Nef des fous

La Nef des Fous, le carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

La nef des fous ... Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres et voyagez au long cours en position assise … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage...

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Nef des fous

La Nef des Fous, le carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

La nef des fous ... Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres et voyagez au long cours en position assise … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage...

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La nef des fous
Carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

Villes sauvages

LARGUEZ LES AMARRES – Lithographie – JPH – 1994

 

Jusqu’au 23 août 2020, je publierai tous les dimanches l’un des textes de mon livre [Par défaut…] Jean-Pierre Humbert édité en 2007 par ESTAMPE.ORG.
Cet ouvrage contient les reproductions de 47 de mes estampes, accompagnées chacune par un écrit d’un auteur à chaque fois différent.
Ci-dessous, le texte de Jacques Barberis qui illustre ma lithographie LARGUEZ LES AMARRES.

Collaborateur du Comité International de de la Croix Rouge, coutumier des points chauds de la planète, Jacques Barberis travaille actuellement en Afghanistan. Amateur de peinture, grand connaisseur de la gravure, curieux, inspiré, il est aussi organisateur d’expositions de peinture et de gravure, Jacques a la faculté de dénicher de formidables artistes là où le commun des mortels ne trouve que du sable. Je lui dois quelques découvertes comme celles d’Aleksandr Kalugin et d’Aleksandr Kolokoltsev, des artistes dont j’ai édité des gravures et exposé les œuvres, avec son aide.  

 

LARGUEZ LES AMARRES
Aussi intitulé L’APPEL DU LARGE

Par Jacques Barberis
Paru dans le livre [Par défaut…] Jean-Pierre Humbert


Une fois encore, Jean-Pierre Humbert et Fribourg. Les comptes, qui font les bons amis, ne sont pas encore rendus ! Les rapports restent tendus, et l’on pense malgré soi à Chessex, cet «étranger» protestant qui, occupé à en découdre avec elle, fait tout de même de cette vieille ville un lieu de passions et de drames. Rien de tel chez Jean-Pierre Humbert, pourtant rejeton de ces murs, sous la patte duquel Fribourg est souvent désincarnée, minéralisée, vidée et statique.

Ici, une fois de plus, la « basse » devient la «haute», mais ce n’est que pour mieux être excisée, tissu mort, du vivant organisme urbain. En point culminant, la cathédrale, mère des Institutions, tient fièrement son rôle nouveau de mât ou de tour de contrôle. Seul rescapé de la modernité, un hôtel cubique et sans toit peine à la concurrencer. Mais l’ensemble est instable, plus bateau ivre que paquebot, sans passagers ni équipage.

A la poupe ou à la proue, passerelle inutile, l’un de ces ponts qui ont fait la gloire de la cité résiste, appendice incongru. S’il s’écroule, rupture d’anévrisme, c’est l’asphyxie et l’adieu aux derniers espoirs d’accostage. Or aucun port n’est en vue !

Seule la mer semble vivante, houleuse, démontée même, et écumante : contraste frappant entre un monde minéral et fier, prêt à défier des siècles encore, et un élément capricieux et polymorphe. Le paquebot a déjà perdu la partie cependant, il ne tiendra plus longtemps, chargé d’un poids trop lourd et mal réparti. Il semble d’ailleurs déjà s’être échoué sur le fond, monolithe livré à l’érosion des vagues.

Qui donc a lancé l’ordre de larguer les amarres, scellant ainsi le sort de l’embarcation ? L’inconscient se trouve-t-il sur le pont, ou est-il resté à quai ?

Son regard extérieur ( détaché ? ) jeté sur le paquebot trahit l’auteur : les deux pieds sur la terre ferme, il a choisi le « bon côté » et il assiste, comme le spectateur, au départ des vestiges d’un monde condamné à disparaître, pittoresque mais anémié, réduit à un simple décor. Et avec lui, le naufrage inévitable d’un ordre archaïque, pourtant bien établi encore, et l’anéantissement d’un pont, dernier cordon ombilical, qui de toute façon perdrait dans peu de temps sa raison d’être, remplacé par une autre œuvre projetée dans le monde des vivants.

Alors, Humbert l’anarchiste veut-il vraiment larguer Fribourg ?

 

LARGUEZ LES AMARRES
Texte de Jean Steinauer rédigé lors de la parution de cette lithographie en 1994

Jean Steinauer, né en 1946, a travaillé quinze ans comme rédacteur politique puis journaliste libre pour plusieurs médias de Suisse romande, avant de fonder à Lille une petite agence de presse puis de se consacrer à des activités de formation pour les syndicats genevois. De retour en 2001 à Fribourg, sa ville natale, il a délaissé le journalisme et les activités de communication pour se consacrer à la recherche historique, ainsi qu’à l’écriture et l’édition d’ouvrages de ce domaine. Parmi ses rares livres de fiction, un recueil de Contes et légendes à 3 ou 4 essieux composé en 1989 à l’instigation de ses amis Pierre et Charles Friderici. (Présentation empruntée au site de Bernard Campiche Éditeur)

 

Libre aux géologues de croire que les terrains sont stables et que les villes reposent de tout leur poids sur des couches superposées depuis des millénaires.
Et les géographes peuvent bien rêver de prendre les villes au filet, dans le quadrillage des longitudes et des latitudes, afin qu’on les retrouve toujours au même endroit. Les ivrognes et les artistes, qui savent observer, ont compris que les villes dérivent à tous vents, et voguent sans fin sur les campagnes ondulantes.

