Nef des fous

La Nef des Fous, le carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

La nef des fous ... Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres et voyagez au long cours en position assise … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage...

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La Nef des Fous, le carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

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Jean-Pierre Humbert
Peintre et graveur

Quelle curieuse histoire que celle des droits de l’homme. Dans les textes, Aristote les proclame déjà au IVe siècle avant notre ère. Sauf que la société grecque de ce temps ne les valide que pour les hommes libres et pas pour les esclaves. Un peu plus tard, les Evangiles placent l’homme au centre de la société et déclarent sa dignité indépendante de sa couleur, de sa race, de sa langue ou de sa religion. Et puis, au XVIIIe siècle, les Lumières prêchent le respect de l’homme et la paix universelle, repris en partie par la Révolution française. Mais ce n’est qu’après la deuxième guerre mondiale que les Etats membres des Nations Unies s’entendent sur une « Déclaration universelle des droits de l’homme ».

Depuis 60 ans son application est laborieuse. Les politiciens de tout bord veulent s’approprier ces droits, les interpréter à leur goût. Certains veulent même les « réécrire ». De principes absolus, ils deviennent des justifications de comportements inacceptables. Au nom des droits de l’homme, on en vient à les mettre entre parenthèses, sous prétexte de sécurité. L’humanité n’est plus une mais divisée entre « bons » et « mauvais ». On ne reconnaît le respect dû à la dignité humaine qu’aux « bons ». Des traditions ancestrales servent de prétexte pour ne pas reconnaître l’égalité en dignité. Parfois, on en appelle même à Dieu pour s’en faire un allié contre les droits de l’homme. La perversion est alors à son comble. Cette histoire nous laisse avec une question mystère : pourquoi, après vingt-cinq siècles de déclarations sur le respect de l’homme et de ses droits, retombe-t-on régulièrement dans les pires abus, alors qu’il serait de l’intérêt de chacun de respecter son semblable ?

Paul Grossrieder

Texte paru dans le livre [Par défaut…], Jean-Pierre Humbert