aux bourgeois des franchises intéressantes.

Il fallut donc donner à ses habitants une église plus grande et plus belle, tout en conservant le même Saint Patron. Elle fut consacrée en 1182 par l’Évêque Roger de Lausanne. Nouvelle étape dans l’histoire de Fribourg en 1277 où la ville passa sous la domination de l’Empereur Rodolphe de Habsbourg. A son instigation, la première pierre d’une église plus vaste fut posée en 1283, signe d’une augmentation du nombre des habitants. La construction durera un peu plus de deux cents ans : c’est, compte tenu des rénovations périodiques, l’actuelle cathédrale de Saint Nicolas, d’où part toute l’histoire de sa fête patronale.

Dès le Haut Moyen Âge, la liturgie avait accentué l’aspect théâtral des rites religieux chrétiens. La population dans son ensemble étant illettrée, il fallait trouver d’autres moyens que le texte pour instruire les fidèles et graver dans les esprits des attitudes conduisant à la prière. C’est ainsi que les vitraux racontent l’Évangile tout en laissant entrer la lumière sous  les sombres voûtes de pierre. Ainsi, des scènes tirées des Saintes Écritures sont-elles jouées sur le parvis des cathédrales, et c’est la naissance du théâtre dans l’Occident chrétien. Ainsi encore, des cortèges de saints personnages étaient organisés pour préparer, ou suivre, la célébration liturgique. Ils coïncidèrent rapidement avec des manifestations très laïques accompagnées de réjouissances populaires.

C’est le cas à Fribourg du cortège des jeunes filles à la Sainte-Catherine (25 novembre) ou de la Marche à l’Étoile qui déroulait ses fastes militaires et ses astuces mécaniques sur la Place Notre-Dame à l’occasion de l’Épiphanie. C’est le cas aussi du Cortège de la Saint-Nicolas, qui naquit de la grande Foire médiévale du début de l’hiver, appelée fort opportunément “Foire aux étrennes”. Habituelle à l’époque dans tout chef-lieu commerçant, elle ressemblait fort à ces ” Marchés de Noël ” que l’on fait revivre un peu partout de nos jours. Des lanternes et des flambeaux éclairaient de petites baraques à l’auvent rabattu. Les marchands y étalaient des biscômes et des jouets qu’achetaient les parents. Ces derniers maintenaient les tout petits dans l’idée que le Saint viendrait en personne leur apporter des cadeaux.

Avant de se coucher, les enfants préparaient un peu de foin et de sel pour l’âne. Quant au cortège, il fut d’abord une procession à la sortie de la grand-messe. Le même après-midi, défilaient les enfants des écoles dont quelques-uns étaient costumés de manière à représenter Saint-Nicolas, son porte-crosse et un diacre d’honneur. Venaient ensuite les coralis ou membres de la petite maîtrise de Saint-Nicolas, chantant des hymnes et des cantiques. Il y avait aussi des musiciens jouant de la trompette. La procession faisait trois fois le tour de l’église puis parcourait les rues de la cité. De temps en temps, le pseudo-évêque donnait sa bénédiction et disant « Pax et benedictio super hanc urbem et super omnes habitantes in ea ». (Paix et bénédiction sur cette ville et sur tous ses habitants). La cohabitation d’une Foire et d’un saint cortège ne fut pas facile, les excès de l’une faisant du tort à l’autre. C’est ainsi qu’un édit du Petit Conseil de Fribourg, du 3 décembre 1764, frappa d’interdit toute céleste présence parmi les excès des ivrognes et les débordements moraux entraînés par les mouvements d’une foule commerçante en goguette. Le cortège fut supprimé ! Mais le « Marché aux étrennes » subsista et les croyances enfantines avec lui.

RENAISSANCE DE LA TRADITION

Assez rapidement, la Foire reprit ses droits sans référence religieuse et dans le plus grand désordre : elle devint une sorte de fête de la jeunesse. Ce soir-là, tous les élèves externes du Collège se trouvaient dans les rues, de même d’ailleurs que les gentes demoiselles si étroitement tenues à l’écart tout le reste de l’année. D’où les cris : « Achetez des verges pour fouetter les filles » et les actions bénignes ou plus violentes qui s’ensuivaient. Mais cette animation plaisait assez à un vaste public.