À preuve le Fribourg de Jean-Pierre Humbert!
Sur un roc au profil d’étrave, l’élancement d’une mâture gothique: cette ville fut armée pour tailler sa route à travers les houles de l’histoire. Elle ne cesse d’échapper à la nuit qui tombe dans son sillage. Toute vibrante d’énergie, elle navigue vers la fin des temps, vers le naufrage inéluctable et apaisant. L’équipage a mis sa confiance dans une longue familiarité avec l’au-delà.

«O mort, vieux capitaine, il est temps! Levons l’ancre…»

LA COLÈRE – Technique mixte – JPH – 2006-1990


Jusqu’au 23 août 2020, je publierai tous les dimanches l’un des textes de mon livre
[Par défaut…] Jean-Pierre Humbert édité en 2007 par ESTAMPE.ORG
Cet ouvrage contient les reproductions de 47 de mes estampes, accompagnées chacune par l’écrit d’un auteur à chaque fois différent.

Ci-dessous, le poème d’ Étienne Chatton qui illustre ma représentation de LA COLÈRE, l’un des Sept Péchés Capitaux.

Fondateur, notamment, du Centre International de l’Art Fantastique du Château de Gruyères, Étienne Chatton nous a quitté le 31 décembre 2007. Voir le film que lui a consacré l’Association Plans Fixes

 

LA COLÈRE

Par Étienne Chatton
Paru dans le livre [Par défaut…] Jean-Pierre Humbert

Ton sur ton de grisaille, manies d’enfant sénile
Qui conserve le temps dans ses boites à sardines
Quel architecte fou sur l’infini d’ennui
A planté ses mâchoires aux molaires de buildings ?

Le Ciel de traîne usé des printemps en souffrance
Bat l’écrasant rappel de la vie qui s’achève
Aux fenêtres aveugles, collées de purulences.
Une histoire sans mémoire de mort-nés écrasés
Levures et balayures d’époux irréprochables,

Ô Jupiter, lance Tes ponts, unis les sphères du dais astral
Fulmine dans l’azur Tes féroces fougères aux venins de crotales.
Hors du visqueux magma fais exploser nos rages abyssales.
Aux filles filiformes, cuissardes de cigognes, fulgure un jet de foutre.
Que Tes gongs d’hélium en musique jubilent des alphabets de feu
Au poitrail de pierre des montagnes, accroche Tes médailles.

Quand Tes furieux désastres emporteront nos alluvions
Tristes variations des morts en sursis, dont on enduit
La crevasse des rues et leurs sens interdits,
Aux cascades vêtues de blanches robes de moniales,
Rastas, loubards, rockers, servants de messes putassières,
Poignards de chair, gainés d’envie et de COLÈRE,
Reviendront assoiffer la part perdue des dieux.


Pour plus d’informations ou pour commander le livre

[Par défaut…] Jean-Pierre Humbert, cliquez sur ce lien

 

COURRIER DES LECTEURS

poème que j’apprécie , théâtral et classique. on voit le  poète sur le devant de la scène- est-il en toge tiens pourquoi pas..? à clamer 😉

dans un pays qui jardine ses paysages, pratique le consensus, brasse les couleurs jusqu’au marron,  il est difficile d’être  le seul artiste dissident politique et philosophique clairement affiché dans chaque œuvre.  en général, au bistrot  ils sont contre mais dans leur art, ils parlent d’autres choses.  (et moi-même, qui ne suis pas des artistes, je me garde de m’exposer)   on te dit “surréaliste. ou fantastique” , pour moi, c’est moins sur…

bon dimanche
colette maillard

Parmi les quelque 600 représentations de la Tour de Babel, dont la célèbre version de Bruegel l’Ancien, la gravure de la Tour de Babel en Belzé de Jean-Pierre le Jeune apporte son bloc de molasse à l’édification du mythe.

Dans la Genèse selon Jean-Pierre, le berceau de l’humanité se trouve à Fribourg. Les hommes parlaient alors la même langue, le bolze, formaient un seul peuple et cultivaient moult moments d’amitié autour de manoilles rafraîchissantes. Un jour, le roi Nemrod IV de Zæhringen ordonne de bâtir une tour dont le sommet doit toucher les cieux. L’Éternel, divinement agacé par tant d’insolence, redoute que la réussite du projet incite les rêveurs de la cité à échafauder des salles de spectacle et des ponts de la Poya en veux-tu en voilà. Dieu fait parler aux hommes des centaines de langues pour qu’ils ne se comprennent plus puis les éparpille par toute la terre. La Tour de Belzè reste inachevée. Cette vue de Fribourg à la base solide mais dont les étages perdent l’équilibre dans les nuages me renvoie à ma piètre inaptitude: grandir en Nuithonie et ne pas être bilingue, untauglich zu Zweisprachigkeit.

« 3 p’tits tours et… Soyons humbles et déterminés, bâtissons là ou en Basse, mais construisons toujours », disent les Bolzes qui ont plus de trois tours dans leur sackelè. Écoles et bibliothèques s’érigent autour de la patinoire. Un funi droit comme un i file vers l’Uni, rompant le ronron des remparts et des ponts en colimaçon. Des descendants des ouvriers de l’ancienne Tour reviennent s’installer en ville ; les langages se croisent et se mélangent. 3 p’tits tours et… représente une spirale harmonieuse, une ligne qui fait des révolutions pour que la terre tourne mieux. Si le bolze s’imposait comme langage universel, les conflits entre les nations s’apaiseraient.

