Nef des fous

La Nef des Fous, le carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

La nef des fous ... Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres et voyagez au long cours en position assise … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage...

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Nef des fous

La Nef des Fous, le carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

La nef des fous ... Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres et voyagez au long cours en position assise … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage...

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Jean-Pierre Humbert
Peintre et graveur

Deux femmes lisses et nues, partiellement enracinées dans le décor, semblent convoiter le jeune homme à la moustache ingrate et au visage gaufré de quelques plis dans la zone de pensée.

Un coquin ( un pas tout à fait chauve des plus banals ) observe la vie de Monsieur et jalouse son succès auprès de ces demoiselles. Il en a plus qu’assez de devoir supporter sa dame frigide et hostile à la tendresse de son mari. Mais un ami de Monsieur a tout vu !

Il passait par là, dans un décor remuant. Le décor est remué. Tous les personnages le remuent en s’y faufilant. Les herbes de palabres remuent au gré des ragots aux origines floues et sans visages : c’est du vent.

– Il aurait voulu lui tirer dessus avec un pistolet – Encore elle – Quelle nymphomane celle-là – çui-là si je le recroise j’le bute – Si tu savais ce qu’elle lui a fait dans l’ascenseur – Sûrement une couverture son commerce – passe-moi ma bière s’te plaît – Je suis sûr qu’il trafique quelque chose de pas très catholique – Alors c’était lui l’affaire des diamants sénégalais –

Le doux visage d’une demoiselle s’est glissé dans la pellicule en arrière-plan. Elle peut contempler la foule et la flore qui remuent sous ses yeux. Et nous spectateurs, nous regardons ce long film, dont nous ne voyons ni le début, ni la fin, mais la totalité.

Philippe Humbert

Texte paru dans le livre [Par défaut…], Jean-Pierre Humbert