Plus sagement, au Collège Saint-Michel, fondé par Pierre Canisius dans la mouvance de la contre-Réforme en 1582, la fête reprit ses droits parmi les élèves de l’Internat : la soirée était agrémentée de prestations théâtrales et musicales, et surtout, les élèves jouissaient ce soir-là d’un droit à la satire vis-à-vis de leurs professeurs . Ils montaient une sorte de Revue au cours de laquelle Saint Nicolas en personne remettait des cadeaux dérisoires (un  rasoir, par exemple, à un professeur jugé trop ennuyeux !) Il est difficile de fixer l’année où commença cette coutume. Nous possédons le programme de la Saint-Nicolas 1895, fort bien dessiné, mais la tradition était à ce moment-là déjà ancienne et bien rodée. Cette précision  n’est pas étrangère  à notre sujet, car nous allons rencontrer, dans la collection, des années où paraissent deux cartes, l’une « officielle » et l’autre destinée à la Fête de l’Internat. D’autre part, il est vraisemblable que la reprise du cortège en ville ne soit pas étrangère à l’esprit qui régnait dans les classes du Collège, où les élèves internes devaient sans doute raconter leurs exploits.

C’est donc ainsi qu’à l’approche de l’hiver 1906, un groupe d’étudiants du Collège Saint-Michel ressentit l’envie de faire revivre l’antique tradition. Ils se préparèrent dans le plus grand secret, pensant organiser une farce, et redoutant que la Direction du Collège ne la trouve pas à son goût. Contrairement à leur crainte, un immense  succès couronna leur initiative. Comme ils étaient élèves de la sixième classe du Gymnase, appelée “Classe de rhétorique”, cette classe-là fut traditionnellement, puis officiellement, chargée d’organiser la manifestation. Le premier cortège eut donc lieu le samedi 8 décembre 1906.Actuellement, la coutume, avec quelques ajouts au cours des ans, se déroule de la manière suivante :
Le premier samedi de décembre, à la tombée de la nuit, soit vers 17 h.15, un cortège quitte les hauteurs du Collège. Il est ouvert par un groupe de musiciens de la Fanfare du Collège. Suit un ensemble de fifres et tambours dont les airs alternent avec le chant de la Complainte, interprété par de jeunes adolescents.  Saint Nicolas monté sur son âne est entouré de deux porteurs, dont les hottes sont emplies de biscômes : il y puise généreusement pour lancer cette variante locale des pains d’épices sur la foule en joie. Figurent aussi en costumes l’ânier et le boucher sorti tout droit de la légende des trois enfants ressuscités. N’oublions pas les Pères Fouettards chargés de résister à la pression de la foule. Tout le cortège est entouré de torches, portées par des collégiens et, depuis peu, par des collégiennes.

Après un long parcours dans les rues de la cité, on arrive à la Cathédrale. C’est là que la Fête atteint son sommet : Saint Nicolas adresse à la foule un discours chargé d’actualité du haut de la terrasse devant la grande rosace gothique. Un jeu de lumières le met en valeur.  Spectacle magnifique pour une foule qui se serre au coude à coude sur la place et dans les rues avoisinantes. (Notons que Saint Nicolas est, à Fribourg, la seule personne à utiliser cette terrasse.)
Depuis bientôt trente ans, l’Évêque du Diocèse rencontre son homologue d’un jour sous le porche de la cathédrale. Il le salue d’une cordiale poignée de main, voire d’une accolade, avant d’inviter tous les enfants à une messe célébrée pour eux à l’intérieur du sanctuaire.

Louis Dietrich

 

DÉCEMBRE À FRIBOURG – Gravure – JPH – 1997 

VALEUR AJOUTÉE – JPH – 1996 – Technique mixte

Les publications à compte d’auteur ont mauvaise presse. L’écrivain, poète, peintre, photographe, philosophe, paie la publication de son projet de ses propres deniers. Les plus prudents confient, à leurs frais, leur œuvre à un éditeur pratiquant le compte d’auteur. Les inconscients, eux, s’occupent de tout: création, impression, diffusion, et si leur ouvrage ne se vend pas, bien sûr ils casquent. Hommes ou femmes, les auteurs qui ont recours à ce modèle d’édition sont généralement regardés avec condescendance.