Texte de Jean-Baptiste Magnin – Extrait de [Par défaut], Jean-Pierre Humbert – Éditions Estampe.org

 

TROIS P’TITS TOURS, ET … – Gravure – Tirage 47 ex. numérotés et signés – JPH – 1995

 

TROIS P’TITS TOURS, ET … – 2e état de la gravure – Tirage 47 ex. numérotés et signés – JPH – 1995

 

TROIS P’TITS TOURS, ET … – 1ère épreuve de travail de la gravure – un seul exemplaire tiré – JPH – 1995

 

TROIS P’TITS TOURS, ET … – 2e épreuve de travail de la gravure – un seul exemplaire tiré – JPH – 1995

 

C’est en 1977 que j’ai réalisé et imprimé ma première sérigraphie dans l’atelier d’André Prin. J’avais emprunté son titre, L’avenir radieux, à Alexandre Zinoviev (1922-2006), l’immense écrivain russe, soviétique en ce temps-là. Cette œuvre était ma réponse à la proposition de mon ami Michel Dousse qui m’avait crédité d’une carte blanche pour créer une estampe pour le club de basket Isotop. Chacun de ses membres devait en vendre deux ou trois exemplaires dont le bénéfice revenait à l’équipe. À ce jeu, Michel était imbattable. À lui seul, il avait écoulé les deux tiers du tirage limité à 60 exemplaires. L’opération s’était avérée fructueuse et a été répétée quatre fois. En 1980, j’ai réinterprété ce sujet pour l’affiche de mon exposition à la galerie du Stalden. Finalement, après avoir produit une deuxième version en sérigraphie en 1987, je réalisais encore deux variantes digitales en 2007. Aujourd’hui, bon nombre des projections ironiques, contenues dans ces œuvres, se sont concrétisées. Mais mes partitions en plusieurs mouvements promettent un chapelet d’heureuses désillusions. L’avenir radieux sera toujours l’insidieux mensonge auquel nous aimons tellement croire.

 

L’AVENIR RADIEUX – Sérigraphie – JPH – 1977

L’AVENIR RADIEUX – Essai-1 –  Technique mixte – JPH – 2008-1977

L’AVENIR RADIEUX – Essai-2 –  Technique mixte – JPH – 2008-1977

L’AVENIR RADIEUX – Essai-3 –  Technique mixte – JPH – 2008-1977

L’AVENIR RADIEUX – Sérigraphie – Affiche – JPH – 1980

L’AVENIR RADIEUX – Sérigraphie- JPH – 1987

La galerie Osmoz réalise aujourd’hui un vieux rêve en organisant une exposition exclusivement consacrée au thème de la ville de Fribourg et en réunissant les principaux artistes fribourgeois du 18e siècle à aujourd’hui qui ont œuvré dans les différentes techniques de l’estampe (lithographie, gravure sérigraphie, estampe numérique).

À voir des œuvres de… Jean-Pierre Humbert, Ludo Hartmann, Diana Rachmuth, Jean-Michel Robert, Jean-René Rossier, Henri Robert, Teddy Aeby, Joseph Reichlen, Paul Robert, Ferruccio Garopesani, Gaston Thévoz, Roger Bohnenblust, Augustin Genoud, Marie-Thérèse Dewarrat, Philippe de Fégely, et bien d’autres….

Les artistes vivants seront présents les dimanches 22 mars et 5 avril 2020 pour le finissage.

 

 

On dit que les jumeaux fondateurs de Rome, Romulus et Rémus, ont été nourris et élevés par une louve. Depuis, cette louve nourricière est devenue l’un des symboles de la Ville éternelle. Mais, comment s’appelle-t-elle cette brave bête ? Bien sûr, nos amis rédacteurs de mythes romains ne s’en sont pas préoccupés. Je suis convaincu que l’incontournable Walt Disney aurait pu les aider.

Heureusement, après enquête, les deux excellents journalistes du quotidien “ Roma oggi e domani ”, messieurs Tite-Live et Plutarque avancent un prénom ainsi qu’une explication subtile de la légende.

Selon eux, les jumeaux auraient été découverts dans la grotte du Lupercale par le berger Faustulus, gardien des troupeaux d’Amulius. Celui-ci les aurait confiés aux bons soins de sa femme Laurentia, une prostituée que les bergers appelaient Lupa. Ce serait donc par un jeu symbolique que d’autres auteurs latins auraient créé le mythe de la louve mère biologique de Romulus et Rémus. Une explication rationaliste de cette légende rappelle que le mot latin lupa possède deux sens, « louve » et « prostituée », allusion au beau métier qu’exerçait Laurentia.

Mais, que font donc Romulus et Rémus devant l’Université de Fribourg ? Du tourisme ? Révisent-ils leur latin ? Non, c’est plus simple. Pour honorer les liens qui unissent Fribourg et Rome, dans le domaine académique, la Société Dante Alighieri a offert à l’Université de Fribourg une sculpture commandée à l’artiste italien Alessio Paternesi. Celui-ci s’est inspiré de la fameuse “Lupa Capitolina” donnée en 1473 par le pape Sixte IV à la ville de Rome.

L’œuvre de Paternesi a été officiellement inaugurée le 21 avril 2004. Elle est posée sur un socle le long de la route du Jura, devant l’Université Miséricorde, appelée également l’Alma mater (la mère nourricière).

