Nef des fous

La Nef des Fous, le blog de Jean-Pierre Humbert

MON BLOG : … Ma nef pour voyager au long cours en position assise … Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage

Pour recevoir les articles par email, vous pouvez vous abonner ci-dessous:

S'abonner au blog

La nef des fous
Le blog de Jean-Pierre Humbert

Sàrl – Quand mai soixante-huitait


Pierre lithographique en travail – JPH – 1976

Texte JPH

En 1976, mai soixante-huitait encore allègrement et les gardiens de la révolution, gentils organisateurs (GO) du Grand Soir (GS), vous offraient des vacances gratuites à la plage. Plage que, huit ans plus tôt, ils avaient trouvée sous les pavés qu’ils balançaient dans la figure des policiers. Ils étaient des centaines, ils étaient des milliers à tout oser. Michel Audiard avait raison, « c’est à ça qu’on les reconnaît ».

Dans cette atmosphère post-révolutionnaire, j’ai dessiné une suite de vingt et une lithographies que j’ai intitulée « SÀRL ». À peine terminées, à peine imprimées, maladroites, mal à gauche, mal dessinées et mal imprimées, les épreuves de mes sombres représentations des rouages de nos sociétés furent détruites. L’affaire m’avait quand même occupé pendant huit mois. Comme d’habitude, un discret vent d’espoir m’a incité à conserver un exemplaire de chaque sujet. Ces épreuves ont aussitôt été peintes et réinterprétées. Elles ont été exposées à deux reprises.

Aujourd’hui, les maux dont souffre l’humanité sont les mêmes. Ils se sont simplement nettement aggravés avec l’âge. Normal. Fort de ce constat, en 2010, j’ai ressorti du placard ce qui restait de ces œuvres et j’ai appliqué une dernière couche de couleur sur mes visions du passé, du présent et du futur. Il ne me reste donc plus qu’à protéger cette dernière version avec mon fameux verni conservateur et à attendre le rejet fatal qui sera suivi de l’épreuve du feu. Finalement, finalement, une fois de plus, en fumée tout disparaîtra.

J’ai les allumettes.