Qu’en est-il des publications assumées par des éditeurs réputés, des éditeurs sérieux, des éditeurs qui choisissent leurs auteurs ? Qu’ils soient médiocres ou géniaux, ces derniers changent de statut. Généralement, ils abandonnent leur costume de clown pour revêtir une tenue digne d’eux-mêmes, le prestige de leur condition est tel qu’ils pourraient avantageusement se permettre de s’exhiber à poil.

Comment fonctionnement les maisons d’édition officielles ? En Suisse, dans ce milieu, nous avons affaire à des personnes circonspectes, précautionneuses. Des entrepreneurs respectables et responsables qui comptent parfois avec l’apport financier qu’amène le lectorat, quand l’auteur en a un, et régulièrement avec l’apport de subsides étatiques ou privés. Ces subsides financent occasionnellement le travail de l’auteur, souvent celui de l’éditeur, et quelques fois, les deux. Si vous lisez l’impressum des livres publiés, vous constaterez avec plaisir que, lorsqu’ils ont massivement bénéficié des mannes publiques et privées, ils sont fréquemment imprimés à l’étranger. Dans un tel système, on pourrait se demander pourquoi les imprimeurs et les relieurs devraient affronter la concurrence sans aucune aide ?

Revenons en au sujet. En résumé, l’édition à compte d’auteur implique un engagement financier total de l’auteur, alors que, pour maintenir la voilure et le rythme, l’édition officielle s’appuie largement sur un financement institutionnel en grande partie constitué par l’impôt. Bien sûr, le succès d’un ouvrage édité à compte d’auteur est plus lucratif. Mais il survient aussi rarement qu’aux publications stipendiées.

Si vous êtes abonnés à mon blog, et si vous recevez mes messages par la poste ou par courrier électronique, vous savez qu’en 2018, les éditions Contraste ont publié une monographie intitulée ANACHRONIQUES Jean-Pierre HUMBERT  Dessins, peintures, gravures, lithographies, sérigraphies, vitraux, mosaïques, objets, écriture. Il y a même de bonnes chances que vous ayez commandé l’une ou l’autre version de cet ouvrage et je vous en remercie. Lorsque j’ai décidé de le publier, j’ai proposé mon projet à des éditeurs institutionnels de notre pays. Intéressés par cette aventure qui promettait une belle course d’obstacles financiers, ils voulaient bien se lancer à condition que nous entamions, chacun de son côté, la frénétique danse rituelle du requérant en arts en tous genres. Dans ces conditions, j’ai renoncé à collaborer avec ces éditeurs bien qu’ils soient très compétents et très sympathiques et que la diffusion du livre aurait certainement été meilleure qu’elle ne l’est. Évidemment, ils ne sont pas responsables du fait que je ne supporte plus le bal ridicule de la mendicité imposée par des fonctionnaires, principaux bénéficiaires du financement de la “culture”. Mon évocation de ce monde et de ce système s’arrête là. N’empêche, il y aurait matière à entreprendre une enquête dont l’intrigue ne pourraient qu’être tragi-comique..

Pour produire mon livre, j’ai finalement choisi les Éditions Contraste, dont je suis le principal animateur. Il s’agit en conséquence d’une affaire à compte d’auteur et à compte d’éditeur, puisque je n’ai sollicité aucun subside et que, comble d’arrogance, j’ai fait imprimer le livre à l’imprimerie St-Paul à Fribourg en Suisse.

Le temps des cadeaux revient en force. Pris dans le courant, je vous informe qu’il reste encore quelques exemplaires de mes ANACHRONIQUES à vendre. Pour commander : en ligne – https://jphumbert.ch/publications/livres/anachroniques ou par e-mail info@jphumbert.ch et à emporter à la Galerie Contraste à la ruelle des Cordeliers 6 à Fribourg (Pour être sûr de m’y trouver, appelez le 078 875 96 66 avant de venir).