La photographie de ma chère Milka remet sérieusement en cause la version officielle de la présence de Romulus et Rémus à Fribourg. Il suffisait, comme elle l’a parfaitement fait, de photographier la sculpture dans le bon angle pour se rendre compte qu’elle n’est autre que le nouveau logo du Service Cantonal des Finances. Un logo qui trône au pied du siège bleu et blanc de cette institution. Clairement, Romulus et Rémus symbolisent les agents de la fonction publique ( fonctionnaires ) en train de soulager les citoyens contribuables représentés par la louve, Lupa pour les intimes. Maintenant que vous connaissez sa profession, la vérité saute aux yeux. Le gang des souteneurs est enfin démasqué. Merci Milka.


Romulus et Rémus, au pied de l’immeuble bleu blanc du Service Cantonal des Finances
Photo Milka –
Texte de JPH

 

CINQ FONTAINES DE FRIBOURG – Estampe numérique de Zeljko Djurovic – 2007 – Contraste Éditeur

 

Pour l’édition 2007 de la collection d’estampes “FRIBOURG vu d’ailleurs”, en plus de sa magnifique gravure intitulée “Vertical bonheur”, Zeljko Djurovic avait créé une estampe numérique qui représente librement cinq des treize fontaines de Fribourg. À savoir, de gauche à droite, la fontaine Sainte-Anne, la fontaine de la Force, la fontaine Saint-Georges, la fontaine de la Samaritaine et la fontaine Samson.

Manquent sur l’estampe de Zeljko Djurovic : la fontaine du Sauvage, la fontaine de la Vaillance, la fontaine de la Fidélité, la fontaine Saint-Pierre, la fontaine de l’école professionnelle, la fontaine Jo Siffert, la fontaine de Notre-Dame du Rosaire et la fontaine de Saint-Jean.


LE CONCOURS

LE PRIX : Un exemplaire encadré de la gravure intitulée SELFIE que Zeljko Djurovic avait créée en 2014 pour les membres de l’Association Galerie Contraste.

LA QUESTION : Quelles sont les adresses (nom de l’emplacement) des treize fontaines de Fribourg répertoriées dans cette publication ?

LE JURY : Si je reçois plusieurs bonnes réponses, pour des raisons de sécurité, le tirage au sort se fera en l’absence de notaire. Les réclamations sont bienvenues. Si elles devaient être nombreuses, la personne qui recevra une réponse sera aussi tirée au sort.

Répondre jusqu’au 29 février 2020 à : info@jphumbert.ch

 

VERTICAL BONHEUR – Gravure – Zeljko Djurovic – FVA-2007 – Édition Galerie Contraste


Texte – Étienne Chatton (†2007)

Découpées en ogives capables d’enterrer la ville à la verticale, les falaises de la foi tirent sur le tissu sidéral jusqu’à la déchirure. Du noir au blanc héraldique, la cathédrale marque sa frontière. Dans ses marges, se déroulent les batailles de l’humide et du sec, qu’arbitre la maternante cigogne.

Les assauts décapant du gel et du vent ont fait éclater un pan de molasse. Plissée de partout, une pousse grumeleuse, aux squames mal dégagés du magma originel, érige sa peau de reptile entre jubilation et extase. Contrastant avec la dignité impersonnelle du socle, un buste aux seins exubérants ose y superposer quelque vestige de civilisation. Angelot cathodique, vigile de vierges sages ou engelure ou phrygienne souvenance de folies libertaires, cet angélus lancé dans l’azur vient ajouter du volume à la lumière. Son carillon de Fête-Dieu, vole à notre imaginaire ses ailes de carton doré aiguisées au feu du ciel.

J’entends le bulbeux gargouillis du lait, un lait de poule qui tourne ses volutes de fer forgé en accroche-cœurs. Apparu sur la rue des Épouses patientes et de Maris fidèles, éclipsant même les lanternes rouges de la Grand-Fontaine, de labyrinthes en circonvolutions, un astre d’Épiphanie nous entraîne jusqu’à la Providence illuminée soudain par une étoile absinthe.

Le site de Zeljko : http://www.zeljkodjurovic.com/biography.htm

Vous trouvez ci-dessous les reproductions de cinq des dix états par lesquels est passée ma gravure ÎLE… sera une fois réalisée en 1997.

Cette année-là, le château de Gruyères était encore accessible par voie terrestre. Aujourd’hui aussi, mais le doute, l’angoisse, le désespoir pointent le bout d’un nez porteur de malheurs. Orchestrée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, avec une enfant prodige à la baguette, la partition inspirée par les gourous de l’apocalypse imminente est intitulée Le rapport. C’est clair, ça chauffe pour nous et pour notre pauvre terre. Selon les salariés de la science météorologique, les hommes ont acquis une telle maîtrise de l’univers et un tel pouvoir qu’ils sont capables de décider du cours du climat, et, rêvons sans retenue, d’influencer la trajectoire des planètes. Ce n’est quand même pas mal  pour des bipèdes. Oui mais… bémol majeur… si personne ne remet vraiment en cause le réchauffement de nos contrées, de nombreux inconscients contestent les modèles qui en attribuent la cause aux délirantes activités humaines. Les giequistes qui détiennent la vérité à ce sujet vous le diront; les sceptiques qui récusent nôtre évangile ne sont que des criminels qui se foutent de l’empreinte carbone. C’est intolérable, il faut à tout prix les faire taire. Un exercice terroriste qu’ils réussissent avec brio.

