La nef des fous
Le blog de Jean-Pierre Humbert

MON BLOG :  … Ma nef pour voyager au long cours en position assise … Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage

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JPH – 1996 – Passé recomposé

Partout…
Autour de moi… En moi,
Silencieux comme le néant,
Le lent magma de la foule humaine
Défile sans fin… Inlassablement.

Tous ensemble… Tous seuls…
Où allons-nous ?
Ailleurs…Très loin…
Perdus dans l’infini présent,
En quête de la maîtrise du temps.

Du temps retrouvé,
Du temps que nous étions vivants,
Du temps que j’étais Jean-Pierre Humbert.
Seul au milieu de rien…
Seul parmi vous…


Médiacrité-Médiacratie – JPH 2016 – Technique mixte

 

18 mai 1985 – Inauguration de l’Atelier Contraste et journée portes ouvertes Démonstrations d’impression de gravure, de lithographie et de sérigraphie

CORPS PERDUS – Le cartable édité pour la circonstance Gravure de Jean-Luc Savoy – lithographie de Jean-François Devaud – Sérigraphie de JPH

 

 

CORPS PERDUS – 1985 – JPH – Sérigraphie – Couverture du cartable

 


Jean-Luc Savoy – gravure

 


Jean-François Devaud – lithographie

 


JPH – Sérigraphie

Ci-dessous 2 reproductions:

La première œuvre éditée par l’Atelier-Galerie Contraste en 1985,
une gravure de l’artiste soleurois Franz-Anatol Wyss intitulée Lieu de culte,
ainsi que l’affiche de l’exposition que nous lui avions consacrée


LIEUX DE CULTE – 1985 – Franz-Anatol Wyss – Gravure – AS – Édition Galerie Contraste


1985 – F-A Wyss – Affiche de la première exposition organisée par la Galerie Contraste

 

 


ÉVASION – 1987 – JPH – Peinture acrylique

Mercredi 7 avril 2010, j’ai emmené mon vieux téléviseur à la déchetterie. Intégré à ma peinture et à ma gravure intitulés tous deux Évasion, il ne m’avait apporté que des satisfactions. Notamment, en 1989, il figurait sur la gravure qui m’a valu le premier prix du concours international Trace-Idemedia à Paris.

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COMPTE À REBOURS – JPH – Gravure – 1991

Cette œuvre a été réalisée pour accompagner l’édition de tête du livre “PARADIS PERDU” édité en 1991 par l’Atelier Galerie Contraste. Un ouvrage qui donnait à voir les créations des 85 artistes qui ont participé au PRIX CONTRASTE DE L’ESTAMPE ORIGINALE. Ces artistes invités venaient de 23 pays différents et tous les continents étaient représentés. La vente de l’édition de tête a largement contribué au financement du concours qui avait aussi bénéficié du soutien de 3 institutions fribourgeoises. La remise des prix aux 3 lauréats (Éric Robert-Aymé, France – Albin Brunovsky, Slovaquie – Jean Coulon, Belgique) a eu lieu au Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg qui avait organisé pour l’occasion une grande exposition subdivisée en 5 parties. Chaque lauréat présentait une trentaine de gravures, les estampes en concours étaient toutes exposées et l’atelier Contraste présentait mes créations et ses éditions d’estampes. Dans ce décor, j’assumais l’animation avec notre presse pour l’impression de la gravure en taille-douce.

Souvenir lumineux: pour la confection des cartes de géographie, la confédération employait des graveurs en ce temps-là. Ils étaient tous venus ensemble pour visiter l’exposition. Armés de leurs compte-fils, ils ont passé 3 bonnes heures à ausculter, fascinés, les subtilités des œuvres exposées. Suivirent des échangent passionnants et passionnés. Amusant et inoubliable!

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 GOING TO FRIBOURG – Gravure d’Arthur Geisert

Arthur Geisert avait participé, en 1991, au concours international de gravure «PARADIS PERDU» organisé par l’Atelier-Galerie Contraste. En 2004, nous l’avions invité à venir à Fribourg pour réaliser une estampe pour notre abonnement «FRIBOURG, vu d’ailleurs». Nous l’attendions au mois de septembre, impatients de découvrir l’œuvre que notre ville lui inspirerait.