 

V – JPH – 1998 – Technique mixte

Cinq décennies de cheminement artistique s’achèvent et l’artiste ne semble pas encore être arrivé à son but. Il cherche, peaufine et réinvente toujours. Entre dessin peinture et estampe, Jean-Pierre Humbert ne cesse de créer. Cinq décennies d’évolution et de transformation durant lesquelles la vie marque, module et disparaît. Quel artiste n’a su si bien faire évoluer ses œuvres, faire découvrir au public curieux qui s’aventure dans sa galerie tout le panel des techniques picturales et leurs effets sur le regard et la pensée? Irenka Krone-Germann, Réinventer l’art au travers les générations

EN VENTE SUR MON SITE AINSI QU’À LA GALERIE CONTRASTE

ANACHRONIQUES Jean-Pierre HUMBERT
Dessins, peintures, gravures, lithographies, sérigraphies,
vitraux, mosaïques, objets, écriture

Contraste Éditeur

PLUS D’INFORMATIONS – COMMANDE

ÉDITION COURANTE
256 pages au format 23 x 32.5 cm
Impression offset couleur sur du papier satiné de 150 g/m2
Plus de 200 illustrations et des textes de J-P Humbert
CHF 95.- + Frais de port et d’emballage

ÉDITION DE TÊTE
Le livre est accompagné d’une estampe créée pour l’occasion.
Cette œuvre est tirée à 47 exemplaires, numérotés et signés de 1/47 à 47/47
CHF 250.- Port et emballage inclus


Ascenseur pour le paradis – Peinture acrylique –  JPH – 2017


Le triomphe du conformisme – Peinture acrylique –  JPH – 1988


La pause – Technique mixte –  JPH – 2005-2001

Vendredi 27 et Samedi 28 septembre 2019
de 10 à 12h et de 14 à 18h30
Galerie Contraste – Ruelle des Cordeliers 6 – 1700 Fribourg
078 875 96 66 – info@jphumbert.ch – www.jphumbert.ch

Grand chambardement dans mon atelier et à la galerie contraste. Je fais le ménage et je me sépare du matériel que je n’utiliserai plus, ainsi que de certaines œuvres de ma collection. Pour ce qui est du matériel, j’ai joint quelques photos qui donnent une idée du genre d’objets mis en vente. En ce qui concerne les œuvres de ma collection vous les découvrirez lors de votre passage à la galerie.

À voir aussi : Mes dernières créations ainsi que les projets et les travaux en cours de réalisation

Ci-dessous: DÉGÂTS COLLATÉRAUX – JPH-2013 – Technique mixte


Pied de nez – sérigraphie – Jean-Pierre Humbert – 1984

 

Égalité de genre ou genre d’égalité?

26 mai 2019 | Enfumages, Eric Werner / Antipresse

Les comités néo féministes, en coordination avec les autorités, se mobilisent le 14 juin prochain pour paralyser les villes suisses. Les hommes, ce jour-là, devront raser les murs. On inaugure la guerre des sexes. Mais à quelle iniquité réelle répond cette campagne?

Dans la Démocratie en Amérique, Tocqueville dit que la passion égalitaire varie en raison inverse de l’importance des inégalités qu’elle vise à éradiquer.

Ce théorème prend place dans un chapitre consacré à la question ethnique aux États-Unis, mais il est aisément transposable en d’autres domaines. Il est bien connu, par exemple, que c’est quand les inégalités sociales diminuent que les gens y sont le plus sensibles. Les historiens nous disent par ailleurs que les périodes où les salaires progressent le plus sont en même temps celles où il y a le plus de grèves. D’une manière générale, quand les inégalités sont extrêmes, les protestations qu’elles suscitent sont faibles, voire inexistantes. Elles atteignent en revanche un niveau élevé quand elles sont sur le point de disparaître. On ne dit même pas ce qui se passe quand (juste retour des choses) elles commencent à s’inverser. Le niveau est alors maximum. Entre ces deux extrêmes, il y a tous les positions intermédiaires.

Combats d’arrière-garde

Comment n’en irait-il pas de même dans le rapports hommes-femmes ? Une «grève des femmes» est ainsi programmée pour le 14 juin prochain en Suisse. Les médias mainstream, qui mènent le bal, prévoient d’ores et déjà une mobilisation sans précédent. Tocqueville dirait: sans précédent ? C’est tout à fait normal, puisque, comme vous le constatez, les inégalités de genre n’ont plus aujourd’hui en Suisse qu’un caractère résiduel. Elles n’ont pas encore complètement disparu, je vous le concède. Il en subsiste encore certaines traces. Mais elles sont en voie (d’ailleurs rapide) de disparition. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que le degré de mobilisation atteigne un très haut niveau. Les victimes de discriminations ne se croient jamais à ce point discriminées que quand elles ont pour ainsi dire cessé de l’être.