Bon… retournons sur mon île prise entre le ciel et les eaux montantes pour cause de dégel. Comme souvent, ma gravure a anticipé les conséquences catastrophiques du comportement humain (sic). Décidément, en matière d’intuition prospective, je n’en rate pas une. J’y suis même allé un peu trop fort. Il faudra certainement attendre longtemps pour voir le district de la Gruyère et ses montagnes complètement inondés et pour admirer l’exceptionnel instinct de conservation de la ville de Gruyères avec son château qui, comme des fleurs tendues vers la lumière, se sont élevés de plus de 1300 mètres pour échapper au déluge. Un exploit historique…

Quant à ma gravure avec tous ses états, ils ne sont pratiquement pas sortis des tiroirs qui les tenaient à l’abri de l’inondation. Très peu exposée, mon œuvre, dans ses différentes variantes, attend toujours la montée des eaux qui la fera passer de la fiction à la réalité. Ma représentation, enfin matérialisée, devrait aguicher l’acheteur friand d’images qui offrent l’illusion de la vérité. Je ne serai malheureusement probablement plus là pour encaisser les bénéfices de mes efforts lorsqu’enfin le désastre se produira, mais je fais confiance à mes descendants. J’en suis convaincu, leur longanimité sera récompensée… 

 

ÎLE… sera une fois – État, exemplaire unique – Gravure, verni-mou, aquatinte – dessin 60×40 cm – JPH – 1997

 

ÎLE… sera une fois – État, aquarellé et crayonné, exemplaire unique – Gravure, verni-mou, aquatinte – dessin 60×40 cm – JPH – 1997

 

ÎLE… sera une fois – État, avec ciel bleu peint à l’acrylique, exemplaire unique – Gravure, verni-mou, aquatinte – dessin 60×40 cm – JPH – 1997

ÎLE… sera une fois – État, exemplaire unique – Gravure, verni-mou, aquatinte, pointe-sèche – dessin 60×40 cm – JPH – 1997

 

ÎLE… sera une fois – État, tirage 47 exemplaires – Gravure, verni-mou, aquatinte, pointe-sèche – dessin 60×40 cm – JPH – 1997

 


PUBLICITÉ MENSONGÈRE – Peinture acrylique – JPH – 2014

 

Pour une promotion touristique efficace,
Pour la prospérité des entreprises de la région,
Pour une reconnaissance internationale de notre canton,
Je suis prêt à me dévouer.
Avec mes projets de chirurgie plastique du paysage,
Je suis disposé à remodeler complètement le visage du pays.
J’espère être aussi efficace que nos élites,
Et que, comme elles, je saurai me servir et disparaître.


LA GREFFE – Technique mixte – JPH – 2009-1990 – Passé recomposé


VITRINE DU TEMPS PRÉSENT – Texte et image JPH – Technique mixte – 1978

 

En 1978, le temps présent existait déjà. Ce devait être sa manière d’avoir de l’avance sur son époque. Nous avons donc eu la chance de le voir venir de loin. Séduits par ses atours spectaculaires, nous sommes nombreux à avoir minimisé les pièges raffinés qu’il nous réservait.

Avec les stands des artisans, des animations, des concerts et dès 17 heures, le traditionnel cortège; les festivités de la St-Nicolas de Fribourg, organisées par les élèves du Collège St-Michel, auront lieu le samedi 7 décembre 2019. Vous trouverez le programme officiel en cliquant sur ce lien :  https://www.st-nicolas.ch/fr.

Depuis 20 ans, la Galerie Contraste participe à la fête. Elle sera ouverte le 7 décembre de 11 à 18 heures.

Quand, dans la cohue, vous aurez fait dix fois le tour du marché de la Saint-Nicolas, nous vous suggérons de vous encorder et de grimper en face du Musée Tinguely, jusqu’au numéro 6 de la ruelle des Cordeliers.

EXPOSITION – Jean-Pierre HUMBERT – Réchauffement esthétique… suite


SAINT-NICOLAS, le retour – Peinture – JPH – 2013

 

UN PEU D’HISTOIRE…

Chaque année, le Collège St-Michel met en vente sa carte de la St-Nicolas. Les bénéfices de cette entreprise contribuent au financement de la fête. La carte est  l’œuvre de l’élève vainqueur du concours de dessin organisé par l’institution. Feu Louis Dietrich, qui fut professeur et proviseur au Collège St-Michel, avait collectionné et documenté toutes les cartes éditées depuis la première parue en 1906. Ses enfants et petits-enfants on pris le relais. En 2013, pour le lancement du site internet https://www.cartes-saint-nicolas.ch/, avec leur soutien, la Galerie Contraste avait organisé une belle exposition d’une partie de ces cartes. Depuis, chaque année dans un endroit différent, la famille Dietrich organise, avec talent et succès, une exposition originale de la collection. À voir du 14 novembre 2019 au 4 janvier 2020 à la Bibliothèque de la Ville de Fribourg – Renseignements :  https://www.ville-fribourg.ch/bibliothequeVisite commentée par Jacques Dietrich le 4 décembre 2019 à 12:30.

Copié sur le site de la collection Dietrich, j’ai reproduit, ci-dessous, le texte de présentation historique de la fête et de la publication des cartes de la St-Nicolas.

