Nef des fous

La Nef des Fous, le blog de Jean-Pierre Humbert

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Jean-Pierre Humbert
Peintre et graveur

Exposition en trois volets
Paru dans La Gruyère du 20 septembre 2007. Eric Bulliard.

Pour ses 60 ans, Jean-Pierre Humbert expose en trois lieux de Fribourg. Une manière de revisiter cette oeuvre originale, stimulée ces dernières années par la découverte des possibilités de l’informatique. Souvent connu pour ses gravures, l’artiste entend ensuite se consacrer davantage à la peinture.

“C’est une forme de bilan et aussi l’occasion de sortir de l’atelier, d’avoir des retours…” Triple occasion, même. Jean-Pierre Humbert est présent cet automne en trois lieux, en ville de Fribourg, où il est né il y a tout juste 60 ans: la Bibliothèque cantonale et universitaire expose 47 estampes – accompagnées d’autant de textes – celle de la ville présente une série sur les arbres, alors que le peintre et graveur propose des travaux de préparation à sa galerie de l’Atelier Contraste.

A la BCU, où a été déposé son oeuvre gravé, Jean-Pierre Humbert offre un large panorama de ses travaux, dans les thèmes comme dans les époques: pour certains, l’origine remonte au début des années 1970. Mais ils ont été retravaillés récemment à l’aide d’un nouvel outil, qu’il utilise depuis quelques années: l’informatique. “Plus ça va, plus je suis abasourdi par les possibilités qu’offre l’ordinateur”, explique-t-il. Possibilités de reprises, de collages, d’effacements… pour aboutir à une nouvelle image, à une création originale. D’où l’appellation d’estampe numérique qu’il utilise volontiers.

Dans ces 47 oeuvres (référence à son année de naissance), les familiers de l’artiste retrouveront son univers original, cet onirisme mêlé aux références classiques (de Bruegel à Magritte), ces visions de la ville (Fribourg en particulier) ou de la foule, cette façon, aussi, d’interpeller le spectateur, de le faire réfléchir, par une touche d’humour ou de mystère.

On reste également à chaque fois épaté par son impressionnante maîtrise technique, que ce soit dans le dessin ou l’impression. “Techniquement, j’ai beaucoup appris en éditant les gravures des autres”, relève Jean-Pierre Humbert. Ce qu’il continue à faire dans son atelier de la ruelle des Cordeliers, où il travaille depuis 1998 et qu’il espère, à l’avenir, ouvrir encore davantage au public.

D’autres regards

Dans les textes, peintres, gens de plume et de culture (Jacques Cesa, Yoki, Pierre Savary, Patrick Rudaz, Emmanuel Schmutz, Etienne Chatton…) côtoient le monde de l’économie, de la politique (Beat Kappeler, Pascal Corminboeuf…) et les proches de Jean-Pierre Humbert. “J’ai sollicité quelques personnes don j’aime bien l’écriture, raconte-t-il. Ensuite, des amis, des gens qui suivent ce que je fais depuis longtemps, d’autres peintres, ma famille… J’étais intéressé à avoir leur regard sur mon travail: c’est un cadeau que je me suis offert.” Egalement réunis dans un livre, les textes se font ainsi poétiques, analytiques, descriptifs, amicaux…

A la Bibliothèque de la ville, l’exposition “Auprès de mon arbre” montre une autre facette de son travail. Ici, ses arbres surprennent et intriguent, amusent ou inquiètent. Place est surtout faite à l’aquarelle et au dessin. C’est que Jean-Pierre Humbert aime varier les plaisirs. “Certains, comme Brassens, poursuivent toujours dans la même veine. Je les envie, d’une certaine façon, mais moi je suis plutôt du genre Beatles, à essayer des choses différentes.”

Place à la peinture

Aujourd’hui, Jean-Pierre Humbert parle d’abandonner la gravure, du moins les grands formats, pour se consacrer davantage à la peinture. Toujours intéressé par l’impression, il explique avoir “tâté tout ce qui peut se faire au niveau de l’estampe”. Un domaine, dont il parle avec ferveur: “Une gravure permet des résultats impossibles à obtenir autrement… Même quand elle est ratée. On peut avoir un rendu, des détails extraordinaire. Mais c’est fastidieux, avec ma manière de travailler. Quand on passe 300 heures sur le même sujet, il faut s’accrocher! Au bout d’un moment, l’imagination se grippe.”

Cette force, cette magie de la gravure, le public peut la découvrir à l’exposition de l’Atelier Contraste. Jean-Pierre Humbert présente des plaques ou les états successifs d’une lithographie, par exemple. Et des croquis, des étapes intermédiaires, afin de lever le voile sur l’enversde la création et permettre de suivre le cheminement qui conduit à l’oeuvre.

Après cette triple actualité, Jean-Pierre Humbert poursuivra une autre réalisation d’envergure: dans une série de valises de bois, il rassemblera 100 estampes numériques. Une forme de “mise en scène critique” de trente-cinq ans de création. Avant de se lancer dans de nouvelles envies, dans de nouvelles explorations artistiques.