En ce sens, les gens qui en appellent aujourd’hui à la «grève» pour protester contre le «patriarcat», le «mâle dominateur», etc., sont en retard d’un train. Ils veulent monter dans le train, sauf que le train est déjà passé, et même depuis longtemps. Ils ne font donc que jouer au train, jouer à monter dans le train. Ils miment maladroitement une démarche qui aurait pu (et sans doute dû) être celle de leurs grands et arrière-grands parents, mais qui justement (et pour cause) n’a jamais été la leur. J’excepte ici une ou deux personnes de grand mérite. Il y a toujours des exceptions. Je pense en particulier à l’une de mes grands-tantes: elle, oui, a eu cette démarche. C’était une non-conformiste assumée, elle ne se préoccupait guère du qu’en dira-t-on. Le train passait, sans hésiter elle est montée dedans. Avec quelques autres, certes, mais ils n’étaient pas bien nombreux, soyons honnêtes.

Je ne sais ce que les médias de l’époque disaient des féministes, mais il n’y a pas de raison de penser que les médias d’il y a cinquante ou cent ans étaient moins opportunistes que ceux d’aujourd’hui.

On peut se voiler à soi-même à la réalité, lui substituer ses propres fantasmes, ou encore l’idéologiser. Mais si on ne fait rien de tout cela, on bute sur un certain nombre de faits. Il a vraiment bonne mine, le «patriarcat». Le patriarcat des petit boulots, peut-être? De la quête de plus en plus difficile du premier emploi ? De l’accès plus difficile encore à l’autonomie (vous rêvez d’y accéder, en fait vous n’y accéderez jamais)? De la précarité généralisée (elle n’épargne aujourd’hui personne : pas plus au haut qu’au bas de l’échelle sociale)? De l’assujettissement à l’État total?

Regardons par ailleurs ce qui se passe aujourd’hui dans les universités, et en amont déjà dans les écoles. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Pour diverses raisons (dont les moindres ne sont assurément pas les mesures de discrimination positive prises à leur intention), les filles sont aujourd’hui beaucoup plus nombreuses que les garçons à poursuivre leurs études au niveau post-obligatoire, puis universitaire. Sauf en certains secteurs très limités, la proportion d’étudiantes dans la population universitaire est très largement supérieure à celle des étudiants (58% en France, par exemple). Ce qui signifie que les élites de demain seront très largement aussi féminines.

Pourquoi non? C’est en soi peut-être une bonne chose. Mais elle désigne en creux une réalité qui l’est beaucoup moins: l’actuel «effondrement scolaire des jeunes garçons»(1). Effondrement est en effet le mot qui convient. C’est un phénomène de grande ampleur, mais comme tous les phénomènes comparables, s’inscrivant en-deçà du seuil de perception. Certains spécialistes en parlent, mais leurs propos se perdent dans le vide. On n’a pas non plus tellement l’impression que les innombrables «bureaux de l’égalité» qui prospèrent et fleurissent aujourd’hui à tous les échelons de l’administration s’en émeuvent particulièrement. Il est vrai qu’ils sont très majoritairement, sinon même, exclusivement, composés de femmes. La cause des femmes est une chose, l’égalité une autre.

La sexualité, un mal en voie d’éradication

Les deux tomes de la Démocratie en Amérique datent respectivement de 1835 et de 1840. Un siècle plus tard, dans les Deux sources de la morale et de la religion, son dernier grand livre, paru en 1932, le philosophe Henri Bergson relève: «Toute notre civilisation est aphrodisiaque. Ici encore la science a son mot à dire, et elle le dira un jour si nettement qu’il faudra l’écouter : il n’y aura plus de plaisir à tant aimer le plaisir. La femme hâtera la venue de ce moment dans la mesure où elle voudra réellement, sincèrement, devenir l’égale de l’homme, au lieu de rester l’instrument qu’elle est encore, attendant de vibrer sous l’archet du musicien. Que la transformation s’opère: notre vie sera plus sérieuse en même temps que plus simple. Ce que la femme exige de luxe pour plaire à l’homme et, par ricochet, pour se plaire à elle-même, deviendra en grande partie inutile. Il y aura moins de gaspillage, et aussi moins d’envie»(2).