Galerie Contraste – décembre 2013 – Exposition de la collection Dietrich de cartes de la St-Nicolas

 

DU GRAND SAINT NICOLAS, CÉLÉBRONS LA MÉMOIRE …

… Sur l’éclat de sa vie ayons toujours les yeux
Par plus d’une victoire, vivant dans ces bas-lieux
Il mérita la gloire
Des Cieux !
C’est ainsi que commence la  traditionnelle Complainte qui rythme depuis toujours la solennelle démarche du cortège de la Saint-Nicolas à Fribourg. D’ailleurs, dans l’approche grise de ce premier samedi de décembre, les écoles ont déjà résonné aux accents de la vigoureuse chanson de l’Abbé Joseph Bovet (1879-1951):
C’est l’hiver tout est glacé
Novembre est bientôt passé
Entonnons un tra-le-ra-la-la,
Elle arrive  la Saint-Nicolas !
Simultanément apparaissent dans les rues, ou sur notre palier, de jeunes collégiens qui nous proposent d’acheter la carte de la Saint-Nicolas. C’est à cet humble témoignage artistique qu’est consacrée cette collection. Mais commençons d’abord par un bref

RAPPEL HISTORIQUE

La célébration particulière et publique de la Saint-Nicolas s’explique naturellement par le fait que le thaumaturge évêque de Myre, qui assista au Concile de Nicée en 325, fut le patron de la Ville de Fribourg dès sa fondation par le Duc Berthold IV de Zaehringen, en 1157. Il existait déjà sur cet emplacement une bourgade et une chapelle dédiée à Notre-Dame. Plus proche du château que construisait le Duc, est attestée une église dédiée à Saint Nicolas dont quelques bribes des fondations retrouvées remontent à 1178. La ville se développa rapidement, Berthold IV ayant accordé aux bourgeois des franchises intéressantes.

Il fallut donc donner à ses habitants une église plus grande et plus belle, tout en conservant le même Saint Patron. Elle fut consacrée en 1182 par l’Évêque Roger de Lausanne. Nouvelle étape dans l’histoire de Fribourg en 1277 où la ville passa sous la domination de l’Empereur Rodolphe de Habsbourg. A son instigation, la première pierre d’une église plus vaste fut posée en 1283, signe d’une augmentation du nombre des habitants. La construction durera un peu plus de deux cents ans : c’est, compte tenu des rénovations périodiques, l’actuelle cathédrale de Saint Nicolas, d’où part toute l’histoire de sa fête patronale.

Dès le Haut Moyen Âge, la liturgie avait accentué l’aspect théâtral des rites religieux chrétiens. La population dans son ensemble étant illettrée, il fallait trouver d’autres moyens que le texte pour instruire les fidèles et graver dans les esprits des attitudes conduisant à la prière. C’est ainsi que les vitraux racontent l’Évangile tout en laissant entrer la lumière sous  les sombres voûtes de pierre. Ainsi, des scènes tirées des Saintes Écritures sont-elles jouées sur le parvis des cathédrales, et c’est la naissance du théâtre dans l’Occident chrétien. Ainsi encore, des cortèges de saints personnages étaient organisés pour préparer, ou suivre, la célébration liturgique. Ils coïncidèrent rapidement avec des manifestations très laïques accompagnées de réjouissances populaires.

C’est le cas à Fribourg du cortège des jeunes filles à la Sainte-Catherine (25 novembre) ou de la Marche à l’Étoile qui déroulait ses fastes militaires et ses astuces mécaniques sur la Place Notre-Dame à l’occasion de l’Épiphanie. C’est le cas aussi du Cortège de la Saint-Nicolas, qui naquit de la grande Foire médiévale du début de l’hiver, appelée fort opportunément “Foire aux étrennes”. Habituelle à l’époque dans tout chef-lieu commerçant, elle ressemblait fort à ces ” Marchés de Noël ” que l’on fait revivre un peu partout de nos jours. Des lanternes et des flambeaux éclairaient de petites baraques à l’auvent rabattu. Les marchands y étalaient des biscômes et des jouets qu’achetaient les parents. Ces derniers maintenaient les tout petits dans l’idée que le Saint viendrait en personne leur apporter des cadeaux.

Avant de se coucher, les enfants préparaient un peu de foin et de sel pour l’âne. Quant au cortège, il fut d’abord une procession à la sortie de la grand-messe. Le même après-midi, défilaient les enfants des écoles dont quelques-uns étaient costumés de manière à représenter Saint-Nicolas, son porte-crosse et un diacre d’honneur. Venaient ensuite les coralis ou membres de la petite maîtrise de Saint-Nicolas, chantant des hymnes et des cantiques. Il y avait aussi des musiciens jouant de la trompette. La procession faisait trois fois le tour de l’église puis parcourait les rues de la cité. De temps en temps, le pseudo-évêque donnait sa bénédiction et disant « Pax et benedictio super hanc urbem et super omnes habitantes in ea ». (Paix et bénédiction sur cette ville et sur tous ses habitants). La cohabitation d’une Foire et d’un saint cortège ne fut pas facile, les excès de l’une faisant du tort à l’autre. C’est ainsi qu’un édit du Petit Conseil de Fribourg, du 3 décembre 1764, frappa d’interdit toute céleste présence parmi les excès des ivrognes et les débordements moraux entraînés par les mouvements d’une foule commerçante en goguette. Le cortège fut supprimé ! Mais le « Marché aux étrennes » subsista et les croyances enfantines avec lui.

RENAISSANCE DE LA TRADITION

Assez rapidement, la Foire reprit ses droits sans référence religieuse et dans le plus grand désordre : elle devint une sorte de fête de la jeunesse. Ce soir-là, tous les élèves externes du Collège se trouvaient dans les rues, de même d’ailleurs que les gentes demoiselles si étroitement tenues à l’écart tout le reste de l’année. D’où les cris : « Achetez des verges pour fouetter les filles » et les actions bénignes ou plus violentes qui s’ensuivaient. Mais cette animation plaisait assez à un vaste public.

