La nef des fous
Le blog de Jean-Pierre Humbert

MON BLOG :  … Ma nef pour voyager au long cours en position assise … Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage

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Photo de Milka Humbert
Texte de Jean-Pierre Humbert

On dit que les jumeaux fondateurs de Rome, Romulus et Rémus, ont été nourris et élevés par une louve. Depuis, cette louve nourricière est devenue l’un des symboles de la Ville éternelle. Mais, comment s’appelle-t-elle cette brave bête ? Bien sûr, nos amis rédacteurs de mythes romains ne s’en sont pas préoccupés. Je suis convaincu que l’incontournable Walt Disney aurait pu les aider.

Heureusement, après enquête, les deux excellents journalistes du quotidien “ Roma ogi e domani ”, messieurs Tite-Live et Plutarque avancent un prénom ainsi qu’une excellente explication de la légende.

Selon eux, les jumeaux auraient été découverts dans la grotte du Lupercale par le berger Faustulus, gardien des troupeaux d’Amulius. Celui-ci les aurait confiés aux bons soins de sa femme Laurentia, une prostituée que les bergers appelaient Lupa. Ce serait donc par un jeu symbolique que d’autres auteurs latins auraient créé le mythe de la louve mère biologique de Romulus et Rémus. Une explication rationaliste de cette légende rappelle que le mot latin lupa possède deux sens, « louve » et « prostituée », allusion au beau métier qu’exerçait Laurentia.

Mais, que font donc Romulus et Rémus devant l’Université de Fribourg ? Du tourisme ? Révisent-ils leur latin ? Non, c’est plus simple. Pour honorer les liens qui unissent Fribourg et Rome, dans le domaine académique, la Société Dante Alighieri a offert à l’Université de Fribourg une sculpture commandée à l’artiste italien Alessio Paternesi. Celui-ci s’est inspiré de la fameuse “Lupa Capitolina” donnée en 1473 par le pape Sixte IV à la ville de Rome.

L’œuvre de Paternesi a été officiellement inaugurée le 21 avril 2004. Elle est posée sur un socle le long de la route du Jura, devant l’Université Miséricorde, appelée également l’Alma mater ( la mère nourricière ).

La photographie de ma chère Milka remet sérieusement en cause la version officielle de la présence de Romulus et Rémus à Fribourg. Il suffisait, comme elle l’a parfaitement fait, de photographier la sculpture dans le bon angle pour se rendre compte qu’elle n’est autre que le nouveau logo du Service Cantonal des Finances. Un logo qui trône au pied du siège de cette institution. Clairement, Romulus et Rémus symbolisent les agents de la fonction publique ( fonctionnaires ) en train de soulager les citoyens contribuables représentés par la louve, Lupa pour les intimes. Maintenant que vous connaissez sa profession, la vérité saute aux yeux. Le gang des souteneurs est enfin démasqué. Merci Milka.

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Photo Milka Humbert
Texte de Jean-Pierre Humbert

Milka, ma chère femme, a reçu un téléphone portable. Pour l’inaugurer, elle a photographié le paysage qui se présente à nous depuis notre terrasse (sic). À Fribourg, comme dans bon nombre de villes, il suffit de changer de quartier pour vivre à des époques différentes. À la ruelle des Maçons, nous sommes transportés au Moyen-Âge. À celles et ceux qui dénoncent l’obscurantisme médiéval, je recommande de scruter attentivement cette photo. Vous avez vu, à l’époque ils bénéficiaient déjà d’un éclairage électrique. Ce n’est pas rien.

Bien sûr, si j’aime le Moyen-Âge, ce n’est pas pour sa technologie 2 point quelque chose, ni pour la vitesse de ses connexions internet, ni pour son confort. Bien sûr en changeant de quartier, vous ne faites que changer de décor. L’auteur et le dialoguiste de la pièce de théâtre, du film, bref du spectacle dont vous êtes l’acteur doivent malheureusement être qualifiés de contemporains. Textes nombrilistes, incohérents, infantiles et vulgaires, flot ininterrompu de bons sentiments et de mensonges, incitation à la déchéance et à la culpabilisation, un scénario qui nous est souvent proposé par la société du spectacle dans sa course pathétique à l’argent et à la reconnaissance. Nous sommes bien égarés au XXI e siècle, très loin des artistes et des bâtisseurs géniaux et plus ou moins anonymes du Moyen-Âge.

Ce soir, assis sur notre terrasse, je scrute la ruelle des Maçons à la lueur du bel éclairage de la cathédrale St-Nicolas et je rends grâce aux merveilleux créateurs du Moyen-Âge qui ont su nous rapprocher de ce qui est au-dessus de nous. JPH

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