C’est un autre angle d’approche. Bergson articule la question de l’égalité hommes-femmes à celle de la place qu’occupe le sexe dans notre société : place qu’il juge excessive. «Toute notre civilisation est aphrodisiaque», dit-il. L’égalité hommes-femmes pourrait peut-être contribuer à la rendre moins aphrodisiaque. C’est intéressant comme remarque. Elle n’est pas forcément fausse. Il est effectivement possible que sur le long terme l’égalité de genre ait pour conséquence de rendre les êtres humains (hommes et femmes) moins captifs du sexe. On le souhaiterait pour eux en tout cas (ce serait la position chrétienne: quand Bergson dit que la place qu’occupe le sexe dans notre société est excessive, il s’inscrit dans la ligne du christianisme des origines(3)). Sauf que, pour l’instant au moins, ce n’est pas exactement ce qu’on observe.

Il est vrai que l’accès à la femme devient aujourd’hui, pour l’homme, de plus en plus difficile (et dans certains pays, même, carrément risqué. Même en boîte, cela ne se fait pas d’adresser la parole à une femme. Tout au plus y a-t-il échange de regards. Et encore. Les procureur-e-s sont très attentifs à tout cela). Cela se reflète dans la proportion croissante de célibataires et d’une manière générale de personnes vivant seules au sein de la population. Corrélativement aussi dans la baisse de la courbe des naissances. Pour autant, peut-on dire que notre civilisation soit moins «aphrodisiaque» qu’elle ne l’était autrefois? L’explosion actuelle de la pornographie sur Internet introduit déjà un doute. Il y aurait lieu également de parler de l’homosexualité. A certains égards, l’homosexualité joue aujourd’hui un rôle de «deuxième navigation» (pour reprende une expression platonicienne). C’est une sexualité de recours (encouragée, d’ailleurs, par l’Etat). Beaucoup d’homosexuels actuels sont en fait des hétérosexuels «empêchés».

Bref, je demande à voir. Quand Bergson dit que le sexe nous complique la vie, on ne saurait que lui donner raison. Il nous la complique même passablement. Je ne suis pas sûr en revanche que l’égalité de genre contribue beaucoup, quant à elle, à la simplifier. C’est juste une opinion.


NOTES
– J’emprunte cette expression à Marcel Gauchet (cité in Tribune de Genève, 7-8 juillet 2018, p. 11).
– Henri Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion, Genève, Éditions Albert Skira, 1945, p. 289.
– «La mutation anthropologique chrétienne est une totalité (…) : chasteté, féminisme, monogamie absolue, exogamie radicale, marchent de conserve.» (Emmanuel Todd, Où en sommes-nous ? Une esquisse de l’histoire humaine, Seuil, 2017, p. 130).

QUAND LE TROU NOIR A-T-IL RÉELLEMENT SURGI DANS NOS VIES ?

Aux yeux du monde ébahi, le 10 avril 2019, il n’y avait aucune actualité susceptible de rivaliser avec la galaxie M87. Vous n’avez pas pu le rater, ce rond sombre au milieu d’un halo flamboyant. Il faut dire que la communication avait été soigneusement orchestrée. Présenté lors de six conférences de presse simultanées à travers le globe, le premier monstre cosmique à s’être laissé capturer a été débusqué au centre de la galaxie M87, à environ 50 millions d’années-lumière de la Terre. Soit à 500 millions de milliards de kilomètres.  Le diamètre de cet «objet» est de 40 milliards de kilomètres – l’équivalent de 3 millions de fois celui de la Terre.

Mais, le trou noir a réellement surgi dans nos vies en 1978 comme vous pouvez le constater sur la représentation que j’en ai fait et qui est ci-dessous reproduite. Un instantané rare à voir actuellement au Musée de Morat.

RÉCHAUFFEMENT ESTHÉTIQUE
EXPOSITION Jean-Pierre HUMBERT
Musée de Morat – https://www.museummurten.ch/fr/

Mardi à samedi: 14 – 17 heures
Dimanche: 10 – 17 heures
Ouvertures spéciales sur demande


JPH – Technique mixte – 2019-2004-1996 – Carnaval

ANACHRONIQUES Jean-Pierre HUMBERT – Le livre
Contraste Éditeur – Ruelle des Cordeliers 6 – 1700 Fribourg
Plus d’informations – Commande


CROISSANCE – EXCROISSANCES  – JPH – 2016 – Technique mixte

Dans mes œuvres, je suis présent comme le fantôme qui hante votre maison. Invisible, discret, abandonné, je cultive l’illusion que j’existe vraiment. Silencieuses, mes apparitions ont la forme des images que je produis. Je vagabonde dans les paysages que je compose, je traverse mes foules, je joue à espérer. Bien sûr, cette inutile et mystérieuse errance aura une fin et, qui sait, une raison d’être. Ténue, cette lueur d’espoir explique peut-être mon activité picturale.