Plus sagement, au Collège Saint-Michel, fondé par Pierre Canisius dans la mouvance de la contre-Réforme en 1582, la fête reprit ses droits parmi les élèves de l’Internat : la soirée était agrémentée de prestations théâtrales et musicales, et surtout, les élèves jouissaient ce soir-là d’un droit à la satire vis-à-vis de leurs professeurs . Ils montaient une sorte de Revue au cours de laquelle Saint Nicolas en personne remettait des cadeaux dérisoires (un  rasoir, par exemple, à un professeur jugé trop ennuyeux !) Il est difficile de fixer l’année où commença cette coutume. Nous possédons le programme de la Saint-Nicolas 1895, fort bien dessiné, mais la tradition était à ce moment-là déjà ancienne et bien rodée. Cette précision  n’est pas étrangère  à notre sujet, car nous allons rencontrer, dans la collection, des années où paraissent deux cartes, l’une « officielle » et l’autre destinée à la Fête de l’Internat. D’autre part, il est vraisemblable que la reprise du cortège en ville ne soit pas étrangère à l’esprit qui régnait dans les classes du Collège, où les élèves internes devaient sans doute raconter leurs exploits.

C’est donc ainsi qu’à l’approche de l’hiver 1906, un groupe d’étudiants du Collège Saint-Michel ressentit l’envie de faire revivre l’antique tradition. Ils se préparèrent dans le plus grand secret, pensant organiser une farce, et redoutant que la Direction du Collège ne la trouve pas à son goût. Contrairement à leur crainte, un immense  succès couronna leur initiative. Comme ils étaient élèves de la sixième classe du Gymnase, appelée “Classe de rhétorique”, cette classe-là fut traditionnellement, puis officiellement, chargée d’organiser la manifestation. Le premier cortège eut donc lieu le samedi 8 décembre 1906.Actuellement, la coutume, avec quelques ajouts au cours des ans, se déroule de la manière suivante :
Le premier samedi de décembre, à la tombée de la nuit, soit vers 17 h.15, un cortège quitte les hauteurs du Collège. Il est ouvert par un groupe de musiciens de la Fanfare du Collège. Suit un ensemble de fifres et tambours dont les airs alternent avec le chant de la Complainte, interprété par de jeunes adolescents.  Saint Nicolas monté sur son âne est entouré de deux porteurs, dont les hottes sont emplies de biscômes : il y puise généreusement pour lancer cette variante locale des pains d’épices sur la foule en joie. Figurent aussi en costumes l’ânier et le boucher sorti tout droit de la légende des trois enfants ressuscités. N’oublions pas les Pères Fouettards chargés de résister à la pression de la foule. Tout le cortège est entouré de torches, portées par des collégiens et, depuis peu, par des collégiennes.

Après un long parcours dans les rues de la cité, on arrive à la Cathédrale. C’est là que la Fête atteint son sommet : Saint Nicolas adresse à la foule un discours chargé d’actualité du haut de la terrasse devant la grande rosace gothique. Un jeu de lumières le met en valeur.  Spectacle magnifique pour une foule qui se serre au coude à coude sur la place et dans les rues avoisinantes. (Notons que Saint Nicolas est, à Fribourg, la seule personne à utiliser cette terrasse.)
Depuis bientôt trente ans, l’Évêque du Diocèse rencontre son homologue d’un jour sous le porche de la cathédrale. Il le salue d’une cordiale poignée de main, voire d’une accolade, avant d’inviter tous les enfants à une messe célébrée pour eux à l’intérieur du sanctuaire.

Louis Dietrich

 

DÉCEMBRE À FRIBOURG – Gravure – JPH – 1997 

Au jour le jour – J-P Humbert 1993 – lithographie


L’infini c’est maintenant

Texte d’Ivan Sigg

Il n’y a plus un chat-pensée
Dans ma cité-tête
J’ai ouvert les fenêtres
De mes sens
Aux quatre vents

Mes yeux sont frais du jour
Le trafic des mots
Des jugements et des idées
N’embouteille plus les rues
De mon cerveau-ville

Le silence est doux et puissant
Fait de chants d’arbres et d’oiseaux
Et le champ des possibles
Se redéploie
À l’infini

Toutes mes mémoires se sont tues
Les psychologiques végètent
Dans des malles de grenier
Les techniques dans des classeurs
Qui ne s’ouvrent qu’à bon escient

Sous mes pieds
Le passé s’étiole
L’attention circulaire au monde
rompt toutes mes attaches
Il n’y a plus que le présent

Je n’attends plus la mort
Car je meurs à moi-même
à chaque instant
L’éternité c’est maintenant
Je suis prêt à te rencontrer


Textes pour le concours littéraire organisé à l’occasion de
l’exposition de Jean-Pierre Humbert à la Médiathèque de Rueil-Malmaison:

2012-textes-concours-rueil

Le premier prix du concours a été attribué à Ivan Sigg,
par un jury composé de 3 personnes

Ci-dessus, un aperçu de l’addition des 7 passages que j’ai dessinés pour réaliser la lithographie Passé décomposé. Avis aux amateurs, il reste un seul exemplaire à vendre.