Malheureusement, le voyage n’a pas eu lieu. Cette contrariété a stimulé l’imagination d’Arthur Geisert qui nous a envoyé la gravure «GOING TO FRIBOURG». Il nous démontre que rêver, c’est déjà voyager. Il nous prouve aussi qu’on a tort de dénigrer les clichés fournis par les offices de tourisme. S’ils n’ont que peu d’influence sur l’indice de fréquentation des hôtels, ils représentent une chance de voyager à l’œil.

Notice biographique – Arthur Geisert est né en 1941. Spécialisé en sculpture et en gravure, il expose dans de nombreux grands musées américains. Il est un jour remarqué par un éditeur qui lui propose de faire des livres pour enfants… Il a aujourd’hui publié de nombreux livres primés. Il a une passion pour les cochons, héros de tous ses livres !

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JPH – Technique mixte – 1965-2006 – Texte JPH

Le cinéma de papa, c’est le titre de ma première lithographie réalisée en 1965 chez Dédé Robert et dont j’ai égaré le tirage. À partir d’une piteuse maculature retrouvée à la Bibliothèque Cantonale Universitaire de Fribourg, j’ai construit cette version digitale. Après quelques modifications du document noir-blanc, je me suis attelé à produire une version colorisée.

Comme cela se fait avec le cinéma de papa.


Technique mixte – Texte et dessin JPH – 2002-2007

Deux arbres généalogiques se rencontrent.
Ils papotent, font des projets.

Pour s’associer, faire des petits,
Il faudra assainir, couper quelques branches.


Photo Mulhauser – Fribourg – Fond BCU

Texte de JPH

Au 4e siècle avant J-C, le philosophe grec Aristote découvre que la lumière entrant dans une pièce sombre par un petit trou projette sur le mur d’en face l’image inversée des objets placés devant l’orifice : « la camera obscura ». En 1826, Nicéphore Niepce réussit la première expérience de fixation permanente d’une image de la nature. En 1990, le premier appareil numérique sans film voit le jour. Aujourd’hui, selon votre tempérament, vous pouvez photographier ou filmer des scènes touchantes ou compromettantes avec votre téléphone portable et les diffuser quasi instantanément et simultanément à des correspondants, journalistes ou simples voyeurs, résidant dans le monde entier.

Il est impossible de comptabiliser le nombre d’images produites en 182 ans par ce moyen que les plus optimistes qualifient d’expression. Une chose est sûre, bien qu’encore très jeune, la photographie est une catin qui a beaucoup vécu. De la chambre à coucher au champ de bataille ; émouvante, banale, belle ou sordide, il n’est pas une seule situation que son objectif n’ait captée mille fois. Restituées par la presse et les éditeurs, agrémentées d’un commentaire orienté, les représentations « réalistes » qu’elle semble donner contribuent efficacement à dessiner les contours jusque là bien flous de la vérité. Avec l’arrivée toute fraîche du numérique, il semble bien qu’enfin nous vivions le temps béni de la vérité sans limites.

Machine à capter le présent, l’appareil photo ne nous rend que du passé. Une trace, des traces qui laissent des plaies lumineuses et généralement indolores qui répondent au doux nom de souvenirs. Pour le vernaculaire, les fonds photographiques de la BCU sont des sources abondantes de bonheur. Les expositions des instantanés de Jacques Thévoz et des Mülhauser père et fils ont attiré une foule émue de fribourgeois venus assister à la résurrection éphémère du passé dont ils sont constitués.

À mes yeux la beauté d’un cliché ne joue qu’un rôle mineur dans son impact. Méprisé par les esprits supérieurs, l’aspect anecdotique d’une représentation touche le spectateur de manière très intime et occupe une place importante dans son cœur. Lors de ma visite de l’exposition consacrée au Fribourg des Mulhauser, quand j’en suis arrivé à la photographie « Planche Supérieure, 21 juin 1957 » reproduite ci-contre, ma première pensée a été : « Tiens, elle n’est pas terrible celle-là », puis : « 13840, mais c’est le numéro des plaques de papa ! » Mon père est mort en 1965 à l’âge de 43 ans. Troublé, j’ai occulté les enfants qui sont le sujet central de cette photo. Depuis, 50 ans après, accroché à un mur de mon atelier, je regarde quotidiennement mon père qui passe immobile par la Planche Supérieure dans cette voiture que j’avais l’obligation d’astiquer tous les samedis matin. Je détestais cette corvée mais j’aime m’en souvenir. Privés du soutien de la photographie, comment nos ancêtres alimentaient-ils leurs besoins de nostalgie ? Avec de la mémoire vive sans doute.

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