«Croissance – Excroissances», tel est le titre de l’estampe que j’ai réalisée en 2016 pour les membres de l’Association Galerie Contraste. Dans un décor qui semble inhabité, la ville de Gruyères et son Château, trônent au milieu d’un fatras de routes désertes en ruines, comme des mirages d’un lointain passé. A quelle époque sommes-nous ? Cet immeuble gigantesque qui barre et englobe le mythique paysage gruérien, qui abrite-t-il ? Quand a-t-il été construit ? Cet étrange mélange fait d’hier et d’après-demain: fiction, réalité, projection ? Par son ambiguïté, cette image pose plus de questions qu’elle ne donne de réponses. C’est précisément l’endroit où je me cache. J’évite ainsi toute forme d’affrontement. Comme un fantôme, je vois tout, je sais tout, et, enveloppé dans un halo paradoxal, je montre tout, puis j’attends la réaction du spectateur. J’attends qu’il dissipe le brouillard et les malentendus dont j’ai lâchement enrobé mon tableau. J’attends qu’il interprète ma partition. Pour jouer cette partie de cache-cache, il suffit de scruter attentivement l’œuvre, d’y pénétrer et de s’y perdre. Peu s’y sont risqués. Ignorants ou érudits, aucun d’eux ne m’a déçu. Si personne ne m’a trouvé, tous se sont révélés, dévoilés… à leur insu.

RÉCHAUFFEMENT ESTHÉTIQUE – EXPOSITION Jean-Pierre HUMBERT
MUSÉE DE MORAT – https://www.museummurten.ch/fr/

ANACHRONIQUES Jean-Pierre HUMBERT – Le livre
Contraste Éditeur – Ruelle des Cordeliers 6 – 1700 Fribourg
Plus d’informations – Commande

Ci-dessous, le lien sur l’article de Joel Rathgeb consacré à mon exposition RÉCHAUFFEMENT ESTHÉTIQUE :
https://murten.unsereregion.ch/kultur/574-dramaturgie-natur-und-moderne-die-wechselausstellung-asthetische-erwarmung-von-jean-pierre-humbert.html

INVITATION
Fondation du Musée de Morat
Le Conseil de fondation et la direction
du musée ont le plaisir de vous inviter au
vernissage de l’exposition

JEAN-PIERRE HUMBERT
Réchauffement esthétique
le samedi 16 mars 2019 à 18 heures

EINLADUNG
Stiftung Museum Murten
Der Stiftungsrat und die Museumsleitung laden
Sie herzlich ein zur Eröffnung der Ausstellung

JEAN-PIERRE HUMBERT
Ästhetische Erwärmung
am Samstag, 16. März 2019 um 18 Uhr

 


La couverture de la revue d’art accrochage


L’article de Madame Monique Durussel

GALERIE CONTRASTE
Ruelle des Cordeliers 6 – FRIBOURG
078 875 96 66 – info@jphumbert.ch

La galerie sera ouverte du 13 au 22 décembre 2018 du jeudi au samedi de 14 à 18 heures. Également sur rendez-vous

EXPOSITION d’un choix de mes œuvres récentes et d’œuvres éditées par la Galerie Contraste ainsi que dédicace et vente de ma monographie ANACHRONIQUES Jean-Pierre Humbert

Pour commander le livre par internet: https://jphumbert.ch/publications/livres/anachroniques/

 

 

 


LA PENSÉE DE BOIS -JPH- 1999 – Technique mixte

Hier, pour remettre au pas une mèche rebelle, je me suis regardé dans le grand miroir qui trône à gauche de la porte de sortie de ma maison. Il me réservait une étrange surprise. À moi qui ne porte jamais le moindre couvre-chef, il renvoyait l’image d’un homme coiffé d’un chapeau pourvu d’un tronc très haut de forme agrémenté de ramifications pourvues de branches aux pointes acérées. Des pointes qui ne demandaient qu’à passer pour des cornes. Je ne me suis pas reconnu. Intrigué, angoissé, dubitatif, j’ai scruté et interrogé la glace.