PASSÉ DÉCOMPOSÉ – Lithographie – JPH 1993

Du 8 au 29 novembre 2012, la Médiathèque Jacques Baumel de Rueil-Malmaison a abrité une exposition de mes œuvres. À cette occasion, par le biais d’internet, la Galerie Contraste avait organisé, un concours littéraire ouvert à tous. Les participants étaient invités à «illustrer» ma lithographie Passé décomposé. Parmi les 74 textes reçus en provenance de toute la francophonie, le jury composé de 5 personnes a attribué le premier prix au plus court d’entre eux, un bel haïku de l’artiste peintre romancier, parisien aux origines suisses, Ivan Sigg. http://ivansigg.over-blog.com/


PASSÉ DÉCOMPOSÉ

Ô ville/molaire
Dans la gencive du ciel
Cariée par le temps
Ivan Sigg


La dernière séance – Technique mixte – 2005-1981 – Texte et œuvre JPH

Sur l’écran gris du quotidien, un pigeon prend son envol.
Un dernier sourire au photographe et en route pour Hollywood.

Les pigeons croient à leur bonne étoile.

ANACHRONIQUES Jean-Pierre HUMBERT
Dessins, peintures, gravures, lithographies, sérigraphies,
vitraux, mosaïques, objets, textes
Édition Galerie Contraste – Ruelle des Cordeliers 6 – 1700 Fribourg
Plus d’informations

MUSÉE DE MORAT – https://www.museummurten.ch/fr/
Du 17 mars au 31 mai 2019
HEURES D’OUVERTURE : ma–sa 14h–17h / di 10h–17h
Jeudi 16 mai à 19 heures, visite commentée en allemand

EXPOSITION Jean-Pierre HUMBERT
RÉCHAUFFEMENT ESTHÉTIQUE

 


ET LUX FUIT … moulins à vent contre nucléaire – Peinture et texte  JPH


La Suisse des lumières est préoccupée. Comment fabriquera-t-elle l’électricité qui éclairera ses villes, ses campagnes et ses cerveaux survoltés ?

À des milles de la folie sublime de Don Quichotte, le célèbre hidalgo castillan, je risque un scénario raisonnable pour résoudre le problème de l’approvisionnement en électricité à Fribourg. Une idée rendue possible par la grâce du niveau exceptionnel des scientifiques implantés sur le site «Blue Factory». La peinture, reproduite ci-dessus, donne une assez bonne vue de l’impact esthétique positif induit par mon projet initialement inspiré du mythique combat du héros de Cervantès contre les moulins à vent. La reconstitution de la mer du Nord et l’implantation des éoliennes seront certainement les plus grosses difficultés à résoudre. Mais, avec l’armada d’ingénieurs et d’architectes diplômés à disposition, les étapes de cette réalisation devraient s’imposer d’elles-même. Pour renforcer l’action du vent, les politiciens sont prêts à collégialement s’engager. Si vous trouvez que ma simulation est opaque et trop difficile à décrypter, sur rendez-vous, je me tiens à votre disposition pour vous éclairer. La séance est payante.

Pour une électricité enfin verte, je suis fier d’avoir lancé les moulins éoliens contre le Satan nucléaire. Vous le savez certainement, le génie consiste à proposer des solutions simples aux problèmes complexes.


FRIBOURG BRÛLE-T-IL ? – Technique mixte – JPH – 1987-2018

 


FRIBOURG-USA – Technique mixte – JPH – 1987-2006


FRIBOURG-USA – 1987-2006 – Texte JPH

Au XXIe siècle, lorsque de cette peinture j’ai fait une estampe, ma très chère cité de Fribourg, petite ville ambitieuse, brillait de mille feux comme toute parvenue qui se respecte : étalage impudique de richesses, enseignes publicitaires animées et lumineuses, population multiethnique, organisation communautariste, contrôle efficace de la pensée des autochtones, soutien sans faille aux iconoclastes de tous poils et de toutes provenances, la ville était vivante et ses traditions, vidées de toute substance, étaient exploitées pour promouvoir l’économie locale à l’international. Bref, ça roulait joyeusement.

Comment se fait-il que lorsque j’ai conçu cette œuvre, je n’ai pas fait figurer la moindre trace de cette incandescente activité qui promettait d’être immarcescible? Est-ce par paresse ou par lucidité que mon objectif s’est mu en téléobjectif pour nous projeter dans un lointain futur ? Sur mon image, Fribourg est catapultée quelques siècles plus loin. Fraîchement désertées, pas encore en friche, les fières façades des tours de la cité des Zæhringen made in USA laissent entrevoir les premières fissures engendrées par un lent et inexorable déclin. Bref, ça s’écroule lentement.

Les spectateurs attentifs à mon étrange représentation, où ne subsiste que le plus symbolique édifice historique de la ville, éprouvent un léger trouble. Vite rassurés, ils considèrent que l’implantation de la cathédrale dans le milieu hostile des gratte-ciel n’est qu’un clin d’œil amusant et innocent au phénomène irrésistible qu’on appelle le progrès. C’est, je crois, la raison pour laquelle cette image a plu, si je me fie au critère imparable des ventes. Cette interprétation a aussi été partiellement la mienne lors de la conception du tableau en 1987.

Aujourd’hui, 28 juin 2018, je peine à trouver quoi que ce soit de drôle à mon œuvre. Beaucoup moins spectaculaire que les productions du cinéma catastrophe, elle laisse cependant deviner qu’en filigrane, dissimulé, silencieux, un désastre, non-dit, a eu lieu. Comme si les hommes avaient déserté la vie sur terre, comme si la végétation allait bientôt absorber les fruits pourris du génie humain. Je crains, qu’une fois de plus, mon instinct ait précédé la compréhension des évènements.

 

ANACHRONIQUES Jean-Pierre HUMBERT – Le livre
Contraste Éditeur – Ruelle des Cordeliers 6 – 1700 Fribourg
Plus d’informations – Commande