Si ce n’est pas moi, qui est-ce ?

Lentement, j’ai compris le message et tout ce qu’il révélait … bien sûr, si ce n’était pas moi, c’était donc vous. Vous qui aimez les accents onctueux de la langue de bois, vous qui répétez, avec un élégant brin d’arrogance, le sirupeux mensonge de vos maîtres et de leurs porte-voix. Vous, chers et bienheureux amis, qui préférez la quantité à la qualité. Vous, amateurs passionnés du pain et des jeux qui vous sont généreusement offerts par d’aimables vendeurs de publicité. Vous, éternels enfants, à qui d’astucieux manipulateurs ont inoculé le virus de la pensée de bois. Une pensée que les dialecticiens de la mondialisation arrosent consciencieusement de discours aux arguments lénifiants. Une pensée qui, quoi qu’il se passe, vous permet infailliblement de choisir le bien, qui vous impose de mépriser et d’écraser le mal. Une pensée rassurante, dotée d’un accès direct au cerveau, qui vous susurre que vous détenez la vérité. Une pensée qui vous évite le difficile effort de la réflexion et vous donne tous les droits. Un immense et réconfortant mensonge qui fait du bien.

Je n’ai pas de chance. Après la révélation faite à Moïse à l’intérieur du Buisson Ardent qui brûle sans jamais se consumer, voici qu’un miroir me confirme, en exclusivité, les soupçons des complotistes les mieux informés. C’est le moment d’écraser, de se taire, d’accepter de se faire tondre pour le bien commun de quelques petits malins. Je n’arrive pas à y croire, me voici empêtré dans une affaire à être interné en clinique psychiatrique comme au bon vieux temps du communisme et du matérialisme dialectique. Décidément, il faut se méfier du matérialisme. Dialectique ou pas, ses effets à long terme sont toujours les mêmes.

Je vous livre, ci-contre, le portrait de l’homme à la pensée de bois qui, depuis hier, squatte mon plus beau miroir. Il y a peu de chance que vous vous reconnaissiez, mais méfiez-vous quand même. Peut-être que vous n’êtes pas celui ou celle que vous pensez.


Technique mixte – Texte et dessin JPH – 2002-2007

Deux arbres généalogiques se rencontrent.
Ils papotent, font des projets.

Pour s’associer, faire des petits,
Il faudra assainir, couper quelques branches.

Texte de Bogdan Krsic – 24 mai 1932 – † 21 octobre 2009

Jean-Pierre fait partie du cercle des artistes sensibles au message engagé et toujours d’actualité de cette grande œuvre de la Renaissance qu’est “La nef des fous” de Sébastian Brant, version populaire du savant traité “Eloge de la folie” d’Erasme de Rotterdam. De Hieronymus Bosch, Pieter Brueghel, Albrecht Dürer et Hans Holbein aux artistes contemporains ainsi qu’aux graveurs du fantastique, comme le grand artiste slovaque Albin Brunovski, ce thème reste toujours aussi attractif car la folie humaine ne change pas, quelles que soient l’époque, l’ambiance et les apparences.

Cependant, Jean-Pierre a gravé une vision différente de “La nef des fous”. Il n’en offre pas une représentation d’exégète. Il ne nous fait pas la revue des folies individuelles et des vices humains décrits dans les 96 poèmes de Brant qu’Albrecht Dürer fut le premier à illustrer avec 96 gravures sur bois. Jean-Pierre nous montre l’image de la folie de l’ensemble des humains. Sa gravure figure un océan agité au milieu duquel la nef fait plus penser à une île qu’à un bateau. Une île à deux troncs dont la couronne porte une toile de corps humains aux poses grotesques et entrelacés de la manière caractéristique dont il dessine une grande partie de ses sujets. Il semble nous dire que ce qui importe ce n’est pas tant que les gens soient corrompus, exaltés, passionnés et fous, mais bien que le monde est fou et qu’il est gouverné par cette épidémie.

Cette gravure de grand format est, comme toujours chez Jean-Pierre, magistralement réalisée, avec un métier sans faille, artistiquement persuasive et riche en nuances.